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SITE DE MUTAHO> Cohésion sociale avec les collines avoisinantes

Le temps des manipulations est révolu

 

Le site des déplacés de Mutaho situé dans la commune de Mutaho en province de Gitega a été caractérisé par un climat de méfiance entre les déplacés de ce dernier et la population des collines avoisinantes au cours de l’année 2015 et légèrement au début de l’année 2016. Mais actuellement, un simple passage dans le site et au marché de Mutaho montre à suffisance que la cohabitation est pacifique, que l’entente est revenue.

La rédaction du quotidien burundais d’informations Le Renouveau s’est rendu dans le site des déplacés de Mutaho pour s’entretenir avec les habitants du site et ceux des collines avoisinantes, notamment sur la cohésion sociale. La plupart de ceux que notre rédaction a interrogés sur les raisons qui avaient été à l’origine de ce climat malsain affirment que les rumeurs ont joué un rôle déterminant. Pour des convenances personnelles avec un de nos interlocuteurs, la rédaction a retenu les initiales de son nom et prénom.
E. N est un fonctionnaire de l’Etat qui vit dans le site des déplacés de Mutaho. Il a fait savoir que les médias et les réseaux sociaux ont semé la panique dans la conscience collective, comme quoi la population des collines avoisinantes serait en train de préparer une attaque contre les déplacés. « On ne peut pas ne pas dire que certains d’entre nous avaient une responsabilité dans la propagation des fausses rumeurs sur un imminent génocide des Tutsi que nous sommes », a-t-il affirmé. De bouche à oreille, les gens sont parvenus à sentir un danger réellement inexistant. Or, ajoute-t-il, par après, le constat a été qu’il s’agissait de politiciens qui visaient leurs intérêts au détriment de la bonne cohabitation de la population dans sa diversité surtout ethnique.
E.N. a fait savoir que toutes ethnies confondues, dans des célébrations familiales, à l’église, au marché, à l’école, etc.
« les propagateurs de ces rumeurs ont été vite démystifiés même s’il y en a parmi nous qui avaient déjà pris le chemin de l’exil. Les politiciens nous ont montés contre l’administration peu avant les élections de 2015 et notre jeunesse a pris au sérieux cette manipulation et le climat de méfiance est né ainsi », a-t-il regretté

« Nous sommes des Burundais, un point, un trait »

André Bitangimana de la colline Nyangungu, une des collines avoisinant le site des déplacés de Mutaho, lui, regrette qu’un jour un malheur s’est abattu sur le Burundi et a fait que des Burundais soient séparés ethniquement. Toutefois, il se dit satisfait qu’actuellement les Burundais aient compris que leur différence est une richesse, d’où ils cohabitent pacifiquement. Il a donné l’exemple des jeunes couples qui se marient alors qu’ils ne sont pas d’une même ethnie. C’est un phénomène qui contribue beaucoup à renforcer l’unité des Burundais. Et M. Bitangimana d’ajouter que sur sa colline, il y a pas mal de ce genre de couples et les déplacés viennent nous rendre visite chez nous pendant des fêtes, et nous allons chez eux aussi. On boit, on danse ensemble, a-t-il indiqué.
Pour nos deux interlocuteurs, à force de vivre des moments où les politiciens ont toujours perturbé l’unité des Burundais, plusieurs des habitants du site des déplacés de Mutaho et ceux des collines avoisinantes ont compris que c’est un mal forgé par les politiciens mal intentionnés. D’où ils se disent confiants que la prochaine fois, il ne sera pas facile de semer la zizanie au sein de populations paisibles.

Amédée Habimana

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