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PROVINCE DE CIBITOKE> Visite de la Première dame du pays

Pour la mobilisation des leaders religieux sur l’élimination de la transmission du VIH-sida de la mère à l’enfant

 

IMG 20180608 WA0015Le vendredi 8 juin 2018, la Première dame du pays Denise Nkurunziza a animé au chef-lieu de la Province de Cibitoke  un atelier de mobilisation des leaders religieux de ladite province sur l’élimination de la transmission du VIH-sida de la mère à l’enfant. Il a été constaté que ceux qui suivent les conseils des médecins peuvent vivre longtemps avec le VIH-sida et mettre au monde des enfants en bonne santé. 

 

Dans son mot d’accueil, le gouverneur de la Province de Cibitoke, a souligné que la province est tranquille sur toutes ses collines grâce à la quadrilogie et les comités mixtes de sécurité, même si, dernièrement, une bande armé a mené une attaque sur la colline Ruhagarika et tué plus de vingt personnes. Malgré cet incident, la population de la province cohabite pacifiquement dans sa diversité sociale. Il a remercié la Première dame pour le  dévouement qu’elle manifeste surtout dans le domaine de la santé. Il a demandé aux leaders religieux de multiplier les efforts et ne pas avoir honte de parler du sida dans leurs prédications et de sensibiliser leurs adeptes à se faire dépister.Pour la représentante adjointe de l’Unicef au Burundi, Nathalie Hamondi Fiona, la présence de la Première dame à l’atelier témoigne de son engagement en tant que Président de l’Organisation des Premières dames d’Afrique contre le VIH-sida (Opdas-Burundi) et Pasteur. Elle a souligné que l’atelier avait un double objectif : accélérer l’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant et redynamiser les efforts de tous  pour le diagnostic et le traitement de l’infection à VIH-sida chez les enfants et adolescents. Comme il s’inscrit dans l’atteinte des objectifs de 90% des personnes vivant avec le VIH qui connaissent leur statut sérologique, 90% des personnes dépistées mises sous traitement ARV et 90% des personnes sous ARV ont une charge virale indétectable 90 trois fois, tout cela pour arriver à zéro nouvelle infection, zéro discrimination et zéro décès lié au VIH-sida d’ici l’an 2030.  Mme Fiona a dit que la mobilisation des leaders religieux est essentielle pour le renforcement de l’adhésion et du maintien sous traitement ARV des enfants et des femmes sous PTME (prévention de la transmission du VIH-Sida de la mère à l’enfant). Elle a ajouté qu’outre le dépistage, le traitement ARV et le maintien sous traitement, les stratégies de réponse sont la communication pour le changement de comportement, l’acquisition des compétences de la vie courante pour les enfants et adolescents, la prévention des grossesses non-désirées et des rapports sexuels précoces, mais aussi la lutte contre la stigmatisation, domaines sur lesquels les leaders religieux et communautaires peuvent réellement faire la différence.Ce cadre de l’Unicef a aussi fait entendre que pour soutenir les efforts du gouvernement du Burundi, le système des Nations unies a développé un plan conjoint 2018-2019 pour appuyer la mise en œuvre du nouveau plan stratégique VIH-Sida et le plan de rattrapage du Burundi pour l’atteinte de 90 trois fois. En ce qui  la concerne, a-t-elle précisé, l’Unicef est en train d’élaborer un nouveau plan de coopération avec le gouvernement du Burundi 2019-2023 avec la santé de la mère et de l’enfant avec un accent particulier sur les approches communautaires et l’emploi des jeunes et adolescents pour le développement intégral de la mère et de l’enfant. A son tour, le ministre de la santé publique et de la lutte contre le sida, Thaddée Ndikumana, a remercié la Première dame des bienfaits qu’elle réalise à travers l’Opdas, grâce aux aides qu’elle trouve ici et là qui interviennent dans le secteur de la santé, en organisant des ateliers de sensibilisation dans la lutte contre le sida, en assistant les vulnérables, etc. Cela pour soutenir et renforcer le programme de l’Etat pour atteindre l’objectif de zéro infection, zéro discrimination, en 2030 . 

Le Burundi a déjà franchi un grand pas

Le ministre Ndikumana a signalé que le pas franchi est significatif, car le taux de séroprévalence qui était de  6% en 2002 d’infection est passé à 3,6% en 2007 et a atteint 1,4% en 2010 avant de tomber à 0,9% en 2017. Il a ajouté que les dépistages volontaires ont évolué positivement car ils sont passés de 433 771 personnes dépistées en 2010 à 1 605 430 à la fin de l’an 2017. Il n’a pas manqué de dire que les centres de prise en charge des enfants qui naissent des mères infectées ont augmenté au Burundi depuis 2010  car ils sont passés de 119 en 2010 à 1117 en 2017. En ce même moment, les centres disposés à donner des ARV aux malades du sida sont passés de 399 à 686. Le ministre Ndikumana a souligné que le nombre des personnes infectées sous ARV est passé de  600 en 2002 à 22 735 en 2010 jusqu’à 61 314 à la fin de l’an 2017. Il a rappelé que les femmes sur le PTME, les enfants qui naissent sans le virus du sida ont toujours augmenté. Ils sont passés de 78% en 2013 à 87% en 2017. « Malgré les évolutions positives, nous ne devons pas nous lasser, mais plutôt redoubler nos efforts  pour aller toujours de l’avant afin que les objectifs des trois 90 soit atteint, a-t-il rappelé.

Soyez des modèles de vos fidèles

Dans son discours, l’épouse du chef de l’Etat a d’abord fait savoir que l’objectif majeur de l’atelier  est de sensibiliser les leaders religieux afin qu’ils puissent contribuer activement dans la protection des enfants qui naissent des parents vivant avec le VIH-sida. Elle a indiqué que le pas déjà franchi est significatif mais que des séances de sensibilisation restent nécessaires  car certaines femmes contaminent encore leurs enfants pendant la grossesse, pendant l’accouchement et pendant l’allaitement.La Première dame leur a demandé d’éviter d’utiliser un langage figuré lors de leurs prédications et, surtout, quand il faut parler du sida et de ses méfaits. Et de dire, en plus, qu’il faut toujours éviter tout langage discriminant et stigmatisant  les malades du sida. Comme leaders religieux, elle les a exhortés à sensibiliser leurs adeptes à éviter les pratiques et coutumes favorisant la propagation du virus du Sida sans oublier de les encourager à se faire dépister. Pour cela, elle les a sommés de servir de modèles à leurs fidèles en se faisant dépister, de sensibiliser la jeunesse, ceux qui se préparent au mariage, les femmes enceintes et leurs époux à se faire dépister. A ceux qui sont déjà contaminés, elle leur a demandé de s’approcher des médecins qui leur donneront des médicaments et conseils ;  aux femmes enceintes, elle leurs a demandé  de faire les consultations prénatales dans les trois premiers mois et, en même temps, se faire dépister du sida. Il importe de savoir que l’un des facteurs qui favorisent la propagation du virus du sida en province de Cibitoke est sa double ouverture sur le Rwanda et le Congo démocratique.
JEAN BOSCO NKUNZIMANA

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