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CVR> Que suggèrent certaines anciennes hautes autorités du pays

Pour aboutir à une vérité réconciliatrice au Burundi

 

DSC08039Lors de la réunion d’information des partenaires nationaux sur la mission de la CVR que celle-ci a organisée le mardi 29 janvier 2019, certaines anciennes hautes autorités du pays ont des voies à emprunter pour accoucher une vérité réconciliatrice au Burundi. Les anciens présidents de la république du Burundi sont les premiers à être interrogés selon le président Ntibantunganya. 

 

Pour l’ancien président de la république du Burundi, Sylvestre Ntibantunganya, qui avait été invité dans cette réunion d’information sur la mission de la CVR, il a indiqué que ce n’est pas le bas peuple qui handicape la réconciliation au Burundi. Pour l’ancien président de la république du Burundi, Sylvestre Ntibantunganya, qui avait été invité dans cette réunion d’information sur la mission de la CVR, il a indiqué que ce n’est pas le bas peuple qui handicape la réconciliation au Burundi. M. Ntibantunganya a ajouté que dans les années 1990, quand il faisait partie de la Commission nationale chargée d’étudier la question de l’unité nationale, les membres de la Commission se sont approchés de la population qui leur ont dit une parole qui demeure pour lui une vérité. « Pour la réconciliation au Burundi, ce ne sont pas nous le bas peuple qui constituons un handicap mais plutôt vous qui  vous battez pour des postes ».

Les anciens chefs d’Etat doivent avoir un cœur ouvert

Le président Ntibantunganya, se référant sur le graphique des dépositions présentées dans le bilan, il a profité de l’occasion pour prouver qu’à l’intérieur du pays, il n’y a aucun problème car la population a répondu à l’appel de la CVR. Elle a soif de connaître la vérité. Par contre, à Bujumbura où vivent beaucoup des responsables, la participation a été faible. « Les concepteurs constituent souvent des barrières quand on cherche à connaître une vérité qui réconcilie. C’est pourquoi, dit-il, dans ce projet de recherche de la vérité réconciliatrice, il y a certaines catégories de gens sur lesquelles vous devez focaliser l’enquête. C’est notamment les anciens chefs d’Etat. Nos sommes quatre : Buyoya, Ntibantunganya, Ndayizeye et Nkurunziza ». Il se demande s’ils sont tous ouverts pour ne pas constituer un obstacle sur cette voie de la vérité.Sylvestre Ntibantunganya suggère aussi que pour connaître la vérité, les responsables de cinq partis politiques : Uprona, Sahwanya Frodebu, CNDD-FDD, FNL et MSD doivent être ouverts pour que la vérité soit mise au grand jour. Il n’a pas non plus oublié certains anciens cadres de l’armée et de la police. « Des fois nous croyons que la population ignore la vérité. Elle la connaît plutôt et elle constate également que ce sont nous-mêmes les responsables qui causons un problème », a-t-il déclaré.M. Ntibantunganya a fait savoir qu’actuellement les adultes qui connaissent la vérité sont des responsables de différents domaines. C’est pourquoi il a fait un clin d’œil à la CVR de tout faire pour que la vérité soit connue et au plus tôt possible. « Un enfant né en 1993 pourra se faire élire député en 2020. Pourtant, il ne connaît pas les événements de 1993. Celui né en 2002, ira voter et celui-ci ne connaît rien de ce qui s’est passé à Ntega et à Marangara. Raison pour laquelle, la CVR a un grand rôle à jouer pour préparer un bon avenir du pays. Il faut tout faire pour que les deux générations se comprennent et pour qu’une vérité, surtout la vraie vérité soit accouchée. Qu’on n’ait pas peur de dire la vérité. Car ce que j’ai réalisé, c’est la vérité qui nous sauvera. Quand tu reconnais la vérité, tu te sauves et tu sauves également autrui », a conseillé l’ancien chef d’Etat, Sylvestre Ntibantunganya.

Les raisons d’abord

Pour l’ancien Premier vice-président de la République, Prosper Bazombanza, connaître la vérité n’obligerait pas de considérer une longue période si on  a réellement la volonté de la connaître ou de la livrer. Car, a-t-il fait entendre, pour tout ce qui s’est passé au Burundi, à chaque période, il y avait des responsables qui pourraient être interrogés. Et d’ajouter : « Aussi longtemps qu’on ne sera pas amené à connaître le pourquoi des tragédies et des moments difficiles qu’a traversés le Burundi, on ne saura pas la vérité qui réconcilie. Ce sont ces mobiles qui permettront la responsabilisation des faits afin de sortir de la globalisation ».

Que la CVR ne soit pas une commission permanente

Quant à Yves Sahinguvu, lui aussi ancien Premier vice-président de la République, la vérité sortira des Burundais. « La vérité sortira de nous-mêmes qui sommes responsables des autres. Car la population acceptera de témoigner et révéler la vérité quand elle aura appris que nous les leaders, nous nous sommes exprimés », a-t-il déclaré. S’appuyant sur les célèbres propos de Mandela qui disait : « Il est important de lire et de connaître l’histoire, le passé. Mais il est plus important de savoir tourner la page et commencer à écrire sur une nouvelle page », M. Sahinguvu a conseillé les commissaires de la CVR de se mettre à l’action, de ne pas spéculer sur le revenu mais sur les objectifs de la mission de la CVR, afin d’éviter que celle-ci devienne une commission permanente. Et de dire : « Cela fera qu’après la réconciliation, on continue avec d’autres projets, notamment ceux de développement socioéconomiques. Yves Sahinguvu a conseillé aux membres de la CVR d’imiter les commissions similaires qui ont réussi leur mission comme celle d’Afrique du Sud et non celles qui ont échoué.

JEAN BOSCO NKUNZIMANA

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