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SOIXANTE-QUATORZIEME SESSION ORDINAIRE DE L’ONU> Déclaration du ministre burundais des Affaires étrangères

La diplomatie des muscles doit céder la place à la coopération mutuellement bénéfique et respectueuse

 

A New York, le lundi 30 septembre 2019, lors de la 74è session ordinaire de l'Assemblée générale de l'organisation des Nations unies, le ministre burundais des Affaires étrangères, Ezéchiel Nibigira, a déclaré que la diplomatie des muscles doit céder la place à la coopération mutuellement bénéfique et respectueuse. Il a signalé que le Burundi reste sur l’agenda du Conseil de sécurité pour des raisons politiques et des intérêts extérieurs. Il a aussi rappelé qu’aucune disposition n’autorise même les Nations unies à intervenir dans les affaires qui relèvent de la compétence nationale d’un Etat.  

 

Dans cette édition, la rédaction de votre quotidien Le Renouveau vous partage quelques éléments de la première partie de la déclaration faite par le ministre burundais des Affaires étrangères, Ezéchiel Nibigira, lors de la 74è session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies. Dans cette déclaration, la délégation burundaise a, à travers le ministre Nibigira, fait savoir que sur le plan politique au Burundi, les préparatifs aux élections de 2020 sont très avancés aussi bien sur le plan organisationnel que budgétaire. M. Nibigira a signalé que, tous les mécanismes nationaux sur la préparation des élections sont déjà en place, pendant que les gestes d’apaisement favorisant un climat propice à la tenue des élections libres, transparentes et apaisées ne cessent de se multiplier. Il a cité notamment le cas de la feuille de route de Kayanza adoptée après de très larges consultations au sein de la classe politique burundaise, de la Ceni, du Code électoral révisé, de la décision de financer l’entièreté du budget des élections sans le recours à l’extérieur ainsi que la publication par la Ceni, du calendrier électoral.

Aucun Etat, même l’Onu, n’est autorisé à s’ingérer dans les affaires internes d’un Etat souverain

M. Nibigira a profité de cette occasion pour rappeler que le processus électorale au Burundi comme ailleurs dans le monde, est une affaire interne qui relève exclusivement de la souveraineté nationale. Que tout accompagnement à ce processus doit être fourni sur demande au gouvernement du Burundi, conformément aux principes de la charte de l’Onu. Et de rappeler que cet accompagnement ne doit en aucun cas donner droit aux actes d’interférence caractérisée. Pour la délégation burundaise, toute tentative de vouloir créer un nouveau rôle ou de redéfinir un rôle existant à l’Onu sur impulsion de certains Etats pour s’occuper des élections au Burundi à la place des Burundais, serait une atteinte à la souveraineté nationale et une violation flagrante de la Charte de l’Onu en son article 2 alinéa 7, ainsi libellé : « Aucune disposition de la Charte n’autorise les Nations unies à intervenir dans les affaires qui relèvent de la compétence nationale d’un Etat ni n’oblige les membres à soumettre des affaires de ce genre à une procédure de règlement de la Charte ». 

Des gestes d’apaisement

Le ministre Nibigira a ajouté qu’en vue de favoriser un climat propice à la tenue des élections paisibles et inclusives de 2020,  des gestes d’apaisement sont posés. Il a mentionné l’élargissement de l’espace politique par l’agrément de nouveaux partis politiques et la promotion de la liberté d’expression, la décision du président Nkurunziza de renoncer volontairement à ses droits constitutionnels de se présenter aux présidentielles de 2020 qui constitue un geste de haute valeur politique et démocratique pouvant servir d’exemple en Afrique et dans le monde de même que l’accueil et l’intégration des réfugiés et exilés politiques qui rentrent en grand nombre. Il a cité aussi la promotion du dialogue politique au sein du Forum des partis politiques qui a abouti notamment à l’adoption de la feuille de route de Kayanza et au retour au pays de plusieurs leaders politiques qui avaient fui le pays en 2015, ainsi que la libération de plus de 2 000 prisonniers incluant les jeunes casseurs et insurgés de 2015.A travers cette déclaration, la délégation burundaise a fait savoir que les acteurs étrangers qui semblent vouloir ramener la question de dialogue hors du Burundi veulent seulement déstabiliser le Burundi à la veille des élections de 2020, donner un coup de pouce aux putschistes de 2015 aujourd’hui en cavale, hébergés, nourris et protégés par ces mêmes acteurs qui ne cessent d’agresser diplomatiquement et politiquement le Burundi depuis 2015. Ils veulent aussi détourner l’attention des Burundais des élections de 2020 et de la mise en œuvre du Plan national de développement. « Tous ces acteurs exogènes devront assumer leur responsabilité le moment venu, de toutes les conséquences de leur ingérence dans les affaires qui relèvent de la souveraineté du Burundi. Les Burundais et le monde les observent. Pour sa part, le peuple Burundais restera opposé, par principe, en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance, à toute tentative d’interférence étrangère dans la gestion des affaires qui relèvent de la compétence nationale, qu’elle soit étatique ou le fait d’une organisation internationale ou régionale », a déclaré le ministre Nibigira.(La suivre dans nos éditions ultérieures)

Jean Bosco Nkunzimana

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