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Editorial> Resserrons nos rangs pour consolider notre unité

Le 5 février de chaque année, le peuple burundais célèbre la fête de l’unité. Une occasion propice nous est offerte de dire et de redire non à tout ce qui nous a divisés de par le passé et oui à tout ce qui nous unit. De rompre à jamais avec un passé douloureux caractérisé par des divisions ethniques stupides dont la genèse est à rechercher dans le rôle néfaste joué par l’administration coloniale dans la destruction de l’unité du peuple burundais. C’est en effet pendant la colonisation que sont apparus des clichés et des stéréotypes caricaturaux qui ont entaché l’image de notre pays d’une vision raciale grossière. C’est ainsi que des divisions ethniques s’implantèrent petit à petit dans les cœurs des Burundais, contrecarrant ainsi l’idéal de l’unité nationale. Les dates de 1965, 1969, 1972, 1988, et 1993 en disent long.
Célébrée pour la première fois le 5 février 1992, la fête de l’unité nationale a aujourd’hui un quart de siècle. Comment en est-on arrivé là ? Souvenons-nous : Après les événements de Ntega et Marangara d’Août 1988, une commission nationale chargée d’étudier la question de l’unité nationale fut mise en place. Pendant plusieurs mois, les membres de la commission passèrent au peigne fin toutes les questions liées à l’unité du peuple burundais, celles notamment qui l’ont mise à rude épreuve pendant longtemps. La commission émit des recommandations pour la sauvegarde et la consolidation de l’unité nationale. Parmi ces recommandations figuraient notamment la création d’un hymne dédié à l’unité, la création au niveau national et local des monuments et des places de l’unité, l’instauration d’une journée nationale de l’unité. Cette dernière, adoptée par voie référendaire le 5 février 1991, était considérée comme une sorte de pacte devant être scellé entre les Burundais eux - mêmes pour consolider à jamais leur unité. Dans cette charte devait figurer l’engagement solennel de tous les Burundais en faveur de la justice, de la paix et de la démocratie.
Le pacte scellé entre les Burundais de toutes les ethnies a-t-il été respecté ? Avons- nous réussi l’impératif majeur d’unité nationale ? Non et non, car deux ans seulement après l’adoption de la charte, le pays a sombré dans des comportements négatifs qui ont débouché sur l’impasse de la division. La crise sociopolitique de 1993 a été la plus meurtrière de toutes les crises que le Burundi a connues. Il a fallu que les Burundais s’assoient ensemble autour d’une même table pour parler de ce qui les divise. Des accords ont été signés, mais le peuple burundais retiendra que c’est à partir de 2005, avec l’avènement d’un nouveau régime issu des élections démocratiques, libres et transparents et un président élu et visionnaire que le pays a retrouvé progressivement la paix et la sécurité.
Au moment où nous célébrons la fête de l’unité, demeurons toujours convaincus que nous ne romprons avec le passé que grâce à la sauvegarde et à la consolidation de notre unité, une des préoccupations majeures du Gouvernement du Burundi. C’est dans l’unité consolidée que le peuple burundais saura déjouer toutes les manœuvres diaboliques de ses détracteurs. Transcendons notre passé douloureux pour nous situer dans une perspective historique d’avenir. Aux problèmes posés au pays, sachons trouver dans l’unité sans cesse consolidée, des solutions utiles pour la vie de la nation. Après le diagnostic, le temps des remèdes n’est- il pas arrivé ?
Louis KAMWENUBUSA

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