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Décorticage> Sur la jeunesse burundaise et la démocratie

La participation inclusive est un droit politique

 

DukoreAvec l’introduction de la gouvernance démocratique en Afrique et au Burundi, le rôle de la jeunesse devient de plus en plus incontournable. Les jeunes se montrent en effet de plus en plus artisans du changement politique. Même si les jeunes constituent une force motrice dans le système démocratique, ils ne doivent pas être attentistes pour dire que les institutions étatiques doivent tout faire à leur place. Ils doivent plutôt initier des projets de développement dans divers domaines. 

 

Selon Félicien Manirakiza, membre de l’association Dukore dusoze ikivi, la collaboration entre les jeunes et leurs aînés s’avère impérative pour éviter toute barrière générationnelle ou un conflit de générations. En effet, les jeunes doivent s’impliquer davantage dans le développement du pays. C’est dire qu’il est important que les acteurs politiques, y compris les jeunes, soient identifiés et associés à chaque étape du processus du développement. Avant de prendre une quelconque décision visant à promouvoir le leadership des jeunes, les opportunités identifiées ainsi que la mutualisation des efforts sont une réponse au développement du pays. Le jeune Manirakiza rappelle que le pays a déjà organisé différentes élections en des moments différents. C’est dans ces différents processus électoraux qu’on a constaté que les jeunes s’investissent beaucoup pour que les élections se passent dans des conditions enviables. Impliquer ainsi les jeunes dans les organes dirigeants produit un impact positif dans la stabilisation des institutions et le renforcement de la démocratie, fait-il constater.

La tranche la plus influente pour assurer le bon déroulement des élections  

Ezéchiel Sakubu  est membre d’une ligue des jeunes d’un parti qu’il n’a pas voulu citer. Il indique que parmi les tranches de la population burundaise, les jeunes constituent la tranche la plus influente pour assurer le bon déroulement des élections. Il fait un petit recul dans le passé pour montrer que l’influence des jeunes sur les politiques nationales était limitée. Il fait effectivement  remarquer que le sentiment général était que la politique de la gouvernance démocratique, surtout représentative, par laquelle les électeurs déterminent l’issue des luttes de pouvoir au niveau des urnes, n’attirait pas l’attention des jeunes. Et pour cause, la gouvernance démocratique est un système politique récemment introduit après d’autres systèmes politiques que le pays a connus. Aujourd’hui, les jeunes sont considérés comme un instrument crucial dans l’avènement d’une transformation sociale et politique du pays. En plus, l’inclusion des jeunes dans les processus politiques s’avère important pour le renforcement de la stabilité des institutions à long terme. L’engagement des jeunes dans la vie politique du pays est plus déterminant d’autant plus que la participation inclusive est un droit politique. Cependant, la promotion active de l’inclusion des jeunes dans les processus politiques n’a pas seulement trait aux normes, aux valeurs et aux droits, mais aussi à la vie politique pratique. Faisant référence à la nouvelle technologie de l’information et de la communication, Ezéchiel Sakubu souligne que les jeunes constituent une catégorie de la population la mieux indiquée dans l’utilisation des technologies de l’information et des communications. Pour dire que quand ils sont bien encadrés et informés, les jeunes apportent de nouvelles visions et idées à la sphère politique. Bien plus, les jeunes ont des  préoccupations qui diffèrent de celles de leurs aînés. 

Faire participer davantage les jeunes aux processus électoraux

Le renforcement de la démocratie se fait par le renouvellement des institutions, à travers les élections. Selon Eric Ntakirutimana, un jeune du parti Sangwe-Pader, la participation effective des jeunes au processus électoral est  une façon sûre de s’assurer de l’inclusion et de la contribution des jeunes dans le processus démocratique. Il fait en effet savoir que depuis le retour de la démocratie en 2005, après plus d’une décennie de conflit armé, le constat est que les jeunes burundais jouent un rôle important dans l’organisation et le déroulement des différents scrutins. Pour Eric Ntakirutimana, il est nécessaire de mettre en œuvre des approches pluridimensionnelles pour susciter l’engagement des jeunes dans les processus électoraux. D’une part, il faut que beaucoup de jeunes burundais travaillent  en nombre suffisant pour le compte de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), d’autre part, il faut que beaucoup de jeunes soient mandatés par leurs formations politiques dans l’observation des élections. Dans le premier cas de figure, les jeunes seraient ainsi impliqués dans les tâches de déterminer l’éligibilité des électeurs, la réception et la validation de la désignation des concurrents électoraux, la conduite du scrutin, le dépouillement et le décompte des voix. Dans le second cas de figure, les jeunes participent dans la mission de surveiller le déroulement des scrutins et d’en donner rapport aux présidents des formations politiques qui les ont mandatés. A partir de ces rapports, les politiciens pourraient alors avoir des bases tangibles pour légitimer les scrutins car ils se sont déroulés dans la transparence ou dans le cas contraire contester les résultats issus des élections. A partir des irrégularités relevées dans le déroulement des différents scrutins, les partis politiques qui se sentiraient lésés pourraient alors faire recours auprès des instances judiciaires chargées de régler les contentieux électoraux.

Faire adhérer les jeunes aux programmes à volets multiples 

Eric Ntakirutimana rappelle que dans un système démocratique où les institutions se mettent en place par voie électorale, la majeure partie de l’électorat est constituée par les jeunes. De ce fait, les décideurs politiques doivent s’engager dans des programmes à volets multiples et penser à la manière d’y faire adhérer les jeunes. En effet, les autorités du pays doivent désormais adopter une approche plus proactive à l’égard des jeunes en tant qu’électeurs, candidats aux élections et gestionnaires des élections. Le jeune Ntakarutimana déplore le fait que jusqu’aujourd’hui certains partis politiques constituent encore un obstacle considérable à la participation des jeunes dans les structures de prise de décisions. Il suggère à la même occasion que les hommes et les femmes politiques envisagent de faciliter le dialogue au sein des partis de nature à promouvoir les jeunes en tant que candidats aux élections. En outre, en travaillant avec les groupes ou les réseaux des jeunes, il espère qu’il y aura plus de chances de promouvoir les jeunes en tant que force considérable du pays. Sous un autre aspect, après les élections, les institutions mises en place devraient revoir leurs propres structures et politiques internes pour promouvoir la participation des jeunes dans la gestion de la chose publique. La création des réseaux des jeunes pourrait également offrir une bonne plateforme pour la promotion du travail, espère  Eric Ntakirutimana. A travers la plateforme, les jeunes doivent profiter de  cet espace pour procéder aux échanges d’expériences et explorer de nouveaux moyens novateurs pour assurer le développement durable du pays. A travers la documentation de ces échanges et le développement des ressources, les résultats pourraient représenter une importante source d’inspiration pour les autres jeunes qui ne font pas partie de ces réseaux, projette-t-il.

Appolinaire Nimubona  

Département de la Documentation 

Service de Rédaction

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