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SOIXANTE-QUATORZIEME SESSION ORDINAIRE DE L’ONU> Déclaration du ministre burundais des Affaires étrangères (suite et fin)

La diplomatie des muscles doit céder la place à la coopération mutuellement bénéfique et respectueuse 

 

A New York, le lundi 30 septembre 2019, lors de la 74è session ordinaire de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies, le ministre burundais des Affaires étrangères, Ezéchiel Nibigira, a déclaré que la diplomatie des muscles doit céder la place à la coopération mutuellement bénéfique et respectueuse. Il a signalé que le Burundi reste sur l’agenda du Conseil de sécurité pour des raisons politiques et des intérêts extérieurs. Il a aussi rappelé qu’aucune disposition n’autorise même les Nations unies à intervenir dans les affaires qui relèvent de la compétence nationale d’un Etat.  

 

Comme votre rédaction vous l’avait dernièrement promis, dans cette édition, elle vous livre d’autres éléments de la déclaration, combien riche, du ministre des Affaires étrangères, lors de la 74è session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies. Dans cette déclaration, le ministre Nibigira a rappelé que l’efficacité des Nations unies est tributaire de sa capacité à préserver les idéaux qui ont permis sa création en 1945, au lendemain d’une guerre meurtrière. « Nous ne saurons dire de l’Onu une organisation pour tous, si l’ingérence osée de certains gouvernements dans les affaires intérieures des autres pays souverains est dangereusement tolérée en violation de la Charte qui fait le fondement même de notre organisation », a-t-il souligné.Sur le plan sécuritaire, M. Nibigira a fait savoir à l’Assemblée générale de l’Onu que le Burundi est calme sur tout son territoire et que les Burundais, la nuit comme le jour, jouissent de leurs droits civiques et politiques en toute quiétude. Dans le cadre humanitaire, le ministre Nibigira a porté à la connaissance de l’opinion internationale que le Burundi se félicite du retour massif et volontaire des réfugiés burundais qui avaient fui le pays en 2015. « Ce mouvement de retour volontaire massif est une manifestation évidente du retour de la paix, la tranquillité, la confiance et la stabilité dans le pays. Nonobstant, les propos de certains acteurs étrangers continuent de gonfler délibérément le nombre de réfugiés encore en exil pour maintenir le Burundi dans une psychose de crise artificielle », a-t-il déclaré.

Le Burundi sur l’agenda du Conseil de sécurité pour des intérêts extérieurs 

« Nous n’avons jamais cessé de le dire, le Burundi se trouve sur l’agenda du Conseil de sécurité pour des raisons politiques et des intérêts extérieurs, qui n’ont rien à voir avec le bien-être du peuple burundais. La situation politico-sécuritaire actuelle dans le pays ne constitue aucune menace à la paix et à la sécurité internationale pour justifier son maintien arbitraire à l’agenda du Conseil de sécurité », s’est indignée la délégation burundaise. Dans cette déclaration, M. Nibigira a ajouté que l’organisation en cascade des réunions sur le Burundi qui ne sont pas motivées par la réalité du terrain, constitue un facteur de déstabilisation du pays au lieu de favoriser la paix et la tranquillité. Car, a-t-il indiqué, « de telles réunions intempestives donnent indirectement un coup de pouce aux putschistes de 2015 qui ont fui le pays et qui sont recherchés par la justice burundaise ». Il a par là, demandé le retrait du Burundi de l’agenda du Conseil de sécurité car le temps précieux consacré au Burundi peut être alloué aux autres zones de tensions. Et de dire : « La place du Burundi devrait être au niveau des agences et programmes de l’Onu traitant du développement socio-économique, pour accompagner les efforts nationaux dans la mise en œuvre du Plan national du développement et des objectifs de développement durable de l’agenda 2030 ».

Le Burundi ne va plus se remettre à genoux

M. Nibigira a continué en disant que le Burundi rejette fermement l’agression politico diplomatique contre lui et son peuple, par des gouvernements étrangers, dont certains se sont illustrés dans la tentative de changement de régime en 2015, par des voies anticonstitutionnelles. « La diplomatie des muscles doit céder la place à la coopération mutuellement bénéfique et respectueuse. Ce ne sont pas ce genre de pressions à double standard, disproportionnées et injustes qui vont nous remettre à genoux, 57 ans après la fin de la colonisation dans notre pays », a-t-il déclaré. Pour lui, la nature des relations entre l’Afrique et les pays au passé colonial devrait être repensée afin de transformer l’histoire douloureuse de la colonisation en opportunités à travers une coopération mutuelle avantageuse et respectueuse.  Le ministre des Affaires étrangère n’a pas manqué de rappeler qu’il est temps pour les acteurs étrangers de cesser d’infantiliser le peuple burundais car c’est un peuple fier, digne et très attaché à son indépendance politique et à ses valeurs d’Ubuntu, un peuple suffisamment mature pour s’occuper de ses affaires sans aucune interférence étrangère, proche de ses frontières ou lointaine. « Toute tentative d’entrée dans notre cuisine interne sans y être convié, se heurtera toujours au sursaut et au patriotisme burundais comme ce fût le cas lors de la conspiration de changement de régime en 2015. Nous restons conscients que le complot de 2015 n’est pas mort et enterré. Certains cherchent à le faire ressusciter par des moyens difficiles à déceler mais qui n’échappent pas à la vigilance du peuple burundais », a-t-il renchéri. Pour ce qui est de la réforme du Conseil de sécurité, le ministre Nibigira a fait entendre que le Burundi reste très attaché à la position africaine qui vise à corriger l’injustice notoire contre l’Afrique, seul continent qui n’est pas représenté dans la catégorie des membres permanents et sous représenté au niveau des membres non permanents. Ce qui prive plus de 1.2 milliards de personnes le droit légitime d’être représenté au sein du Conseil de sécurité. Il n’a pas oublié de signaler que le Burundi restera énergiquement engagé dans la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes.

Jean Bosco Nkunzimana

 

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