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Editorial> Grâce présidentielle : Un acte hautement salutaire

Nous sommes de ceux qui, fort nombreux, ont applaudi des deux mains la récente mesure prise par le président de la République Pierre Nkurunziza de libérer, en les graciant, 2 500 prisonniers parmi lesquels figurent ceux ayant participé aux violences qui ont suivi les élections de 2015. Du Burundi profond jusqu’aux-delà de nos frontières, l’acte hautement salutaire posé par le plus haut magistrat de la République a été bien accueilli et est allé tout droit au cœur de celles et ceux qui savent ce que retrouver la liberté veut dire, y compris ceux qui, du fond de leurs cellules, ont appris l’heureuse nouvelle.
Importante à plus d’un titre, la grâce présidentielle a rendu l’espoir aux 2 500 prisonniers qui en étaient sevrés au fond de leurs cellules, en éliminant leurs frustrations, en leur donnant une chance qui leur permettra de croire de nouveau en leur avenir et d’acquérir la certitude qu’ils reprendront la place, s’ils renouent avec les valeurs citoyennes, qui a toujours été la leur au sein de notre société et que leur pays est bien celui qui leur permettra de s’épanouir pleinement et qui leur offrira les meilleures conditions de vie. La réponse à leurs besoins sociaux dans des conditions de plus en plus satisfaisantes dépendra de ce qu’ils auront fait de leur liberté retrouvée, de l’amélioration de leurs comportements.
Tout ce qui est de nature à contribuer à cette amélioration sera encouragé. Il ne peut en être autrement. A eux donc de mettre à profit cette liberté retrouvée en s’imprégnant du sentiment patriotique, en consolidant le sens civique et en se préservant des maux sociaux qui menacent actuellement la santé de beaucoup de sociétés à travers le monde.
La Commission vérité et réconciliation s’étant déjà mise à la tâche, la mesure de clémence présidentielle a été perçue par bon nombre de patriotes comme une invitation à nous réconcilier par le pardon pour construire ensemble une société meilleure où les tragédies qui ont marqué notre passé ne se répèteront plus. A propos de la réconciliation, il nous a paru intéressant de partager avec vous ce passage pouvant être lu dans un document intitulé « L’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix » publié par le pape Benoît XVI pendant son pontificat : « Seule une authentique réconciliation engendre une paix durable dans la société. Ses protagonistes sont, certes, les autorités gouvernementales et les chefs traditionnels, mais également les simples citoyens. Après un conflit, la réconciliation souvent menée et accomplie dans le silence et la discrétion restaure l’union des cœurs et la coexistence sereine. Grâce à elle, après de longues périodes de guerre, des nations retrouvent la paix, des sociétés profondément blessées par la guerre civile ou le génocide reconstruisent leur unité.
C’est en donnant et en accueillant le pardon que les mémoires blessées des personnes ou des communautés ont pu guérir et que des familles jadis divisées ont retrouvé l’harmonie. La réconciliation surmonte les crises, restaure la dignité des personnes et ouvre la voie au développement et à la paix durable entre les peuples à tous les niveaux ». Un homme qui avoue ses fautes, demande pardon, décide de revenir dans le droit chemin, ne mérite- t-il pas la compréhension des autres ?
Le message de clémence présidentielle est pour nous tous inclusivement, un message de paix et de réconciliation qui interdit les fractionnismes de nature à engendrer des conflits et autres séismes sociaux. Renouons pour cela avec les valeurs citoyennes au premier plan desquelles figure le patriotisme. Aimons la patrie, comme nous aimons chacun notre famille, car la patrie n’est rien d’autre qu’une famille agrandie.

Louis Kamwenubusa

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