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FRONTIERE BURUNDO-CONGOLAISE> Extradition de 128 prisonniers burundais de la RDC

« On est toujours mieux chez soi »

 

DSC02027Cent vingt-huit prisonniers burundais qui étaient détenus dans différentes prisons en République démocratique du Congo (RDC) ont regagné la mère patrie après quatorze mois d’incarcération. Il s’agit des sans papiers, a dit Marcelin Chishambo, gouverneur du Sud Kivu. Ils ont été reçus, à la frontière par le ministre de la Justice burundaise, le procureur général de la République et le gouverneur de la province de Bujumbura.

 

« On est toujours mieux chez-soi », a souligné M. Chishambo, gouverneur de la province du Sud Kivu après avoir remis, officiellement, les détenus burundais à la ministre burundaise de la justice Laurentine Kanyana. «Quand un burundais détenu chez-moi, manifeste la volonté de rentrer, je dois favoriser cela en accord avec le gouvernement burundais et les partenaires de la communauté internationale, dans le respect des lois que nous avons ratifiées et que nous sommes tenus de respecter», a dit le gouverneur Chishambo.
Il a indiqué que cent vingt-huit burundais ont été rapatriés tandis que trente-cinq ont refusé de rentrer au Burundi et douze autres Burundais sont reconnus par le Haut commissariat pour les réfugiés et la commission nationale pour les refugiés au Congo. Ces derniers, en vertu des conventions internationales ratifiés par la RDC, ils sont autorisés de rester sur le territoire congolais. Il a également indiqué qu’il y a deux Burundais qui sont internés à l’hôpital générale d’Uvira et que leur cas sera traité dès qu’ils seront rétablis. Quant aux dix-huit Rwandais, qui faisaient parti du groupe des prisonniers, ils seront rapatriés au Rwanda, a dit le gouverneur.
Le principe de retour est un principe volontaire, a fait remarquer, le Gouverneur. On n’a forcé personne à rentrer car, c’est sont ces détenus qui ont manifesté la volonté de regagner le bercail. Le gouvernement du Burundi, poursuit M. Cishambo a également manifesté l’envie de voir ses fils retourner au pays. « Qu’est ce qu’on peut demander de plus » ? S’est-il interrogé.
A la question de savoir si ces prisonniers seraient des rebelles, le gouverneur a répondu aux journalistes qu’il ignore la source de cette information et qu’il ne peut pas réagir sur des sources qui ne lui sont pas reportées. Quant à leur provenance avant la prison, le gouverneur dit qu’ils ont été ramassés dans les rues comme des sans papiers. Quant à l’existence d’une quelconque liaison entre les Rwandais et les Burundais, le gouverneur dit ignorer si une telle liaison existerait entre les deux groupes.
De son côté, la ministre burundaise de la Justice dit que c’est normal que les sans papiers, au Congo comme partout au monde, soient arrêtés et parfois emprisonnés pour des raisons d’enquête sur leur séjour dans tel ou tel autre pays. A la question de savoir si ces extradés seraient des rebelles, Mme Kanyana indique que cela fera objet d’enquête approfondie.

Une main d’œuvre pour la construction de la nation

Mme Kanyana indique, cependant, que les raisons qui font que les gens aillent au Congo sont variées. « Il y a ceux qui y vont pour des raisons économiques et d’autres y vont parce qu’ils sont en conflit avec la justice burundaise», a-t-elle affirmé. Toutefois, elle dit que durant dernières années, des jeunes ont été recrutés pour être enrôlés afin de faire partie groupes rebelles. D’où, dit-elle, il n’est pas étonnant que ces extradés soient essentiellement des jeunes gens. « Ces jeunes sont les premiers à se rendre compte qu’ils ont été victimes de la manipulation politicienne », a souligné Mme Kanyana. Cela, dit-elle, prouve que rentrer pour vivre au Burundi est possible. Il s’agit, affirme la ministre, d’une main d’œuvre active qui va contribuer dans la construction de la nation.
A la question de savoir quelle sera la destination de ces extradés, la ministre Kanyana a répondu que le lieu reste secret car il y a ceux qui ne sont pas heureux de ce retour. Sur ceux qui ont opté de rester en RDC, la ministre Kanyana a dit que c’est leur droit au moment où ils ne se sentiraient pas prêt à rentrer. Cependant, dit-elle, on est bien quand on est dans son pays. Elle invite ceux qui restent à l’étranger de rentrer et qu’ils seront accueillis à bras ouverts.
Il est a noter que ces Burundais ont été enrôlés par les services de l’immigration avant d’être embarqués dans les camions de la police nationale. De l’autre côté de la frontière, ils ont été enrôlés par le HCR et des empruntes digitales ont été prises avant d’être remis aux autorités burundaises.
Charles Makoto

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