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Décorticage > PND Burundi 2018-2027: scénario

Le Plan est bâti sur le scénario optimiste

Dans la série des articles sur le Plan national de développement Burundi 2018-2027, nous revenons sur le quatrième grand point du document qui porte sur les enjeux et orientations stratégiques. Parmi les trois scénarios possibles, le PND est plutôt construit autour du scénario optimiste ou positif.
Les points 84 et 85 reviennent sur le scénario de base du PND Burundi 2018-2027. Nous lisons ainsi qu’ « en vue d’élaborer un plan de développement basé sur les faits probants, trois scénarios ont été simulés à partir du cadrage macro-économique : scénario optimiste, scénario tendanciel et scénario pessimiste. » Le document informe que « l’élaboration du PND Burundi 2018-2027 est bâti sur le scénario optimiste qui, lui-même est basé sur des hypothèses relatives à l’évolution attendue du contexte international et de la situation de l’économie nationale.» 

Une reprise économique au niveau international tirée par les économies émergentes

Par rapport au contexte international et par rapport au PND Burundi 2018-2027,  l’hypothèse est que « la période 2018-2027 sera marquée par une consolidation de la reprise économique tirée par les économies émergentes, une évolution favorable des cours mondiaux des principales matières premières ainsi qu’une évolution favorable au prix du pétrole pour les pays importateurs.»
Des actions qui sous-tendent le développement économiqueLe cadre macro-économique que représente le PND au niveau national est construit sous l’hypothèse que  2018-2027 sera caractérisé par un certain nombre d’actions qui sous-tendent le développement. Il s’agit des actions comme la modernisation et la diversification de la production agricole, animale et halieutique ; l’augmentation et l’amélioration de l’offre énergétique notamment la construction de nouvelles centrales hydro-électriques et d’autres sources d’énergie ; la promotion de la production industrielle particulièrement l’industrie agro-alimentaire ; l’amélioration de la qualité des ressources humaines par le renforcement de l’offre et l’accessibilité aux services d’éducation et de santé ; le développement des services, principalement les transports, le tourisme, les Tic et les services financiers ; l’accroissement des infrastructures d’appui à la production en qualité et en quantité, notamment les infrastructures d’énergie, de transport et de télécommunication qui visent l’interconnexion en vue de profiter des opportunités offertes par l’intégration du pays au sein des organisations régionales et internationales ; l’exploitation progressive des sites des minerais déjà identifiés ainsi que la diversification des produits exportables et la promotion du tourisme pour augmenter les réserves internationales.Une croissance à deux chiffres avec un taux de croissance du PIB de 10,7% en 2027.Dans ce contexte et dans cette perspective de développement économique du Burundi, le PND informe que « tous les programmes, projets et actions que le gouvernement va engager seront orientés vers une dynamique de croissance soutenue qui sera à deux chiffres en 2027. » Bien plus, le scénario prévoit en moyenne un taux de croissance du PIB de 10,7% en 2027. Cette vision orientée vers une économie résiliente et une croissance inclusive et créatrice d’emplois décents repose sur quatre dimensions interactives, à savoir croissance ; gouvernance ; mobilisation de ressources et coopération.

Une gouvernance axée sur la sauvegarde de la souveraineté nationale

Les points 86, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 94, 95, 96, 97, 98, 99, 100 et 101 donnent une vue d’ensemble des enjeux et orientations stratégiques dans le cadre du PND Burundi 2018-2027. En termes d’enjeux, le PND en identifie trois, à savoir (1) une croissance soutenue et inclusive pour une résilience économique et un développement durable ; (2) une gouvernance axée sur la sauvegarde de la souveraineté nationale et enfin (3) des mécanismes efficaces et efficientes de mobilisation de ressources, capitalisation de la coopération et recherche du financement innovant. Il faut retenir par rapport au 1er enjeu que celui-ci « concerne les réformes structurelles, sectorielles et institutionnelles que le gouvernement va engager sur la décennie 2018-2027, en vue de mettre en place des bases pour une croissance forte, soutenue et inclusive, nécessaire à un développement durable et au bien-être de la population dans toutes ses composantes. » A propos de l’enjeu n° 2, il faut retenir que celui-ci  « constitue la base même des meilleures conditions de favoriser le plein épanouissement des potentialités économiques et sociales en vue d’un développement effectif et inclusif » avec comme orientation stratégique N°4, à savoir renforcer la sauvegarde de la souveraineté nationale, la sécurité et la gouvernance. Ce qui guidera le gouvernement à traduire ses aspirations au mieux-être économique et social des Burundais à travers deux autres axes d’intervention, à savoir l’axe 13 qui est la gouvernance et l’axe 14 qui est la sécurité et la défense nationale.Par rapport à l’enjeu N° 3, il faut noter que ce dernier « constitue un des défis majeurs pour la gestion des politiques publiques en amont et en aval.» Pour ce faire, « à travers cet enjeu, les interventions publiques en taxation, dépense, réglementation de la gestion des finances publiques doivent être non seulement efficaces mais aussi innovatrices et ce, en fonction des besoins de la population croissante.» C’est pourquoi « les mécanismes de mobilisation et d’affectation des ressources publiques doivent être élaborés en favorisant l’égalité des chances et en atténuant les inégalités économiques et sociales. La mobilisation des ressources domestiques nécessite une fiscalité qui ne décourage pas la production. » En plus de la mobilisation des ressources internes, cet enjeu « est également lié à l’identification d’un nouveau paradigme de capitalisation de la coopération en vue d’un partenariat effectif et productif. » Par rapport à ce 3e enjeu, les actions du gouvernement burundais « s’articulent autour d’une seule orientation stratégique visant à renforcer les mécanismes de mobilisation des ressources et à développer la coopération, la recherche du financement innovant et la gestion rationnelle des dépenses publiques.»   

Dynamiser les secteurs porteurs de croissance

Face à ces trois enjeux, le PND propose cinq orientations stratégiques, à savoir (1) dynamiser les secteurs porteurs de croissance ; (2) développer le capital humain ; (3) protéger l’environnement, s’adapter aux changements climatiques et améliorer l’aménagement du territoire ; (4) renforcer la démocratie, la gouvernance, l’Etat de droit et la sauvegarde de la souveraineté nationale ; et enfin (5) renforcer les mécanismes de mobilisation des ressources et développer la coopération et le partenariat. Bien plus, chaque orientation stratégique est composée d’axes d’intervention qui, à leur tour sont composés d’objectifs stratégiques. Ainsi, le PND Burundi 2018-2027 se fixe au total 16 axes d’intervention avec 51 objectifs stratégiques.  L’un des 51 objectifs spécifiques du PND est d’assurer la mobilité des personnes et la fluidité des biens et marchandises au niveau national et sous-régional par voie routière

Désenclaver notamment le pays par voie ferrée

A titre d’exemple, au niveau de l’orientation stratégique N°1 Dynamiser les secteurs de croissance plusieurs axes avec leurs objectifs spécifiques sont fixés et poursuivis. Il s’agit de : (1) Le développement de l’agriculture, élevage et renforcement de la sécurité alimentaire avec trois objectifs stratégiques dont l’accroissement de façon durable la production agricole, animale et halieutique ainsi que la promotion d’une agriculture de marché ; (2) Le développement des infrastructures (énergie, eau potable, transport, Tic) avec 16 objectifs dont exploiter rationnellement les potentiels hydro-électriques, solaires, la tourbe, les déchets municipaux et les ressources géothermiques ; assurer la sécurité de la chaîne d’approvisionnement en produits pétroliers; améliorer l’accès au service d’assainissement de base ; assurer la mobilité des personnes et la fluidité des biens et marchandises au niveau national et sous-régional par voie routière ; développer le transport lacustre et les autres voies navigables ; améliorer le transport aérien ; désenclaver le pays par la voie ferrée ; recaser les services publics et les ayants droit dans des immeubles de l’Etat ainsi que promouvoir les Tic, la Poste et les médias au service du développement ; (3) Le développement des secteurs minier, industriel et artisanal avec 8 objectifs stratégiques dont promouvoir le secteur minier, carrier et pétrolier pour optimiser sa contribution à la croissance et au développement socio-économique du pays ; développer une industrie dynamique, diversifiée et compétitive au niveau régional et international ; améliorer et valoriser la contribution du secteur artisanal à la croissance économique ; redynamiser le secteur du commerce ; renforcer les mécanismes d’attractivité des investisseurs et du PPP ; promouvoir et protéger le patrimoine culturel et naturel ainsi que dynamiser l’écotourisme à partir de l’amélioration de l’offre et la stimulation de la demande des produits touristiques.Dans son aspect opérationnel, le PND doit se baser sur un Programme d’actions prioritaires (Pap) qui « décline les programmes et les projets à mettre en œuvre selon les ministères sectoriels et autres institutions concernés. »Sur la période 2018-2027, tous les intervenants en matière de développement économique au Burundi doivent donc obligatoirement s’inscrire dans les 3 enjeux, les 5 orientations stratégiques, les 16 axes d’intervention ainsi que les 51 objectifs spécifiques identifiés, proposés et arrêtés par le gouvernement et le peuple burundais à travers le PND.

Gilbert Ntahorwamiye

Département de la DocumentationService Rédaction

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