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ENTRETIEN> Avec les taxi-vélo

Ils sont affectés par la situation économique qui se détériore chaque jour

 

taxLorsqu’on les rencontre sur la route, on dirait que les taxi-vélo ont suffisamment de clients. Mais quand on échange avec eux, ils se lamentent amèrement.

 

« Ça fait déjà trois heures environ que j’attends un client ici », a déclaré un transporteur de vélo rencontré au parking de la 11ème avenue à Kamenge aux environs de 11 heures du matin.
Le quotidien burundais d’informations a voulu savoir le pourquoi de cette carence de clients. Ces transporteurs des biens et des personnes sur vélo ont indiqué qu’il s’agit des effets de la situation économique actuelle qui se détériore chaque jour. Les conséquences de cette détérioration de l’économie, surtout dans les familles, disent-ils, sont énormes sur leur métier de taxi-vélo. « Car nous ne gagnons presque rien ». Ils ont ajouté que c’est une chance particulière d’avoir 3 000 FBu par jour ces derniers temps. Pourtant, ils pouvaient gagner de 5 000 à 6 000 FBu avant que la situation ne se trouve bouleversée et quand la conjoncture était encore bonne.« En ces jours, les gens préfèrent la moto ou les tricycles communément appelés Bajaj, peut-être parce qu’ils sont pressés et qu’ils veulent arriver rapidement. Nous trouvons facilement les clients pendant les heures de pointe ; ce sont essentiellement les élèves qui vont à l’école ou qui rentrent », ont-ils souligné.
Beaucoup d’entre eux ont affirmé que pour ne pas se lasser d’attendre au parking des clients dont ils ne savent pas d’où ou quand ils viendront, ils préfèrent circuler dans l’espoir de les rencontrer sur la route.
Le Renouveau a voulu savoir si le prix de transport sur vélo n’a pas été revu à la hausse comme l’a été ces derniers jours celui du bus. Ceux-ci ont dit qu’ils n’ont pas augmenté le tarif qui varie toujours entre 200 et 300 FBu selon les distances. Cela parce que les clients ne l’accepteraient pas.
Cela étant, la vie devient de plus en plus difficile pour ces transporteurs qui doivent se nourrir, se laver, s’habiller et se payer le loyer dans les 2 000 ou 3 000 FBu qu’ils gagnent aujourd’hui. La situation devient encore pire pour les chefs de ménage qui ont laissé leurs familles à l’intérieur du pays. Ils sont obligés de jeûner pour épargner une petite somme qu’ils rapporteront, à leur retour, à la maison. Les plus malheureux sont ceux qui utilisent, dans cette activité, des vélos qui ne leur appartiennent pas. A ceux-ci, leurs patrons demandent un versement de 1 000 à 1 500 FBu qu’ils sont quelques fois incapables de payer parce qu’ils ne les ont pas gagnés.

JEAN BOSCO NKUNZIMANA

 

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