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DOSSIER> Les jeunes dans les comités mixtes de sécurité humaine

Défis et ou opportunités ?

 

DSC03835Il y a trois ans que les comités mixtes de sécurité humaine sont instaurés au Burundi. Les jeunes ont une place importante dans ces derniers et beaucoup affirment que ces jeunes y jouent un rôle important. Pourtant, certains jeunes burundais ignorent l’existence et l’importance de ces comités. Il leur est demandé de participer à des réunions organisées car tous se décide dans ces réunions. Dans ce dossier, votre quotidien Le Renouveau vous apporte les appréciations des uns et des autres à propos de la participation massive des jeunes dans ces comités mixtes de sécurité. 

 

En décembre 2015, le Conseil de sécurité des Nations unies a sorti la Résolution 2250 : Jeunes, paix et sécurité qui, dans ses objectifs, stipule l’inclusion des jeunes dans les instances de prise de décision. Le Burundi, quant à lui, l’avait déjà réalisé, car depuis la même année, il a instauré le système des Comités mixtes de sécurité humaine (CMS) depuis la colline. Malgré l’existence des Comités mixtes de sécurité humaine, la plupart des jeunes l’ignorent. C’est le cas notamment des jeunes de la zone Kamenge avec lesquels Le Renouveau s’est entretenu. «J’entends dire et vois des gens qui se disent faisant partie des CMS dans les quartiers mais j’ignore souvent comment ils sont mis en place. Si les autorités administratives informaient les jeunes sur le lieu des rencontres destinées à élire ces jeunes membres des CMS, beaucoup de jeunes, dans leur diversité,  apporteraient leur contribution pour le maintien et la sauvegarde de la paix dans nos quartiers. Nous demandons que des communiqués soient lancés par tous les moyens possibles pour que les jeunes eux-mêmes se choisissent des représentant de bonnes mœurs.  Car veiller à la paix est un travail de grande estime. Etant donné que les jeunes disposent d’une force pour défendre leur pays, quand ils participent activement et loyalement dans les CMS, dans leur quartier, la paix et la sécurité règnent et des cas de vols ou de violences deviennent une histoire inconnue. Nous suggérerions que ces jeunes gens membres des CMS restent assistés par les adultes qui leur ramèneraient sur la bonne voie,» dit Wilson Irankunda.M. Irankunda se dit ne pas être satisfait du comportement de certains jeunes membres des CMS car ils abusent quelques fois de cela parce que la plupart proviennent d’un seul parti. Et il souhaite que ces CMS renferment tous les jeunes sans considérer leur idéologie politique.  

Trop de jeunes gens sans assistance de proximité, un défi

Selon Gilbert Masabarakiza, beaucoup de jeunes dans les CMS constituent un atout mais à condition qu’il n’y ait pas de discrimination. « Quand tous les jeunes, sans distinction de leur appartenance politique, travaillent en commun accord pour veiller au maintien de la paix et de la sécurité, celles-ci règnent parfaitement ». Pourtant, il souligne que trop de jeunes gens sans assistance de proximité, peuvent devenir un défi car ils peuvent exagérer et torturer quelqu’un l’accusant de ne pas avoir participé à telle ou telle autre activité alors qu’il n’en a pas été informé.  Ils peuvent parfois même commettre différents forfaits.  M. Masabarakiza salue la résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies et demande aux autorités burundaises de veiller à sa stricte mise en application.
Dans la région Sud, les jeunes ont déjà comprisSelon le chargé des migrations dans le Commissariat régional Sud,  OPC1 Léopold Rukanura, les jeunes de la région Sud, faite des provinces de Bururi, Makamba, Rumonge et Rutana, ont déjà compris. « Dans la région Sud, la présence des jeunes dans les Comités mixtes de sécurité constitue des opportunités dans le maintien et la sauvegarde de la paix car ils sont désormais conscients que la sécurité est l’affaire de tout le monde et non seulement des policiers et des militaires. Dans notre région, les jeunes mobilisent les autres pour qu’ils évitent la consommation des drogues, des stupéfiants et des boissons alcoolisées prohibées car ce sont ces dernières qui poussent souvent les jeunes à mal agir et à porter atteinte à la sécurité de leur environnement, de leurs voisins et du pays en général. En participant donc à ces Comités mixtes de sécurité, les jeunes s’approchent eux-mêmes des autres pour les conscientiser. Les jeunes participent également dans la gestion de l’insécurité dans leurs milieux respectifs et les résultats sont pour nous très satisfaisants même s’il arrive qu’ils agissent quelques fois mal et commettent même des forfaits sous prétexte d’être dans ces comités », fait-il entendre.

Toute politique doit s’appuyer sur la jeunesse

Pour le président du parti Radebu, Jean de Dieu Mutabazi, toute politique doit s’appuyer sur la jeunesse. « Toute politique, qu’elle soit de développement, c.à.d. la santé, l’éducation, doit s’appuyer sur la jeunesse. Cette frange d’âge doit être considérée de manière importante.  Il en est de même au niveau de la politique de la sécurité.  Les jeunes doivent faire partie de la catégorie sur laquelle l’administration territoriale doit compter pour l’aider à maintenir la paix sociale sur la colline. C’est elle aussi qui doit constituer l’œil et l’oreille des forces de l’ordre car nous savons qu’aucun pays ne peut avoir un policier sur chaque mettre carré de son territoire alors que la sécurité doit régner sur tout le territoire », dit-il. Par ailleurs, M. Mutabazi rappelle que cette catégorie d’âge comporte des gens fragiles sur lesquels certains politiciens véreux comptent pour faire passer leur message de haine ou de violence. C’est pourquoi il faut absolument organiser un bon encadrement de ces jeunes pour qu’ils prennent connaissance de leurs intérêts et des intérêts du pays. Pour lui, la jeunesse est la plus concernée par la moralisation sur l’esprit patriotique qui doit caractériser chaque jeune. En ce moment où nous approchons les échéances importantes pour les élections de 2020 destinées à renouveler la classe dirigeante à tous les niveaux pour une alternance paisible, M. Mutabazi lance un appel à toute la jeunesse burundaise à ne pas écouter certains discours d’incitation à la violence comme ceux que nous venons d’entendre dans certains milieux des réfugiés dans la sous-région. 

La sécurité est plurielle

DSC 0425Pour Jean de Dieu Mutabazi, la jeunesse doit veiller à la sécurité sous tous ses angles. « Comme tout le monde le sait, le Burundi comporte une forte densité démographique avec un taux de prolifération de 2,7% par an. C’est pourquoi, dans le cadre du dividende démographique, cette masse de jeunes constitue une main-d’œuvre moins chère, parfois même gratuite, dans le cas des travaux communautaires, ce qui constitue un atout au niveau socio-économique », fait-il savoir.Pour lui, les jeunes sont les plus concernés par l’avenir de ce pays et celui des communautés de la CEA, le CEPGL et de la CIRGL. Pour cela, l’obligation est de préparer les jeunes à être plus concurrentiels sur le marché du travail de toutes ces communautés auxquels le Burundi appartient. D’où investir dans la qualité de leur éducation est une nécessité. « Nous, au parti Radebu, nous sommes conscients que nous sommes entourés par certains pays vastes et non peuplés. Il faudrait penser à une politique d’émigration volontaire chez nos  voisins car la pression sur la terre arable est en train d’atteindre des proportions insupportables ». 

Il faut les associer dans les comités mixtes de sécurité

Comme par le passé, dans toute forme de conflits violents, accompagné d’atrocités de masse, les jeunes étaient impliqués. M. Mutabazi constate qu’il faut  accorder aux jeunes une place de choix dans la prévention de ce genre de conflit.  « Il devient nécessaire alors de recourir à cette catégorie  de la population sans armes pour contribuer à maintenir la sécurité. C’est pourquoi il faut les associer dans les comités mixtes de sécurité comme les femmes, les hommes, les adultes et même les vieux. Il va de soi alors que la jeunesse est une opportunité à laquelle il faut recourir pour suivre et maîtriser la sécurité au niveau local. Il importe aussi d’inculquer aux jeunes membres des CMS un mode de conduite qui leur évite d’être la source de conflit », dit-il. Et d’ajouter que « cela est une responsabilité de l’administration territoriale à la base et du leadership local. En aucun cas, les jeunes membres des CMS ne peuvent se substituer à la Police ou à la Justice. Et surtout, ils ne peuvent pas se constituer comme des auxiliaires de l’Armée ou de la Police comme nous l’avons vu par le passé avec les jeunes gardiens de la paix. Nous avons tiré les leçons du passé. Nous devons apprendre à tous nos jeunes d’avoir un langage de paix et d’éviter toute forme de diabolisation envers une catégorie de jeunes quelle qu’elle soit. ». Le président du parti Radebu lance un appel à tout responsable et leadership politique, religieux, etc, de jouer pleinement leur rôle des parents responsables envers leurs enfants, envers les jeunes, car ils constituent le Burundi de demain. Il  rappelle aux jeunes que les responsabilités sont individuelles en cas d’infraction et que si un jeune commet un crime, c’est lui qui sera poursuivi et non  le politicien qui l’a induit en erreur. C’est lui qui devra en répondre devant la loi.

L’Administration est aussi satisfaite.

Pour l’assistant du ministre de l’Intérieur, de la formation patriotique et du développement local, Thérence Ntahiraja, toute la population, y compris les jeunes, est invitée à veiller à la sécurité. «La loi fondamentale invite tout Burundais à veiller à la sécurité du pays. En principe, la sécurité ne devrait pas être assurée par les policiers et les militaires ou le CMS seulement, la population burundaise est aussi interpellée. Mais en vue de mieux coordonner ce travail, il y a d’abord les instruments de l’Etat et  les CMS humaine. L’appréciation est très positive. Comme vous avez toujours suivi, depuis 2015, date à laquelle ces CMS ont été initiés, le résultat est positif. Actuellement, la sécurité est totale dans notre pays et même les bandits sont attrapés. Tout cela, c’est grâce à ces CMS qui signalent à temps les malfaiteurs, les voleurs ou toute autre personne qui voudrait poser un acte ignoble. Ici n’oublions pas que le rôle des jeunes est important dans les comités mixtes de sécurité », affirme M. Ntahiraja.   Selon lui,  pour mettre en place les CMS, ce n’est pas une nomination simple. On rassemble tout le monde. Au niveau de la colline par exemple, s’il y a une position militaire, le chef de position est membre, quatre des conseillers collinaires sont membres, c’est la population elle-même qui choisit ceux de la société civile (dans les associations) qui les représentent dans les CMS et toutes ces gens ont leur rôle : veiller à la sécurité et signaler tout cas soupçonneux aux policiers ou aux militaires afin de couper court aux actes qui peuvent se produire.  Quant à la cheffe de zone Kamenge, Espérance Hakizimana, la participation des jeunes dans les CMS est appréciable. « Grâce à la participation des jeunes dans les CMS, notre zone Kamenge n’a pas connu de soulèvements en 2015 et elle est restée paisible », précise-t-elle.  

Beaucoup de nos jeunes négligent les réunions

Pour les jeunes qui disent qu’ils ignorent de quelle manière les jeunes membres des CMS sont choisis, Mme Hakizimana dit que c’est parce que beaucoup de jeunes actuellement négligents et ne participent pas aux réunions de sécurité alors que tout se décide dans ces réunions. Et d’ajouter qu’il y en a même qui se présentent à des réunions et rapportent aux autres le contraire de ce qui y a été dit. Pour y faire face, cette administrative souligne qu’une sensibilisation ménage par ménage est opérée. Elle demande en plus aux jeunes de la zone Kamenge de rester unis comme dans le passé. « Je leur demanderais de se contenir car la situation évolue. Qu’ils ne prêtent pas oreille attentive aux messages qui risquent de les dérouter », exhorte Mme Hakizimana. Il importe de savoir que beaucoup de jeunes et autorités administratives ignorent la Résolution 2250. Pour cela, des efforts de vulgarisation de la part de tout un chacun sont nécessaires, pour que la jeunesse sache ce à quoi elle a droit. 
Jean Bosco Nkunzimana

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