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ASSEMBLEE NATIONALE> Séance de questions orales

La ministre des Affaires de la CEA a répondu à toutes les inquiétudes des députés en rapport avec la Communauté

 

IMG 5004La ministre à la présidence chargée des Affaires de la Communauté est-africaine, Isabelle Ndahayo, était l’invitée à l’Assemblée nationale, le jeudi 5 septembre 2019. Elle a répondu aux différentes questions des députés concernant la CEA. Comme la rédaction vous l’avait promis, dans cette édition elle va vous livrer la suite des réponses que la ministre a données lors de cette séance.  

 

Le Premier vice-président de l’Assemblée nationale, Agathon Rwasa, a posé la question concernant le pilier du tarif extérieur commun (TEC), en ce moment où l’avantage ne se remarque pas pour les consommateurs des produits locaux.  Il a donné, en exemple, le cas du ciment de l’entreprise Buceco qui s’achète au même prix que le ciment importé de la Tanzanie. A cette inquiétude, la ministre à la présidence chargée des Affaires de la CEA, Isabelle Ndahayo a répondu que le TEC est une évidence dans la communauté. Seulement, a-telle souligné, si le ciment fabriqué localement par l’entreprise industrielle Buceco s’achète au même prix que le ciment importé de la Tanzanie, c’est parce que la matière première utilisée pour sa fabrication est importée de l’extérieur. Mme Ndahayo a profité de cette occasion pour inviter les Burundais à donner plus de valeurs aux produits locaux, car il se remarque qu’ils préfèrent les produits importés au lieu d’acheter ce qui est produit localement.M. Rwasa s’est également inquiété à propos de la prospection du pétrole dans le lac Tanganyika, la deuxième réserve d’eau douce du monde. Comme il y a risque de pollution de cette eau lors de l’exploitation de cet or brun, il a demandé si l’on ne peut pas faire recours à d’autres sources d’énergie et préserver cette eau, étant donné que les sources continuent à tarir suite aux changements climatiques contemporains. La ministre Ndahayo a tranquillisé en disant que lorsqu’il adviendra qu’on exploite ce pétrole, des équipes techniques auront étudié l’impact environnemental de cette activité. Lors de cette séance de questions orales, les députés ont demandé l’appréciation du ministère vis-à-vis de la volonté des dirigeants des Etats membres dans l’intégration à la Communauté. « Depuis la renaissance de la CEA, et depuis l’adhésion du Burundi à cette Communauté, les dirigeants des pays membres manifestent une ferme volonté de pérenniser cette famille en veillant toujours à la mise en application des décisions prises et en donnant leurs cotisations qui permettent la réalisation des projets phares que la CEA se propose ». 

La sécurité est relativement bonne dans tous les Etats membres

En ce moment où la République démocratique du Congo a émis sa demande d’adhésion à la CEA, les députés ont voulu savoir la position des Etats membres de la Communauté, étant donné que la situation sécuritaire de la RDC n’est pas bonne. Ici, la ministre Ndahayo a répondu que la RDC a réellement souhaité intégrer la famille mais que le sommet des chefs d’Etat, lequel a la prérogative de l’admettre,  ne s’est pas encore tenu pour le décider. Pour elle, en ce qui est de la sécurité, la situation sécuritaire dans les Etats membres de la CEA  n’est pas du tout alarmant, sauf quelques cas de mésentente entre certains Etats. Elle ajouté que l’intégration de la RDC apportera des avantages à la Communauté car elle contribuera à élargir le marché commun. « De plus, croit-elle, l’intégration de la RDC dans la CEA permettra  l’amélioration  de  sa  sécurité car ça sera désormais une affaire de la Communauté ».  

Il n’y a pas réellement de retard

Les députés ont également émis leur inquiétude vis-à-vis du retard, si l’on considère le calendrier des étapes dans la formation de la Communauté et ils ont voulu savoir à quand la monnaie unique au sein de la CEA. La réponse de la ministre a été que, les lois prévoyant l’utilisation d’une monnaie unique au sein de la CEA, ont été signées par les chefs d’Etat membres de la Communauté en novembre 2013. « Dans la mise en application de ces lois, a-t-elle rappelé, il est prévu une période de dix ans depuis leur signature, pour permettre aux Etats de mieux s’y préparer. Pour dire que l’utilisation d’une monnaie unique est prévue pour l’an 2024. Entre-temps, les Etats membres continuent à moderniser leurs politiques monétaires, leurs politiques budgétaires ainsi qu’à maîtriser la variabilité des prix. Je peux alors vous avouer qu’il n’y a aucun retard car nous avons une feuille de route qui nous guide ».   Une autre question posée concerne les échanges entre la CEA et d’autres groupements, Sadec et Comesa, à travers lesquels la CEA leur a promis de partager le marché dans le domaine du commerce. Les députés ont ici voulu savoir le profit de la CEA en général et du Burundi en particulier.      « Les profits de partager le marché du commerce avec ces deux autres marchés communs sont nombreux. D’abord le marché sera beaucoup élargi. Il y aura augmentation de capitaux tant au niveau des pays ou de la communauté constituée par la CEA, le Comesa et la Sadec. Les barrières douanières seront levées de même que les barrières non tarifaires, et le flux des marchandises, des personnes et services se verra augmenter. Il y aura le développement et l’amélioration des infrastructures routières et ferroviaires, ce qui favorisera le commerce transfrontalier. Il y aura aussi l’augmentation de la production et la montée des économies dans ce vaste marché, ainsi que  la réduction du chômage. La libre-circulation des personnes sera aussi favorisée. Pour le Burundi, les avantages sont énormes, étant donné qu’il sera doublement désenclavé », a-t-elle donné comme lumière. 

Jean Bosco Nkunzimana

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