Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

Assemblée nationale> Questions posées à la ministre de la Justice

La situation carcérale actuelle au Burundi mérite une amélioration

 

000aqsezaDans une séance plénière des députés du jeudi 4 octobre 2018, la ministre de la Justice, de la protection civique et garde des sceaux,  Aimée Laurentine Kanyana, a répondu aux différentes questions en rapport avec la situation carcérale actuelle.  Elle regrette certains cas d’irrégularité et promet de  prendre des mesures pour améliorer les choses dans un tout proche avenir.  

 

Les députés ont invité la ministre Aimée Laurentine Kanyana pour répondre aux questions en rapport avec la situation carcérale, dans la séance plénière du jeudi 4 octobre 2018. Les députés disent ne pas comprendre pourquoi il y a des détenus qui bénéficient de la grâce présidentielle chaque année mais que les prisons restent surpeuplées. Il y a aussi des gens qui purgent la peine, mais restent en prison faute de ne pas pouvoir verser les indemnités. La libération provisoire pour ceux qui terminent le quart de la peine  n’est pas non plus toujours faite.  Les députés se demandent pourquoi le ministère de la Justice ne met pas en place la commission médicale permanente pour traiter les questions des personnes vivant avec des maladies incurables pouvant bénéficier de la grâce présidentielle. La ministre Laurentine Kanyana regrette de constater le nombre élevé de personnes emprisonnées  dont les dossiers ne sont pas encore clôturés. Elle estime que, normalement, il aurait fallu que 80% aient été traités. Elle dit que des mesures seront prises pour renverser la tendance. Elle déplore les cas des gens emprisonnés dont les dossiers ne sont pas trouvables. Elle se réjouit de la mise en place de la Commission de suivi des dossiers et estime qu’elle va changer la situation. Elle rassure que d’ici quelques mois, on remarquera le changement dans ce secteur. Pour le cas des indemnités, elle dit que cette question est difficile à résoudre. Elle part de l’exemple de celui qui aurait détourné les fonds de l’Etat et qui termine la peine mais ne veut pas rembourser. Elle rassure que les indigents dont l’amende est petite bénéficient de la libération sous quelques conditions. Pour le cas de libération conditionnelle, il y a des cas exceptionnels. En effet, dit-elle,  pour le cas de celui qui est accusé de meurtre, sa libération viendrait perturber la sécurité. Celui-là n’en bénéficie donc pas.  Mme Kanyana  indique qu’il y a aussi des parents des enfants qui demandent de garder leurs enfants mineurs  dans les centres de rééducation pour des raisons de sécurité.  Selon elle, le ministère est satisfait quand il y a des gens qui sont libérés, il n’y a donc pas de raison de garder dans les prisons les personnes qui méritent d’être libérées. 

La situation carcérale suscite diversesquestions                          

Le président de l’Assemblée nationale, Pascal Nyabenda, demande pourquoi on ne clôture pas la prison de Bubanza pour éviter l’évasion. Il demande si le ministère peut donner et appuyer les natifs dans la construction de cette clôture dans le cadre  des travaux communautaires. Les députés demandent ce qui est prévu pour les petits enfants et les bébés qui vivent avec leurs mères en prison. Ils ont évoqué des rumeurs faisant état d’une probable corruption des juges en vue de mettre sur la liste de ceux qui doivent bénéficier la grâce présidentielle, tel ou tel autre prisonnier.  Mme Kanyana dit que normalement, les prisons ne devraient pas être proches des maisons d’habitation. Elles sont au départ placées loin, mais  les gens s’en approchent progressivement. Elle dit qu’elle serait heureuse de travailler avec les habitants de Bubanza dans la construction de la clôture de cette prison et a exprimé sa gratitude. Pour la question des enfants et des bébés, elle dit qu’il y a des mères qui doivent être emprisonnées, et qui décident de partir avec l’enfant. Aussi,  il y a l’âge où l’enfant doit rester avec sa mère. Elle déplore cette situation, mais estime que dans certaines mesures, il n’y a pas de choix. Elle indique que ces mères obtiennent de la farine pour bouillies à donner aux enfants. Elle regrette qu’il y ait des mères ou filles qui préfèrent être engrossées et  mettre au monde étant en prison pour bénéficier de cette bouillie.  Pour le cas de corruption, elle ne nie pas, mais dit ne pas pouvoir en dire beaucoup, car aucun cas n’a été vu en flagrance. Elle appelle et encourage  la population à dénoncer des cas de corruption.  Pour ce qui est du côté de la santé, elle tranquillise que le ministère couvre les besoins des détenus. Mais, elle  regrette qu’il y ait des prisonniers qui consomment des produits toxiques en vue d’être hospitalisés pour pouvoir s’évader. 
Alfred Nimbona

Ouvrir