Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

Chine - Burundi > Deux pays à deux cultures comparables

La Chine et le Burundi sont deux pays de la planète marqués par plusieurs contrastes. Le Burundi est, en effet un petit pays en termes de superficie face à la Chine qui possède un grand territoire de 9 600 000 Km2. La Chine est aussi le premier pays le plus peuplé de la planète alors que le Burundi ne compte que douze millions d’habitants.  Cependant, quelques aspects culturels les rapprochent quoique les différences ne manquent pas.    

 

Le Burundi et la Chine ont noué des relations diplomatiques depuis cinquante-cinq ans. Depuis lors, les Chinois sont présents sur le sol burundais accomplissant des missions de coopération diverses et variées. Les Burundais, quant à eux, ont visité également la Chine dans des circonstances et missions différentes.  Ainsi, les hautes personnalités, les fonctionnaires, les étudiants, les commerçants, les gens ordinaires ont eu l’occasion de fouler le sol chinois et ont noué des relations tant professionnelles que personnelles avec leurs amis Chinois.  Néanmoins, très peu connaissent à fond la culture  chinoise et des chocs culturels ne sont pas à écarter lors de certains échanges, que ce soient commerciaux et même diplomatiques.  Egalement, les Chinois, mis à part les diplomates, qui ont mené des études fouillées sur notre pays et notre continent, ne connaissent pas suffisamment l’histoire et la culture burundaise, ce qui n’est pas sans conséquence pour l’intégration effective dans la communauté et dans la société. En tant qu’ancien étudiant de Chine (1995-2005,2014-2018), et ayant connu plusieurs Chinois provenant de différents milieux professionnels, Hilaire Nkunzimana se permets, non pas en qualité d’expert sur les deux cultures, mais plutôt en sa qualité de citoyen burundais ayant résidé en Chine , de porter un regard rétrospectif et de passer sous crible les deux sociétés afin de  livrer une étude comparative des deux cultures qui, espère-t-il, pourra éclairer les uns et les autres et contribuer au renforcement des relations d’amitié existant entre les deux peuples. Selon Wikipédia, la culture est définie de façon plus étroite comme ce qui est commun à un groupe d’individus et comme « ce qui le soude », c’est-à-dire ce qui est appris, transmis et créé. Ainsi, cette analyse comparative de culture va se porter sur la société chinoise et burundaise et non sur l’étude comportementale des individus.  C’est pourquoi son analyse peut ne pas refléter la réalité sur certains cas individuels, mais elle reste vraie pour la grande majorité des composantes sociales des deux pays. 

Cultures des points communs

Parmi les points communs entre les deux cultures, il y a la famille. En effet, à l’instar de la famille burundaise, l’éducation des enfants repose sur le respect des aînés et des parents. En revanche, ces derniers ont obligation de protection et de guide pendant tout le processus de développement des enfants. Cette situation n’est pas forcément le cas dans certaines cultures qui visent beaucoup l’autonomie des enfants dès le jeune âge. Les personnes âgées ainsi que l’assistance aux nécessiteux comme les personnes vivant handicap sont les valeurs positives incarnées par la culture chinoise.  Dans les bus de transport chinois, des messages préenregistrés sonores rappelant qu’il faut céder les places aux personnes vivant avec handicap et aux personnes âgées sont continuellement diffusés pendant tout le trajet.  Les citoyens seniors, à l’instar des Burundais, assument avec fierté leur âge parce qu’ils savent qu’ils sont considérés par la société après leurs loyaux services offerts à leur nation. Le repas est également le point commun des cultures sino-burundaises. Le repas, tout comme dans la culture burundaise, occupe une place importante dans la culture chinoise. Le repas familial est une occasion de retrouvailles et de réunification et non seulement une occasion de se régaler et de se nourrir. La personne qui ne sera pas présente au repas doit s’excuser et présenter des motifs valables. L’invitation au repas par les Chinois revêt une signification particulière, à l’instar du partage d’un verre pour les Burundais, comme une volonté de l’intégration dans leur groupe. Les invitations peuvent émaner des collègues pour une bonne intégration professionnelle, ou par des camarades de classe pour une bonne intégration dans le milieu scolaire.  Quel qu’en soit, le partage d’un repas en Chine va au-delà d’une simple alimentation et d’importantes décisions peuvent être prises à table dans certaines circonstances.  

Un peuple fier

A l’instar des Burundais, le peuple chinois est un peuple fier et qui veille au respect, même dans les rapports interpersonnels.  Les deux peuples sont prudents et réservés. Le peuple chinois est un peuple prudent et réservé. Cela transparaît dans la prise des paroles pendant les échanges, que ce soit au niveau des réunions mais aussi pendant les différents préparatifs très méticuleux lors, par exemple, des organisations des voyages, des fêtes ou d’autres activités qui ne laissent aucun détail sous l’oubli. 

La culture de l’épargne

Les Burundais savent épargner surtout les agriculteurs qui mettent de côté une partie de leur récolte pour utilisation ultérieure pendant une période de disette mais cette culture est plus ancrée chez les Chinois qui, peu importe le montant de leur salaire, consacrent une partie à l’épargne. La plupart des Chinois ont ainsi pu constituer leur capital propre, souvent sans recourir à l’endettement bancaire. Parler des points communs des cultures du Burundi et de la Chine tout en oubliant l’humilité, l’hospitalité et le protocole laisserait des lacunes. A l’instar de la société burundaise, les vantards ne sont pas bien appréciés en Chine et l’humilité et la modestie sont perçues comme des vertus. De plus, les deux peuples sont à la fois hospitaliers et respectent le protocole selon le rang et les affinités de leurs visiteurs. Les places des invités ne sont pas choisies au hasard. «Nous sommes sans ignorer que cette situation est beaucoup observée dans la société burundaise où les gendres sont très respectés dans leur belle-famille et que l’accueil qui leur est réservé est toujours réputé chaleureux», fait observer M. Nkunzimana.

Croyances, un des points de divergence culturelle

Même si les cultures  des deux pays connaissent beaucoup de points communs, ceux de divergences ne manquent pas. Il s’agit, par exemple, des croyances, du respect du temps, de la discipline et de la rigueur. Le Burundi moderne puise ses valeurs dans les religions chrétiennes tandis que la société chinoise a été façonnée par les philosophes et penseurs comme Confucius et Tao.  Les deux grands philosophes restent la grande référence culturelle de la Chine ancienne et moderne.  En ce qui est du timing, les Chinois ont un sens élevé de la notion de temps par rapport à leurs pairs burundais et les retards aux rendez-vous ne sont pas très observés chez eux comme c’est le cas au Burundi. Cette situation peut s’expliquer par les niveaux de développement économique et industriels de part et d’autre où le rythme de la vie chez les Chinois doit être conditionné par le chronomètre. La rigueur et la discipline sont reconnues aux deux cultures mais avec une petite différence de dose chez les Chinois qui sont réputés plus disciplinés et rigoureux. Une situation d’ailleurs qui a généré les exploits économiques dont la Chine jouit présentement.  

Immersion dans les deux cultures

Au regard de cette analyse, il apparaît clairement que plusieurs points communs entre les cultures chinoise et burundaise existent quoique des différences subsistent.  Quoiqu’il soit largement admis que chaque pays a sa culture, les échanges culturels ont pour finalité l’incorporation de certains aspects positifs des autres cultures et qui permettront de construire un monde fondé sur les valeurs culturelles positives communes.  En attendant, cette société idéale planétaire, il est très important de comprendre les habitudes formées pendant des générations de chaque peuple, qui se nomme culture, en vue de favoriser les meilleurs échanges internationaux sans causer de choc culturel et qui peut parfois constituer une entrave dans le tissage des relations d’amitié entre les peuples. Nous osons espérer que cette analyse comparative pourra éclairer les lecteurs et faire immersion dans les deux cultures sino-burundaise tout en sachant les points communs et les différences. 

Dr. Ir Hilaire NKUNZIMANA, enseignant et chercheur à l’université du Burundi en collaboration avec le Quotidien du Burundi Le Renouveau

Ouvrir