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Habitan> La Politique nationale de villagisation

Elle vise à améliorer les conditions de vie de la population burundaise

La Politique nationale de villagisation telle qu’initiée par le chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziz, a pour objectif de donner à l’Etat un cadre de référence qui clarifie la vision du Burundi en matière de politique de villagisation qui est de faciliter la mise en œuvre des projets d’accompagnement, et de fixer les mesures appropriées sur lesquelles toutes les interventions destinées à la villagisation s’appuieront désormais. Ce qui sera une base solide pour les conditions d’un développement économique local.

Dans la conception de la Politique nationale de villagisation, la terre a toujours occupé une place de choix. La plus grande avancée est la prise en compte des personnes sans terre et autres vulnérables; la sécurisation foncière, l’aménagement des parcelles vers une gestion plus durable et rationnelle des terres. Cette Politique qui a démarré en 2011 a pour ambition de transformer l’image du pays qui a été sévèrement touché par des crises cycliques. En outre, une fois opérationnelle, la politique nationale de villagisation permettra de maximiser les terres cultivables. Ce qui, par conséquent, augmentera la production agricole.

Un cadre de référence
Dans un document de Politique nationale de villagisation parvenu à la rédaction du département de la Documentation, nous réalisons qu’on poursuit toute une série d’objectifs.
Elle permet à l’Etat de disposer d’un cadre de référence qui clarifie la vision du Burundi en matière de villagisation. Cette politique aujourd’hui en cours d’exécution facilitera aussi la mise en œuvre des projets d’accompagnement en ce sens qu’elle est un instrument qui fixe les mesures appropriées sur lesquelles toutes les interventions s’appuieront désormais, ce qui sera une base solide pour les conditions d’un développement économique tant au niveau national, qu’au niveau des terroirs villageois. C’est aussi la façon d’avoir un mécanisme de territorialisation des politiques sectorielles et de démocratie locale, d’où l’importance de la politique de communalisation, de décentralisation, d’aménagement du territoire et de l’habitat. Elle facilite également la promotion de la bonne gouvernance locale, le dynamisme participatif des populations, le partage des normes communes dans toute vie en société.
Une forme de redistribution des terres de l’Etat
Le regroupement de la population dans des villages constitue une forme de redistribution des terres de l’Etat en faveur de la population en général et des personnes vulnérables comme les rapatriés, les sans terres ou sans référence, en particulier. La Politique nationale de villagisation permet aussi la sécurisation des droits fonciers. Les terres concernées par la villagisation sont essentiellement des terres domaniales rentrant dans le domaine privé de l’Etat. Maintenant qu’elles sont identifiées, mesurées et bornées, le risque d’appropriation par des particuliers des environs ainsi que d’éventuels conflits entre les occupants des villages sont amoindris. En plus, il sera possible d’optimiser l’accès aux ressources foncières et aux infrastructures et équipements de base ainsi que de réaliser des économies d’échelle au profit des activités socio-économiques, particulièrement agricoles, en vue de garantir une autosuffisance alimentaire permanente pour le pays. Le Burundi va se prémunir ainsi contre la crise alimentaire et l’inflation généralisées qui sévissent actuellement dans le monde et qui va certainement entraver, très bientôt, la croissance économique.

Juguler le sentiment d’insécurité
Dans la même logique d’améliorer la vie de la population burundaise, le regroupement de la population en villages coïncide avec la création de la Police de proximité. Ce qui rentre globalement dans la volonté du pouvoir politique de juguler le sentiment d’insécurité. Subsidiairement, l’Etat burundais travaille ainsi pour prévenir et réduire la délinquance, le vol à main armée ou toutes formes de violence. D’où l'idée de transformer l'image de la police nationale afin de favoriser ses rapports avec la population, de faciliter le vivre ensemble. Cette initiative du gouvernement vise le renforcement de la situation sécuritaire afin de faciliter les travaux de développement économique.

Pourra-t-elle avoir des forces et faiblesse ?
La Politique nationale de villagisation initiée par le chef de l’Etat a, aujourd’hui, plus de forces que de faiblesses, compte tenu de toutes les mesures prises avant son démarrage. Certaines faiblesses structurelles vont certes persister, mais il va falloir les discerner et les suivre d’une manière ferme, d’où la nécessité de mettre en place des cadres de concertation qui fonctionnent d’une manière participative et qui soient ouverts et dynamiques. Quant aux faiblesses, elles ne seront vaincues qu’au prix de durs sacrifices. Il faut savoir que l’évolution du Burundi ne sera pas homothétique, la croissance ne pourra pas se faire à l’identique de la situation actuelle. C’est bien d’un changement structurel qu’il s’agira et dont l’appréhension aujourd’hui est fort difficile et pourtant fort nécessaire pour éclairer, les enjeux et y référer les actions .Le Burundi n’a certes pas de terres vierges, ni de ressources abondantes et intactes, mais, il a la force de ses hommes et leur détermination à aller de l’avant. Pour cela, il faudra être uni et accepter de travailler ensemble, c’est aujourd’hui, ce qui devra être la plus grande force du Burundi. Ceci ne fait que renforcer l’importance essentielle de la population, origine et fin de tout développement. L’amélioration des conditions de vie et le renforcement des compétences productives sont étroitement liés. Le développement du Burundi tient à l’utilisation judicieuse de ses ressources de son territoire et reposera donc avant tout sur la population dont les projections démographiques sont presque connues d’ici 2025.C’est un doublement de la population qui nous est annoncé, le constat sur le plan démographique est à coup sûr préoccupant par rapport à ce qui est considéré comme «la contrainte foncière», il a du moins l’avantage intellectuel de la clarté, les données du problème sont fixées, elles sont à la portée de notre connaissance. Le défi est lancé à la génération actuelle, c’est pourquoi, la vision du chef de l’Etat nous paraît pertinente quels qu’en soient les écueils, il faudra aller de l’avant mais ensemble, dans l’intérêt des populations actuelles et à venir. Et c’est là tout l’enjeu des ruptures qui doivent s’opérer d’une part dans la tête de ceux qui ont la responsabilité de définir les politiques et d’autres part dans celles des populations à la base directement affectées par la raréfaction de cette ressource terre. Cette politique permet d’encourager les initiatives de travaux communautaires qui commencent à essaimer à travers le Burundi et qu’on doit renforcer par l’animation, la communication, l’esprit novateur de ces initiatives. Il est à souligner que ceux qui ont bénéficié des parcelles dans les différents sites choisis et qui ont érigé des maisons avec l’appui du gouvernement devraient impérativement les occuper. Ceux qui ne respecteront pas les normes de villagisation verront leurs maisons attribuées à d’autres bénéficiaires qui n’avaient pas eu la chance d’avoir les parcelles lors de la première attribution.

Document exploité par Appolinaire Nimubona

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