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Plan National de Développement> Rôle des partis politiques dans sa mise en oeuvre

Ils doivent s’en approprier

 

CENILe Plan national de développement (PND) 2018-2027 constitue un outil qui vient répondre aux défis qui persistent encore dans les domaines du développement économique et social du pays. Les partis politiques interrogés par le journal «Le Renouveau», à propos de leur rôle dans la mise en œuvre du PND, ont convergé sur l’appropriation de ce document en y puisant les orientations nécessaires pour leurs projets de société. 

 

Pour Olivier Nkurunziza, secrétaire général du parti Uprona, ce dernier est un parti qui opère sur le territoire national, et possède des membres qui sont dans les institutions du pays. A travers tous ses membres, le parti Uprona est informé du PND (Programme national du développement). « Le parti Uprona a également eu l’occasion, à travers le Forum des partis politiques, d’échanger avec des experts qui sont venus nous expliquer le contenu du PND ».  Le parti Uprona est un parti qui, de part sa devise, s’articule et se base sur le développement. Notre devise est : « L’Unité, la Justice et le Développement ». Tenant compte du PND,  cela fait partie de nos rêves. Nous avons apprécié qu’un  groupe de Burundais  se soient mis ensemble pour pouvoir mettre en place ce document en tenant compte des réalités vécues par les Burundais. On a pris les experts de différents secteurs, et on est à l’étape de la vulgarisation du PND, a poursuivi M.Nkurunziza.             

Puiser les éléments essentiels pour leurs projets de société

Olivier Nkurunziza de l’Uprona a également ajouté que les partis politiques doivent s’approprier  ce document parce que, a-t-il expliqué, « dans nos projets de société, nous sommes obligés de prendre les éléments essentiels qui s’y trouvent. Une fois les élections gagnées, le parti politique doit s’en approprier pour le mettre en œuvre ». Le parti Uprona a pris en compte ces éléments, et pour nos projets de société, nous avons puisé dans ce document, et nous avons amélioré en se basant sur le PND. Ainsi, le parti Uprona a constaté qu’il y a des axes très importants, et étant décideur, il faut toujours se baser sur cela parce que ces derniers vont aider les Burundais à sortir de la pauvreté, a-t-il souligné.Les partis politiques doivent jouer trois rôles, d’après Kefa Nibizi. Le premier rôle est de soutenir ce document parce qu’il s’agit d’une nouveauté au Burundi surtout que, certains membres de la communauté internationale ne pourraient pas voir ce document d’un bon œil car il s’agit d’une avancée significative effectuée par notre pays. « Il faut soutenir moralement ce document pour que les Burundais et les étrangers puissent savoir qu’il s’agit d’un document qui requiert l’unanimité de tout le peuple burundais ».En deuxième lieu, dans notre formation quotidienne de nos militants en faveur du développement du pays, il faut leur expliquer ce document et les inviter à mettre en application les points qui pourraient les intéresser. Si l’administration doit expliquer à la population dans son ensemble, il faut que cette explication soit relayée par les interventions des politiques qui expliquent à leurs militants que c’est un document qu’il faut s’approprier, et que chacun en ce qui le concerne, doit  y puiser les orientations.Troisièmement, Kefa Nibizi a fait savoir que l’acteur principal de la mise en application du PND est le Gouvernement. Pour cela, les gouvernements sont issus des partis politiques, et un gouvernement mis en place, doit mettre en application le programme qui a gagné les élections. Au moment où on s’achemine vers les élections, il faut que notre compétition soit axée sur la mise en œuvre de ce PND. Au niveau du Parlement, du Gouvernement, du Conseil communal, il faut que les organes issus des partis politiques défendent ce Plan national de développement parce que les partis politiques s’en sont appropriés.

Les défis liés à la mise en application du PND

IMG 0013D’après le secrétaire général du parti Uprona, les défis ne manquent pas pour le PND. Le premier défi concerne les moyens de pouvoir réaliser cette œuvre. « Est-ce qu’on aura réellement les moyens de le réaliser pour qu’on accomplisse, à la fin de 2027, on aura accompli au moins 90% de ce qu’on a prévu ? », s’interroge-t-il. Cette inquiétude est aussi partagée par Kefa Nibizi, président du parti Sahwanya Frodebu Nyakuri Iragi rya Ndadaye. Pour lui,  les défis s’obsèrvent au niveau de sa mise en application car il s’agit d’un document qui demande beaucoup d’efforts, de fonds et de ressources humaines qualifiées. « Je doute beaucoup sur la mobilisation des capitaux nécessaires pour sa mise en application ». Pour ce qui est des ressources humaines, on peut en trouver, et il faudra une large ouverture pour que celui qui a les compétences requises puisse intervenir sans d’autres considérations, et ainsi, on pourrait mettre en application ce PND. Aussi, les Burundais qui doivent mettre en application ce document ne sont pas jusqu’à maintenant bien informés. Pour cela, « on risque de passer une année à deux  sans toutefois commencer à appliquer ce document, et cela risque de tomber en annulation sans que les Burundais aient pu réaliser leur rêve », d’après Olivier Nkurunziza. Egalement, le PND est un document difficile à interpréter quand on ne dispose pas de technicité. A cet effet,  on doit mettre d’une façon opérationnelle les idées, les activités qu’on va mener pour que ce document soit concret et facile à expliquer à la population. Il y a une autre inquiétude soulevée par M.Nkurunziza : «  Si un parti politique qui gagne les élections, et qu’il n’est pas satisfait de ce document, pourrait-il appliquer à 100% ce document ? Pour lui, le défi est que tous les partis politiques ne sont pas condamnés à mettre en application ce document alors qu’ils ont un projet de société à présenter. Tous les Burundais n’auront pas la même vision s’il y a un autre parti qui gagne les élections.

Le PND, un pas franchi pour le Burundi       

Du côté du parti Sahwanya Frodebu Nyakuri Iragi rya Ndadaye, le président de ce parti Kefa Nibizi a indiqué qu’il est au courant du PND parce que lors de son adoption définitive, il était invité à Gitega mais aussi, au niveau du Forum des partis politiques, une session a été organisée pour leur expliquer le contenu, les enjeux, et la faisabilité de ce PND. « On lit souvent ce document, et notre parti est suffisamment informé sur le Plan national de développement ». Pour M.Nibizi : «  notre pays était habitué à voir les bailleurs de fonds qui venaient nous imposer les plans ou programmes à mettre en oeuvre, et on avait constaté que les Burundais ne parvenaient pas à s’en approprier de telle sorte que même les dons ou les budgets alloués à ces programmes n’étaient pas totalement consommés. Ceux qui mettaient en application ces programmes n’étaient pas très impregnés de ce qu’ils sont en train de faire ».Notre interlocuteur a précisé qu’il s’agit d’un pas en avant, qu’un pays puisse mettre un PND sur dix ans. « En voyant le contenu de ce programme, il a touché tous les secteurs de la vie nationale. C’est un document qui est au complet, et qui indique sur quel point il faut intervenir. Nous avons une appréciation très positive de ce document ».Le parti Sahwanya Frodebu Nyakuri Iragi rya Ndadaye a déjà commencé la vulgarisation de ce document, et ce parti a déjà élaboré un programme politique pour les élections de 2020 qui s’inspire largement du PND. «  Aussi, à chaque fois que l’occasion se présente, que ce soit auprès des acteurs nationaux et internationaux, nous défendons souvent ce plan », a conclu M.Nibizi.                                                                                           

Yvette Irambona

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