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Editorial> Après les fêtes, le temps de la réfléxion

Les lampions des fêtes de fin d’année se sont déjà éteints même si ici et là à travers la planète, les gens continuent à s’adresser tous les meilleurs vœux possibles. A l’occasion du nouvel An , tout le monde dans la capitale burundaise a eu droit aux vœux à l’exception d’un citoyen paisible en la personne d’Emmanuel Niyonkuru, ministre de l’Eau, de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, mort assassiné dans la nuit de la Saint-Sylvestre, alors qu’il regagnait son domicile à bord de sa voiture. Un crime lâche, ignoble, barbare et abject qui a été aussitôt condamné par le gouvernement et par tous ceux qui l’ont connu et côtoyé. La question, aujourd’hui sur toutes les bouches, est naturellement celle de savoir à qui profite le crime. Grâce à la police qui est à l’œuvre, nous le saurons le moment venu, mais sachons d’ores et déjà que celui qui a commis ce crime odieux appartient à ce groupe de gens qui sèment l’intolérance pour ne récolter que la violence.
Après les fêtes de fin d’année, le temps doit être à la réflexion et au changement, car nous nous rendons de plus en plus compte que notre pays a besoin de forces réfléchies et sages pour faire efficacement le contrepoids à la violence et au terrorisme. Le strict respect de la loi, de la discipline sociale et de la vie des autres est plus que jamais un impératif, car c’est ce même respect des règles fondamentales devant régir toute société humaine qui empêchera les hommes de verser dans les comportements négatifs qui nuisent à la société par les torts causés au citoyen. Pour dire non à la violence et au terrorisme, ceux qui s’y adonnent ont besoin d’un profond enracinement d’une mentalité qui anime et qui continuera d’animer des hommes pour lesquels les choses ne peuvent changer qu’en restant telles qu’elles sont.
Le temps doit être à la réflexion et au changement, car dans ce monde qui nous entoure, toute société est soumise à une logique, à des règles de vie sans lesquelles il serait vite devenu un véritable chaos qui viendrait couper fatalement tout espoir au genre humain. Imaginons un peu que le soleil ait remplacé la lune. Nous en serions subitement grillés, si ce n’est que les glaciers polaires nous auraient déjà engloutis. Les changements que nous recherchons devront susciter en chacun de nous l’élan vital nécessaire pour que se multiplie l’effort consenti dans le respect de la vie de l’autre et que l’on se sente pleinement concerné par toute la collectivité humaine à laquelle on appartient, loin des intolérances mortifères.
En prenant l’option du changement, chacun apportera là où il se trouve sa pierre pour l’édification d’une société plus juste et plus humaine et où personne ne se dérobera à ses engagements patriotiques en faveur non seulement de la patrie mais également en faveur de tous les citoyens dont la vie doit être considérée comme sacrée et qu’il n’appartient à personne d’y porter atteinte. L’avenir, notre avenir, n’est pas dans la fuite en avant, mais dans l’option pour des changements qui nous crédibilisent dans nos capacités à nous dépasser et à nous surpasser pour préserver nos valeurs de patriotisme, de tolérance, de solidarité et de respect de l’autre.
Ainsi, devrions-nous, sans plus tarder, évacuer nos mauvaises habitudes et nos mauvais penchants qui se sont développés à la faveur de certaines situations, pour laisser enfin émarger ce que nous avons de meilleur en nous-mêmes. Empruntons tous ensemble la voie de la raison, celle qui mène à l’éveil des consciences, à la connaissance et à l’acceptation de l’autre. Que ceux qui seraient tentés à mettre du zèle à porter atteinte à la vie d’autrui, mettent autant de zèle à comprendre que c’est une voie sans issue qui ne mène nulle part.
Louis Kamwenubusa

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