Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

Charte de l’UNITE NATIONALE> Vingt-neuvième anniversaire de son adoption

« Il faut exclure les divisions de tous genres pour le développement et la cohésion sociale »

000aaalmlmlkopAdopté par voie référendaire le 5 février 1991, la Charte de l’unité nationale a résulté des grandes consultations dans le but de trouver une réponse aux différentes crises qu’a connues le Burundi, depuis son accession à l’indépendance, dont les événements de Ntega et Marangara. Quelques jours avant la commémoration du 29e anniversaire de l’adoption de cette charte, la rédaction du quotidien « Le Renouveau » s’est entretenue avec certains membres de la société civile pour s’enquérir de leur impression sur l’état des lieux de l’unité nationale au sein du peuple burundais actuellement. 


Selon le président et représentant légal de l’Association pour assistance et formation juridique du citoyen-Berintahe (AFJC-Berintahe),  Venuste Muyabaga, par l’unité nationale il faut comprendre la cohabitation, la collaboration, le respect mutuel, l’entente, etc, au sein de la population dans sa diversité. C’est le même avis du président et représentant légal de l’Association burundaise pour l’Afrique (Aba), Jean Bosco Ndereyimana qui souligne que l’unité nationale suppose la cohabitation en parfaite harmonie des gens des différentes ethnies et de différentes idéologies politiques.

« Il aurait fallu une longue période de sensibilisation »

S’exprimant sur le fait que deux ans après l’adoption de la Charte de l’unité nationale il y a eu l’assassinat du président élu et les massacres qui l’ ont suivi, M. Muyabaga souligne  que l’interprétation de ce qui s’est passé en 1993, alors que deux ans avant on avait adopté la Charte de l’unité nationale, est simple. « Cela veut dire que toute la période qu’avait durée la division au sein de la population burundaise ne demandait pas une seule année ou deux ans ou des séances de mobilisation pour chanter que voilà il y a l’unité entre les Burundais. C’était plutôt un phénomène qui s’était étalé sur une grande période qui avait tellement blessé beaucoup de Burundais et, avec cette grande blessure, il fallait une longue période pour effacer dans les mémoires des Burundais ce virus de division ».  Selon lui, l’adoption de la Charte de l’unité nationale était un acte significatif mais elle ne pouvait pas rapidement trouver de solution à tous les problèmes que le peuple burundais a vécus depuis des années. Pour Jean Bosco Ndereyimana, par l’adoption de la Charte de l’unité nationale, les Burundais s’étaient engagés à pérenniser l’unité nationale ; à condamner et à rejeter à jamais les divisions de toute nature en extirpant de la société burundaise toute tendance à la violence, l’extermination physique et la vengeance. Ils s’étaient aussi engagés à  ne pas cautionner les actes et comportements divisionnistes de quelque nature qu’ils soient et à condamner toute tendance à la globalisation et à bannir toute idéologie divisionniste. Mais, a-t-il ajouté, c’est déplorable que, deux ans seulement après l’adoption de cette Charte, les Burundais ont vécu des situations tragiques alors qu’ils s’étaient convenus de bannir la division et l’extermination physique. « Cela montre que l’adoption de la Charte a été faite à la hâte et que les autorités qui géraient le pays à cette époque n’ont pas pris assez de temps pour sensibiliser la population sur son contenu ». 

« Les Burundais n’ont pas été bien sensibilisés »

D’après le président et représentant légal de l’Association pour assistance et formation juridique du citoyen-Berintahe (AFJC-Berintahe), avec l’adoption de la Charte de l’unité nationale, on a voulu tout simplement faire comprendre que l’unité est là et est choisie. « Or, on ne choisit pas l’unité mais on la vit ». Donc, a-t-il laissé entendre, c’est bien d’avoir adopté cette Charte  de l’unité nationale mais le temps consacré à la sensibilisation du bienfait de l’unité nationale n’a pas été suffisant à voir la période sur laquelle s’étaient étalées les divisions. « Les Burundais avaient suffisamment été divisés et  suffisamment souffert de ces divisions. Donc, une telle petite période ne suffisait pas. Il fallait tout un processus étalé sur une longue période avec des actes concrets ».

« Depuis 2005, le calme est revenu »

Avec la situation qui prévaut actuellement au Burundi en ce qui concerne l’unité nationale, nos interlocuteurs convergent sur le fait que, depuis 2005, le Burundi n’a jamais connu une situation tragique comme c’était dans les années antérieures. « Il suffit de comprendre pourquoi. Lorsqu’il y a un pouvoir qui se charge de résoudre lui-même les problèmes du pays, sans demander d’aval ni de conseil ou sans être influencé par qui que ce soit, cela conduit à l’autonomie et à l’indépendance qui va, par la suite, aboutir à l’unité nationale  et à la cohésion sociale», a indiqué M. Muyabaga.  Selon lui, il faut dire que les divisions émanent de celui qui veut profiter du chaos qu’elles engendrent. « Lorsqu’il y a la division dans un pays, il y a le chaos. Donc, le chaos profite à celui qui l’a préparé. Si le pouvoir n’a pas prêté l’oreille aux déstabilisateurs, cela veut dire qu’il se consacre aux activités intérieures. Il faut donc affirmer que, depuis 2005, le pouvoir en place s’est consacré aux activités de développement. Ce qui pousse à admettre aussi qu’avec l’accession au pouvoir du parti CNDD-FDD, c’est l’idéologie du patriotisme qui s’est développée. Aujourd’hui on voit que les Burundais ont appris à aimer leur pays, à se respecter mutuellement, à respecter les opinions des uns et des autres mais aussi que chacun a donné la valeur à son prochain ». C’est le même avis de Jean Bosco Ndereyimana qui trouve que depuis 2005, avec l’élection des autorités qui dirigent actuellement le pays, l’unité nationale a été sauvegardée et renforcée au sein du peuple burundais et que même l’équilibre ethnique a été maitrisé et sauvegardé. 

Un message pour le peuple burundais

 Pour que les Burundais puissent continuer à vivre dans l’harmonie et dans l’unité, M. Muyabaga suggère qu’il faut que le peuple burundais revisite toujours le passé. « Non pas pour le revivre mais plutôt pour en tirer des leçons et l’écarter. « Si  nous revisitons le passé, nous aurons un Burundi  de paix, un Burundi uni et un Burundi prospère.  Donc, il faut à tout prix exclure les divisions de tous genres ». De son côté, M.Ndereyimana invite les Burundais à rester sereins, surtout en cette période où on approche progressivement les élections générales de 2020. « Il faut que les Burundais  puissent continuer à vivre en parfaite harmonie afin de sauvegarder non seulement la paix mais aussi l’unité qui a toujours caractérisé les Burundais ».  

Astere Nduwamungu

Ouvrir