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ONELOP > Entretien sur la nouvelle Constitution

« Ce qui se trouve dans la Constitution, c’est ce qui a été demandé par le peuple burundais et les parties prenantes »

 

DSC 2275La nouvelle Constitution qui vient d’être votée par le peuple burundais a laissé couler beaucoup d’encre et de salive à propos de son contenu et de son processus d’élection. Pour avoir des éclaircissements là-dessus, la rédaction du journal « Le Renouveau » s’est entretenue avec le représentant légal et coordinateur général de l’Observatoire national des élections et des organisations pour le progrès (ONELOP-Burundi), Bécaud Njangwa. Il  était aussi membre de la commission qui était chargée de proposer le projet d’amendement de cette Constitution.

 

En tant que membre de la commission, M. Njangwa a souligné que le projet de Constitution a été bien conçu, bien planifié et bien élaboré. « La nouvelle Constitution n’exclut personne comme le prétendent certaines gens. Il n’y a ni exclusion, ni discrimination ». Parlant des dispositions qui ont fait couler beaucoup d’encre et de salive, surtout ceux en rapport avec l’équilibre ethnique dans les institutions, il a indiqué que les 60% de l’ethnie hutu et 40% de l’ethnie tutsi ainsi que les 30% des femmes n’ont pas été changés. « On a gardé le statu quo ». Pour l’ethnie batwa, il a indiqué qu’elle  a été cooptée comme avant. 

Le pouvoir judiciaire conformément à l’Accord d’Arusha

Selon notre interlocuteur, les déséquilibres qui s’observaient dans le pouvoir judiciaire, depuis longtemps, ont été aussi corrigés par la commission. « Depuis 1972,  l’ethnie tutsi était majoritaire dans le pouvoir judiciaire, car  il y a eu peu de hutu qui ont été recrutés au niveau du pouvoir judiciaire et, comme aujourd’hui il y a des hutus qualifiés en droit et capables d’être recrutés pour assurer l’équilibre ethnique au pouvoir judiciaire, c’est pourquoi la nouvelle Constitution comporte des dispositions qui équilibrent la magistrature dans le respect des quotas ethniques qui sont consignés dans l’Accord d’Arusha ». Pour trouver la solution aux chicaneries et à l’anarchie qui s’observent au sein de la classe politique, notre interlocuteur indique qu’au paravent, quelqu’un qui ne s’entendait pas avec les autres de son parti politique avait la tendance à quitter son parti politique et créer un autre parti politique immédiatement pour se faire élire directement. Avec la nouvelle constitution, celui qui quittera son parti sur base de n’importe quel motif  va attendre deux ans pour se faire élire et aussi pour créer son parti politique. 

Les élections se sont déroulées en toute sécurité

En tant que représentant légal et coordinateur général de l’Observatoire national des élections et des organisations pour le progrès (Onelop-Burundi), M. Njangwa  indique que les élections du 17 mai 2018 ont été analysées et validées par l’Onelop-Burundi à un  niveau très élevé. « C’est un pas de géant au niveau de la démocratie au Burundi. Ce sont des élections qui se sont bien déroulées plus que les autres élections qui se faisaient avant, car elles ont eu lieu avec une sécurité toute faite, garantie à tout le peuple burundais ».  Selon toujours notre interlocuteur, lors des élections de la Constitution, l’Onelop-Burundi n’a pas vu de  gens qui avaient les pièces exigées pour élire qui se sont vus refuser d’élire ou des partis politiques qui influençaient les électeurs à élire selon leur volonté.  « Tout  cela  montre que la démocratie a été comprise par le peuple burundais que c’est une compétition professionnelle simple. Ils ont aussi compris qu’après les élections, c’est la bonne gouvernance, la cohabitation pacifique, etc ». 

La nouvelle Constitution ne sème pas la descrimination

A propos de ce qui se dit sur les réseaux sociaux que la Constitution qui vient d’être élue par le peuple burundais sème la discrimination et la division du peuple burundais, M. Njangwa dit que ce sont des mensonges. « Ils disent cela à cause du caractère de certains anciens dignitaires qui pensent toujours qu’après leur départ  les autres ne peuvent pas prendre les responsabilités.  Ils pensent que c’est le chaos. Pour montrer à la communauté internationale qu’ils étaient très utiles et très valeureux,  il faut toujours mentir. C’est faux et archifaux ». Selon toujours notre interlocuteur, ce qui se trouve dans la Constitution, c’est ce qui a été demandé par le peuple burundais et les parties prenantes, comme les partis politiques, les indépendants, les banques, les membres de la diplomatie, etc. « Tout cela démontre que le projet de  Constitution qui vient d’être élu par le peuple burundais a été demandé par le peuple burundais mais aussi par toutes  les parties prenantes ».  

ASTERE NDUWAMUNGU

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