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Dossier > Le nouveau Code électoral

« Les élections de 2020 seront meilleures que celles de 2015 »

Quelques jours après l’adoption du nouveau Code électoral qui va régir les élections de 2020, la rédaction du quotidien « Le Renouveau » s’est entretenue avec certains hommes politiques, un membre de la société civile ainsi que la population de la zone urbaine de Kanyosha pour s’enquérir de leurs impressions sur cet outil électoral. 0000000Ils indiquent que ce document vient au moment opportun. Ils interpellent aussi le peuple burundais à rester serein et à sauvegarder la paix et la sécurité. 


D’après le secrétaire général du parti Union pour le progrès national (Uprona), Olivier Nkurunziza, au niveau de cette formation politique, on est satisfait de voir que le Parlement a déjà mis en place le Code électoral. « Cela montre qu’effectivement les élections auront bel et bien lieu. Il fallait d’abord avoir l’outil qui devrait aider la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) à bien préparer les élections et aider la population à y participer». Au niveau du contenu de ce code, M. Nkurunziza s’est réjoui du fait qu’il s’est conformé à la Constitution dont le parti Uprona a participé à l’élaboration. Pour le président et représentant légal de l’association Action burundaise pour la reconstruction de l’Afrique (Aba), Jean Bosco Ndereyimana, c’est satisfaisant qu’il y ait le code électoral dix mois avant les échéances électorales de 2020. « Nous pensons que la Ceni et les partis politiques auront le temps suffisant pour la vulgarisation de cet instrument électoral aux membres et à ceux qui vont se faire élire ». C’est aussi la même satisfaction pour le président du parti Sahwanya Frodebu Nyakuri, Kefa Nibizi, qui dit être satisfait de l’adoption du code électoral. « Nous avons accueilli favorablement le fait que la révision du Code électoral est intervenue à temps et quand il y a encore du temps pour que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni),  les partis politiques et les autres partenaires électoraux sachent le cadre électoral qui va les régir ». Selon lui, il y a des circonstances qui exigeaient que le Code électoral soit révisé. C’est notamment la feuille de route signée par les partis politiques à Kayanza et la nouvelle Constitution qui inclut des dispositions qui seraient en contradiction avec les dispositions de l’ancien Code électoral. «Comme nous sommes à une année des élections de 2020, cela dit que tous les instruments juridiques doivent être réunis pour que les élections puissent bien se dérouler ». Bernard Ndayizeye, de la zone urbaine de Kanyosha, partage les mêmes avis avec M. Nibizi car, dit-il, on ne pouvait pas continuer à se conformer à l’ancien Code électoral. « C’est une bonne idée de mettre en place le Code électoral à temps car cela  va permettre à la population burundaise et aux hommes politiques de bien se préparer aux élections de 2020 et à la Ceni de bien coordonner les élections ».

La caution électorale

Parlant de la caution que doit payer un candidat au poste présidentiel, le secrétaire général du parti Uprona souligne que c’est satisfaisant de voir qu’elle a été revue à la baisse. « On avait demandé de baisser la caution électorale pour les candidats à l’élection présidentielle. Elle était à cinquante millions francs burundais et maintenant nous sommes satisfaits qu’elle ait été ramenée à trente millions de francs burundais».Quant au président et représentant légal de l’Aba, voir la caution électorale réduite à trente millions pour les candidats à l’élection présidentielle est une bonne chose. «Nous leur conseillerions, alors, d’aller à la compétition électorale étant sûrs qu’ils vont aller jusqu’au bout et non pas abandonner les élections en cours de route alors qu’ils auront payé la caution ».  Par contre, étant donné que  la fonction de chef de l’Etat est très importante, Bernard Ndayizeye, de la zone urbaine de Kanyosha, trouve que cette caution devrait être maintenue à cinquante millions. « De la sorte, cela pourrait limiter le nombre de candidats à l’élection présidentielle car seuls postuleraient les partis politiques qui sont capables mais avec les trente millions les portes sont ouvertes à tout le monde même pour les fantaisistes.

Le regroupement des élections est très avantageux

En ce qui concerne le regroupement de certaines élections, le secrétaire général de l’Uprona trouve qu’il présente beaucoup d’avantages. Selon lui, cela va diminuer le coût au niveau du gouvernement et même au niveau des partis politiques ou des indépendants parce qu’avant, on devait d’abord faire la campagne électorale pour les parlementaires et les conseils communaux pendant deux semaines et y retourner après pour les présidentielles. « Aujourd’hui, on va faire trois semaines de campagne pour trois élections, ce qui est une bonne  chose». Un autre avantage est qu’au niveau  des mandataires cela va aussi diminuer le coût. « Auparavant, on devait d’abord chercher des moyens pour les mandataires pour les élections législatives et communales et  leur trouver encore d’autres moyens pour les élections présidentielles ». De son côté, le président de l’Aba indique que le fait de combiner aura non seulement des avantages au niveau des moyens mais aussi  au niveau du temps.  « Seulement, il faudra  bien confectionner le fichier électoral et en informer le peuple burundais. Nous demandons à la Ceni de penser au fichier électoral et à la mise en place de ses démembrements, avant même la fin de cette année».Pour le président du parti Sahwanya Frodebu Nyakuri M. Kefa, ce n’est pas la première fois qu’on met plusieurs élections le même jour. « Pour nous, cela présente bien des avantages. D’abord, les avantages au niveau budgétaire pour la Ceni parce que des élections qui sont organisées pour deux jours différents demandent beaucoup de moyens car on dépense beaucoup en ce qui est du matériel, de la logistique mais aussi du budget et des ressources humaines ». Selon lui, c’est aussi avantageux pour les partis politiques parce que s’il faut faire la campagne pendant quatre semaines, maintenant on va la faire pendant trois semaines seulement. « C’est une combinaison qui aura des effets économiques positifs pour la Ceni et aussi pour les partis politiques parce que les activités qui allaient s’étendre sur plusieurs jours seront combinées ».  Pour Bernard Ndayizeye, la combinaison des élections ne va causer aucun problème pour les électeurs. « Ils ne pourront pas être déroutés parce qu’ils y sont habitués car, en 2015, lors des élections référendaires, on avait aussi combiné certaines élections ». C’est la même idée pour Emmanuel Nimbona qui a indiqué qu’il n’y a pas à s’inquiéter. « Même s’il y aura une même fiche électorale sur laquelle sont inscrits plusieurs candidats, je pense que cela ne va pas beaucoup déranger car les électeurs se sont déjà habitués à cela en 2015. Seulement, il faut que la Ceni et les partis politiques encadrent et sensibilisent bien les électeurs pour qu’ils puissent bien voter sans se tromper ». 

Les premières élections vont-elles influencer les élections ultérieures 

Pour ceux  qui  pensent  que les premières élections, c’est-à-dire les présidentielles, les législatives et les communales, vont influencer celles qui vont suivre, le président du parti Sahwanya Frodebu Nyakuri indique que celles qui vont suivre sont les élections collinaires et qu’au cours de celles-ci, ce ne sont pas les partis politiques qui vont se faire élire mais plutôt ce sont les individus qui se portent candidats à titre indépendant. « Donc, il n’y aura pas d’influence parce qu’au cours des élections communales, législatives et présidentielles ce sont les partis politiques qui présentent les candidats, tandis que pour les collinaires ce sont des individus qui se portent candidats. Je ne vois donc pas  comment ces élections vont influencer celles qui vont suivre. Par contre, si par exemple on séparait les élections,  les élections législatives et communales à  part, c’est là où on voit que les unes pourraient influencer les autres parce que quand au cours des législatives il y a un parti politique qui a gagné la majorité, même les électeurs qui ont voté pour un parti politique qui a perdu les présidentielles risqueraient de voter pour celui qui a gagné les présidentielles en disant qu’il ne faut pas perdre leurs voies pour une personne qui ne peut pas gagner. Mais quand on les combine, il n’y a pas d’influence des unes sur les autres ». 

La feuille de route signée à Kayanza a beaucoup contribué

A la question de savoir si le nouveau Code électoral est conforme à la feuille de route signée à Kayanza par les représentants des partis politiques, le secrétaire général du parti Uprona  indique que le Code électoral est d’abord conforme à la loi mère qui est la Constitution à laquelle les hommes politiques ont beaucoup contribué à travers la feuille de route. « Je pense que la feuille de route a beaucoup contribué car on a demandé que tout le monde soit consulté pour que le contenu et la mise en place du Code électoral soient consensuels entre tous les hommes politiques. Le gouvernement et la Commission qui a élaboré le Code électoral se sont justement référés à la feuille de route de Kayanza et tous les éléments qu’on avait proposés ont été tenus en considération ». D’après lui, ce qui reste au niveau du parti Uprona est de voir que la mise en application de ce Code électoral soit respectée par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et par les hommes politiques car « avoir le Code électoral, est une chose mais sa mise en application en est une autre ». D’après Kefa Nibizi, avant l’analyse de ce projet de loi portant révision du Code électoral par le gouvernement, les  partis politiques ont été consultés pour voir les propositions de la Commission mise en place pour proposer ce projet de loi. « A ce niveau, il n’y avait rien qui peut compromette les élections. Donc, le Code électoral en soi remplissait bien tout ce qui est nécessaire pour que les scrutins puissent être transparents, crédibles et acceptés par tout le monde. Moi j’ai toujours l’espoir qu’au niveau de ce cadre légal-là, il n’y aura pas de difficultés qui vont entraver la bonne marche des élections», indique M. Nibizi 

Tout le monde doit contribuer pour le bon déroulement des élections

En ce qui concerne le bon déroulement des élections de 2020, M. Nkurunziza indique qu’il faut que les hommes politiques préparent bien leurs membres en les sensibilisant à faire des campagnes pacifiques, à ne parler que de leurs projets de société au lieu de s’affronter comme cela a été le cas dans les années passées. Il insiste surtout sur  l’éducation des jeunes membres de différentes formations politiques car ce sont eux qui s’affrontent souvent quand il y a une fièvre électorale. «  Au niveau de l’Uprona, nous sommes sur terrain et en train de travailler là-dessus en collaboration avec les administratifs et les autres partenaires politiques ». M. Nkurunziza est confiant que les élections de 2020 seront transparentes, apaisées et libres. « Cela demande  le concours de tout un chacun et nous devons contribuer tous. J’espère que les élections, de 2020 seront meilleures que celles  de 2015  car, à dix mois des élections il y avait une situation tendue  au niveau des partis politiques, mais aujourd’hui, à dix mois des élections, nous trouvons qu’il y a la stabilité et la bonne collaboration entre les partenaires politiques. Ce qui donne l’espoir qu’il y aura des élections libres et transparentes ».D’après Emmanuel Nimbona, pour qu’il y ait un bon déroulement des élections, il faut le concours de tout un chacun, surtout les membres de différentes formations politiques. «  Ce sont eux qui s’affrontent souvent ou qui se lancent des brimades au cours de la période électorale, surtout les jeunes ». C’est le même avis pour Bernard Ndayizeye qui invite aussi les partis politiques à bien sensibiliser leurs jeunes  pour la sauvegarde de la paix et de la bonne cohabitation avec leurs voisins membres des autres partis politiques. « Si les membres de différents partis politiques optent pour le respect et la cohabitation pacifique, rien n’empêchera que les élections se déroulent dans un climat de paix. C’est à chacun de donner sa contribution pour que la période électorale puisse se dérouler dans un climat de paix et de calme ». A côté des partis politiques, le président et représentant légal de l’Aba, de son côté, invite aussi la société civile burundaise à aider à la sensibilisation sur ce Code au niveau de la population burundaise pour qu’il soit connu par la majorité des Burundais, surtout ceux qui veulent se faire élire. Pour que les élections soient transparentes, crédibles et apaisées, il demande aussi qu’il y ait d’abord la vulgarisation du Code électoral à l’endroitn des administratifs pour qu’ils puissent connaître son contenu ; qu’il y ait aussi respect des lois en vigueur au Burundi. Il fait appel au respect mutuel entre les partis politiques et les candidats aux élections, etc. 

La Ceni doit y mettre tout le paquet

A la question de savoir ce que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) doit faire pour assurer le bon déroulement des élections de 2020 sans beaucoup de difficultés, le président du parti Sahwanya Frodebu Nyakuri trouve qu’il faut d’abord que le Code électoral soit largement divulgué. « Il ne faut pas qu’il reste détenu par le gouvernement ou la Ceni uniquement parce que c’est un Code électoral qui est très utile aussi pour les partis politiques. Cela va les aider, non seulement pour leurs droits mais aussi leurs obligations pour qu’ils ne puissent pas gêner la Ceni en ceci ou en cela parce que quand on est ignorant en matière de la loi, on peut commettre certaines irrégularités ou des erreurs parce qu’on ne sait pas ce qu’on devrait faire».D’après lui, la Ceni devrait aussi penser à la mise en place de ses démembrements à savoir les Commission électorales provinciales et communales indépendantes (Cepi et Ceci). « Il est très important qu’avec le Code électoral, les démembrements de la Ceni, les Cepi et les Ceci, soient les plus inclusifs possibles pour que même ceux qui voudraient ternir l’image de la Ceni ne puissent pas trouver une brèche pour le faire ». C’est le même souhait pour le secrétaire général de l’Uprona qui a indiqué qu’après la signature de ce Code électoral par le chef de l’Etat, il faudra commencer par la divulgation et par la mise en place des Cepi et des Ceci. Olivier Nkurunziza demande aussi au gouvernement du Burundi et à la Ceni de faciliter les réfugiés qui rentrent d’exil pour qu’ils puissent se faire inscrire afin d’avoir l’opportunité de voter comme cela  a été convenu lors de la signature de la  feuille de route de Kayanza. « Il faut que les gens qui continuent à se rapatrier puissent avoir la chance de voter ». 

« Participe aux élections celui qui veut »

Le secrétaire général  de l’Uprona M. Nkurunziza a aussi invité les hommes politiques  qui se trouvent encore en dehors du pays  de rentrer pour se joindre aux autres dans les préparatifs des élections. « Il ne faut pas toujours penser que, sans eux, des élections  n’auront pas lieu. Il faut plutôt reconnaître qu’avec ou sans eux, les élections auront bel et bien lieu. Mais, force est de savoir que participent aux élections ceux qui veulent car personne n’est condamné à y participer par force. Mais il faut que ceux qui ne veulent pas ne bousculent pas les autres ». 

Astère Nduwamungu

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