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POLITIQUE> Enraciner la culture démocratique au Burundi

« Il faut renforcer le cadre légal de tous les domaines de la nation, une des actions à mener »

 

DSC 0334« La démocratie doit être comprise dans le sens où le pouvoir appartient au peuple tout entier qui en exerce soit directement, soit indirectement par ses mandataires ». Cela ressort de l’entretien que la rédaction du quotidien « Le Renouveau » a eu avec le président du parti Sahwanya Frodebu Nyakuri Iragi rya Ndadaye, Kefa Nibizi le mercredi 28 août 2019. Il déplore ainsi le fait  qu’il y ait encore certaines mentalités ou croyances anti-démocratiques qui minent la vie des Burundais. 

 

Parlant de la démocratie, le président du parti Sahwanya Frodebu Iragi rya Ndadaye, Kefa Nibizi a indique qu’il faut se référer à la définition universelle qui dit que la démocratie  est un pouvoir du peuple exercé par le peuple pour le peuple. « C'est-à-dire que la démocratie doit être comprise dans le sens où le pouvoir appartient au peuple tout entier qui en exerce soit directement, soit indirectement par ses mandataires. Donc, on se limite dans un premier temps à la définition à ce niveau mais ce qui importe c’est la façon de la vivre et cela dépend de la compréhension des piliers et de l’importance de la démocratie ». A propos de la démocratie au Burundi, le président du parti Sahwanya Frodebu Nyakuri-iragi rya Ndadaye, indique qu’elle est venue dans les moments où il y avait des pouvoirs issus soit des coups d’Etat militaires soit d’un groupe de militaire qui s’appropriait le pouvoir. Il y avait eu également des monarchies qui n’étaient pas constitutionnelles, où  quelqu’un naissait  dans une famille X et exerçait  ses pouvoirs  sur le peuple et celui-ci devenait les sujet du chef. « C’est à ce moment là que les gens ont commencé à imaginer qu’il faut que le pouvoir soit exercé par un mandataire du peuple et que celui-ci doit mettre en place ce qui avantage ce peuple ».  Selon lui, le pouvoir du peuple, est donc un pouvoir qui s’exerce uniquement dans l’intérêt du peuple dans son ensemble et non pas dans l’intérêt des dirigeants.

Les piliers de la démocratie

Passant en revue des piliers de la démocratie, M. Nibizi souligne que la démocratie doit être un état de droit, où tout mouvement ou tout acte suit une certaine réglementation pour déterminer quels sont les droits, les obligations et les limites de chacun dans l’exercice de la vie quotidienne du pays. « Il faut que les libertés fondamentales, c'est-à-dire le droit à la vie, les libertés d’expression, de circulation, d’association et toute autre liberté, garanties par la déclaration universelle des droits de l’Homme soient respectées. Cette réglementation doit limiter les pouvoirs de dirigeants et les droits du peuple ». Selon notre interlocuteur, le multipartisme, signe de la liberté d’expression, est aussi un des piliers de la démocratie. « Il faut alors que les partis politiques exercent leurs activités et expriment leurs opinions librement dans le strict respect de la loi ». D’après lui, la démocratie suppose aussi que dans l’exercice du pouvoir, ceux qui on été mandatés doivent toujours consulter  ceux qui les ont mandatés. « Il faut que ceux  qui ont été désignés pour exercer le pouvoir se rendent compte qu’ils ont des comptes à rendre au peuple qui les ont mandatés ».

Qu’est ce qu’il faut faire pour enraciner la démocratie dans les esprits des Burundais ?

Répondant à cette question, M. Nibizi  a d’abord indiqué que la démocratie est à la fois un idéal et à la fois un log processus. «Cela veut dire que le Burundi est une jeune démocratie. Ce qui signifie qu’il y a certaines mentalités ou croyances anti démocratiques qui minent encore la vie des Burundais dans leur ensemble. Cela vaut mieux pour la population dans son ensemble et aussi pour les dirigeants. Donc, rien n’est étonnant qu’il y ait des lacunes qui s’observent au niveau du processus démocratiques ».Pour enraciner la démocratie, M. Nibizi suggère qu’il faut toujours renforcer le cadre légal de tous les domaines de la nation en évitant des lois et des réglementations liberticides mais aussi en évitant le désordre autant qu’on peut le faire. « Que ce soit la population dans son ensemble, que ce soient les dirigeants, il faut qu’ils sachent bien que dans la vie quotidienne il faut éviter le désordre et respecter la loi chacun en ce qui le concerne. Chacun doit travailler dans le strict respect de la loi en jouissant de ses droits mais aussi en respectant les droits des autres ».  Selon lui, les pouvoirs publics, les organisations de la société civile et les médias doivent toujours enseigner les principes démocratiques. « Les partis politiques doivent aussi prôner la démocratie au sein de leurs organisations mais aussi dans la vie quotidienne du pays », a-t-il conclu. 
ASTERE NDUWAMUNGU

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