Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

COMMUNICATION> Le journalisme en période électorale

Les médias devraient servir de canaux pour véhiculer des messages rassurants

 « Etre des journalistes de paix »,  c’est cela le mot le plus approprié pour décrire le journaliste en période électorale. Bien qu’ils aient différentes lignes éditoriales et des objectifs différents, les journalistes doivent avant tout être réconciliateurs, ne jamais chercher à attiser le feu,  se défaire  de la communication de confrontation, mais plutôt mettre en avant des initiatives positives comme envisager une victoire pour toutes les parties. Cela découle d’un entretien avec l’abbé Dieudonné Niyibizi, directeur du Centre diocésain de communication. 


000a0eeaTout comme  les politiciens, les maisons de presse se préparent aussi pour une bonne couverture médiatique de la période électorale. C’est le moment propice pour ces politiciens élus par le peuple, de rendre compte au peuple de leurs réalisations lors de la campagne précédente. Le choix revient ainsi au peuple de décider s’il veut réélire les mêmes politiciens ou en élire de nouveaux. Les journalistes dans tout cela ont un grand rôle à jouer, d’autant plus qu’ils doivent jouer les messagers en cette période combien houleuse. Le journaliste est donc appelé à jouer l’intermédiaire entre le peuple et le politicien. Dans son traitement de l’information, il doit veiller à ne pas tromper le public, ne jamais ajouter d’éléments étrangers aux faits, s’appuyer sur son travail d’enquête, éviter l’exagération, etc. 
Etre objectif, difficile.

Etre un journaliste de paix, oui.

Bien que l’objectivité soit un mythe dans le domaine du journalisme, être un artisan de paix s’impose. A cela, l’abbé Niyibizi souligne que dans ce cas, le journaliste doit être armé d’une grande force morale. Tout n’est pas nouvelle, c’est le journaliste qui rend un événement une nouvelle. Le journaliste burundais doit être conscient des blessures non encore cicatrisées qui marquent encore les cœurs des Burundais. Sa communication doit donc participer  à les guérir. A cela s’ajoutera la conscience patriotique et professionnelle. Il peut décider d’attiser le  feu ou de jouer le plombier. Le journaliste veillera donc à appliquer certains principes qui l’aideront à mieux couvrir les élections tout en restant dans le professionnalisme. Il est donc sage qu’il dépasse les effets visibles et pense aux invisibles en donnant le micro à toutes les parties avec empathie et compréhension, appeler le mal, mal, mettre en avant les initiatives positives, envisager la victoire de toutes les parties, etc. 

Qu’en est-il de l’appartenance politique du journaliste ?

Exercer le professionnalisme, oui mais la question de la ligne éditoriale ensemble avec l’appartenance politique du journaliste semblent être un blocage au professionnalisme. Le journaliste, tout comme tout autre citoyen, doit exercer son droit de vote. Tout comme les autres citoyens, il a le droit de pencher de tel ou tel autre côté. Ce qui l’appelle à soutenir tel parti politique dépendamment de ses aspirations et de ses objectifs. Sur ce, l’abbé Dieudonné recommande que, tout au moins, le journaliste soit sincère, honnête et franc. Certes, il est difficile de raconter les faits tels qu’ils se sont déroulés. Parfois, la ligne éditoriale devient aussi une ligne à ne pas dépasser. Or le journaliste doit être libre, ce qui veut dire être compétent professionnellement, éthiquement bien intentionné, soucieux d’être un artisan de paix et non de confrontation. Notre interlocuteur a tenu à rappeler que le professionnalisme sera renforcé par le fait que  le journaliste est indépendant sur certains points saillants.   Ainsi, il  doit être indépendant de ceux dont on parle, indépendant par rapport à son statut social et économique, indépendant par rapport à son ethnie et à sa tendance politique, indépendant par rapport aux éventuelles pressions rédactionnelles ou des partenaires, etc. Il n’est pas interdit au journaliste de voter, tout comme il a le droit de changer de carrière s’il le désire. Mais sa vie professionnelle doit être armée d’une éthique et d’une déontologie professionnelle stable, d’un esprit réconciliateur et pacifique et d’un esprit de compétence caractérisé par la recherche de la vérité partout où il est. Il doit avant tout comprendre qu’il est un artisan de paix, un messager pacifique et la voix des sans voix.

 

Blandine Niyongere

Ouvrir