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Editorial> Le rôle des confessions religieuses dans la consolidation de la paix est indéniable

Le président du sénat, honorable Révérien Ndikuriyo, a présidé, vendredi dernier à Bujumbura, une réunion à l’intention des représentants des confessions religieuses exerçant légalement dans notre pays. Le langage de la réunion s’inscrivait en droite ligne dans le souci du temps : la consolidation de la paix. La réunion était d’autant plus justifiée que l’œuvre d’édification nationale dans la paix et la sécurité conduite dans un esprit patriotique, doit constituer la préoccupation maîtresse de tout citoyen, à quelque niveau que se situe son intervention.
La réunion était d’autant plus justifiée que l’heure est plus que jamais à la mobilisation de toutes les forces vives de la nation, pour que soient sauvegardés les acquis déjà obtenus en matière de recherche d’une paix durable. C’est dans ce contexte que les confessions religieuses ont été appelées à donner des enseignements axés sur la paix pour faire de l’Homme un être vraiment humain aimant son pays, sachant dominer ses passions, ses instincts, sachant se sacrifier pour lui et ses semblables et prêt à subordonner ses fins personnelles à des fins plus hautes, dont celle de la paix. A quoi servirait la religion si elle retirait à l’Homme ce qu’il tient d’elle ? L’Homme ne tomberait-il pas au rang de l’animal, devenant ainsi un loup pour l’Homme ?
Pendant son pontificat, le pape Benoit XVI a publié un document intitulé « L’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix » dans lequel l’on peut lire ce qui suit : « La mémoire de l’Afrique garde le souvenir douloureux des cicatrices laissées par les luttes fratricides entre les ethnies, par l’esclavage et par la colonisation. L’Homme est pétri par son passé, mais il vit et chemine aujourd’hui. Il regarde l’avenir. Il pourra trouver des chemins d’espérance en instaurant un dialogue entre les membres des composantes religieuses, sociales, politiques, économiques, culturelles et scientifiques. L’Eglise doit se fixer les axes majeurs de sa mission pour une Afrique désireuse de réconciliation, de justice et de paix. Il revient aux Eglises locales de traduire ces axes en fermes propos et en lignes d’actions concrètes. Animée par une foi opérant des fruits de charité, l’Eglise désire apporter des fruits de charité : la réconciliation, la paix et la justice. C’est là sa mission spécifique ».
Plus qu’un rappel opportun du champ d’action des confessions religieuses dans la consolidation de la paix, la réunion de vendredi dernier a marqué surtout une ferme volonté de montrer aux unes et aux autres l’impérieuse nécessité de faire prévaloir dans leur mission toute la noblesse des messages d’amour, de paix, de justice et de réconciliation, parce qu’après un passé qui a laissé de graves stigmates dans nos corps et nos mémoires et où nous avons été frustrés de toutes les expressions d’amour, de lpaix et de justice, nous sommes aujourd’hui certainement plus que tout autre, sensibles aux messages constructifs qui ne peuvent qu’aller droit au cœur de tout citoyen burundais.
Hier affligés mais aujourd’hui engagés dans la voie de l’espoir, nous attendons des confessions religieuses qu’elles consacrent tous leurs efforts afin de parvenir au véritable redressement moral des croyants qui s’étaient jusqu’alors éloignés des messages de paix et d’autres valeurs humaines qui auraient pu les ramener au droit chemin. Que les religions ne soient plus considérées à tort comme un moyen de fuir les problèmes du présent, mais plutôt comme un moyen qui nous aiderait à faire face aux problèmes du présent et du futur et qui sèmerait dans les cœurs des gens tout ce qui est de nature à procurer des valeurs exigées pour tout citoyen.
Mettons un terme définitif à toute velléité de faire prévaloir nos intérêts égoïstes et sordides sur l’œuvre collective d’édification nationale.

Louis KAMWENUBUSA

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