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Economie, Sciences, Education/formation

Commerce> Marché noir

Echange des monnaies étrangères

00azevDans les rues du centre-ville, le trafic des monnaies est accentué. C’est à peine si l’on se rend compte de l’aspect clandestin qui s’y cache. A cet effet, le quotidien burundais Le Renouveau s’est infiltré afin de recueillir des informations.

Ce phénomène n’est pas conforme aux règles établies, raison pour laquelle les commerçants convertis à ce trafic se cachent de la police mais ils sont obligés de prendre des risques pour pouvoir vivre.
La vie est devenue très difficile et tous les moyens sont bons pour survivre. Ils abordent discrètement les personnes qui passent en face d’eux pour leur proposer leurs services. Ils sont très sympathiques et font tout pour mettre le potentiel client à l’aise. Ils usent de toutes les stratégies possibles afin de parvenir à convaincre les gens d’échanger leurs monnaies étrangères chez eux. Ils affirment être capables de remises très alléchantes, contrairement aux entreprises réputées pour ces services. Par contre, il s’agit d’un exercice extrêmement important, donc il vaudrait mieux qu’il soit approuvé par la loi.
En outre, lorsqu’ils ont été interrogés, ils ont proposé d’échanger un dollar américain (1$) à 1 700 FBu, d’autres étaient disposés à aller jusqu’à 1 710 FBu, 1 730 FBu. Pour ce qui est de la devise européenne, un euro (1€) correspondrait à 1 800 FBu, 1 820 FBu ou 1 830 FBu.
Par la suite, l’enquête s’est poursuivie auprès des institutions plus réglementées et il en est ressorti que les prix proposés par ces clandestins ne seraient pas différents de ceux que proposent les services compétents. Alors, une interrogation s’impose: quel intérêt auraient les gens à échanger leurs monnaies au marché noir, à moins qu’il ne s’agisse des biens volés à une autre personne, car,ainsi,chez les clandestins,il ne serait pas nécessaire de s’identifier.
Etrangement, un forex retiré du marché, protégé par un service de sécurité et bien situé, propose une remise extraordinaire s’agissant de l’échange des dollars et des euros : 1$ = 2 500 FBu et 1€ = 2 800FBu.


Grace Marie Inamahoro (stagiaire)

 

 

ASSEMBLEE NATIONALE> Etude du projet relatif au financement du projet hydroélectrique de Jiji et Murembwe

Le projet a été adopté à l’unanimité

000a1L’Assemblée national a étudié le projet de loi portant ratification par la république du Burundi du contrat de financement N° FI 83853 pour un montant de Euro 70 000 000 entre la république du Burundi et la Banque européenne d’investissement relatif au financement du projet hydroélectrique de Jiji et Murembwe (PHJIMU) signé à Luxembourg le 11 décembre 2014. Le projet de loi a été adopté à l’unanimité.

Le ministre de l’Energie et des mines, Côme Manirakiza dans l’exposé des motifs pour le Projet de ratification du contrat de financement et de l’accord de projet relatif au projet hydroélectrique de Jiji et Murembwe, a souligné que le gouvernement du Burundi a formulé des requêtes de financement en vue de mobiliser des ressources financières pour la construction de ces deux aménagements qui, à terme, pourront contribuer significativement à résoudre le problème de déficit énergétique que connaît actuellement le Burundi. « C’est ainsi que la Banque européenne d’investissement, BEI a consenti au gouvernement du Burundi un prêt d’un montant de Euro 70.000.000. La BEI procédera au versement du crédit en dix tranches maximum. Le montant de chaque tranche s’il ne constitue par le solde non versé du crédit, sera d’un montant minimum équivalent à Euro 5 millions et d’un montant maximum de Euro 20 millions.», a-t-il expliqué.

Les partenaires ont commencé à décaisser les fonds directement ou indirectement
Le ministre Manirakiza a précisé que le coût du projet PHJIMU est d’un montant de USD 270,40 millions et est cofinancé par différents bailleurs à savoir la Banque mondiale, la BEI, la Banque africaine de développement, le gouvernement du Burundi et la Regideso. Il a souligné que le projet comporte trois composantes et que la BEI ne finance que les sous-composantes. Concernant l’état d’avancement des travaux du projet PHJIMU, le ministre de l’Energie et mines a fait savoir que, pour le marché de construction des deux aménagements hydroélectriques, les offres des entreprises pré-qualifiées sont attendues le 10 avril 2017 et que la durée des travaux sera de quatre ans. Les deux autres marchés portant sur la construction des postes et lignes vont démarrer plus tard car, ils ont une durée d’exécution de dix-huit mois, a-t-il souligné.
Les parlementaires ont voulu savoir si le gouvernement du Burundi a prévu une voix de secours si les différents bailleurs se désistaient. Le ministre a répondu que cette éventualité ne semble pas être envisagée puisque les partenaires techniques et financiers ont commencé à décaisser les fonds directement ou indirectement.

Le barrage sera bénéfique pour tout le réseau interconnecté
Quels gains la réalisation de ce projet apportera au Burundi, quels sont les provinces qui seront alimentées par le courant en provenance de ce barrage, etc. sont quelques unes des questions posées par les parlementaires. Le ministre a expliqué que, le système utilisé dans la distribution d’électricité est un réseau interconnecté qu’ainsi le barrage sera bénéfique pour tout le réseau mais que les villages environnants du barrage seront le premiers bénéficiaires. Quant aux gains, il a rappelé que l’électricité est l’une des bases du développement. Il a souligné que la Regideso commencera à rembourser le crédit après quatre ans de fonctionnement du barrage. Il a expliqué que la Regideso sera redynamiser et qu’on est en train d’étudier comment vendre l’électricité à sa juste valeur.
Le projet de loi a été adopté à l’unanimité à 106 voix dont 13 procurations.
GRÂCE-DIVINE GAHIMBARE

 

GESTION DU RISQUE DANS LA MICROFINANCE> Interview de la directrice générale de «Dukuze Microfinance»

« Il n’y a pas de mauvais payeurs, il y a de mauvais prêteurs »

Toute institution de microfinance désireuse de mener efficacement la conduite de ses activités se doit de mettre en place un dispositif de gestion des risques propre à réduire la défaillance de ses clients dans le remboursement de leurs crédits, a dit la directrice générale de « Dukuze Microfinance», Nadia Kamikazi, dans une interview qu’elle a bien voulu accorder au quotidien « Le Renouveau du Burundi ». Elle a précisé qu’à cet effet, l’institution prêteuse doit bien faire l’étude du dossier de crédit ainsi que le suivi du remboursement. Interview.

Le Renouveau (L.R.) : Que diriez-vous de l’assertion selon laquelle distribuer le crédit revient à gérer le risque ?

Nadia Kamikazi (N.K.) : La prise de risque est au cœur de l’activité de prêt de toute institution de microfinance. Celle-ci ne doit cependant pas chercher à supprimer l’ensemble des risques auxquels elle fait face, elle doit plutôt mettre en œuvre un processus vertueux de gestion du risque. Ce processus repose sur trois aspects, à savoir, l’identification des risques auxquels l’institution est amenée à faire face dans la conduite de ses activités ; la conception et la mise en œuvre de systèmes de contrôle adaptés et efficaces et le suivi permanent du degré d’efficacité des systèmes de contrôle mis en place et leur amélioration continue.
Pour le cas de « Dukuze Microfinance», on a un manuel de gestion et de contrôle interne qui nous permet de faire un suivi permanent et régulier. Afin de protéger son patrimoine, de garantir un niveau élevé de la qualité de son portefeuille de crédit et d’assurer une gestion adéquate des fonds qui lui sont confiés, «Dukuze Microfinance» a adopté un dispositif de gestion des risques qui repose sur la mise en place d’un système de contrôle interne fonctionnel et l’engagement d’une politique de transparence pour faciliter la surveillance de ses activités.

L.R. : La mission d’inclusion financière des personnes à faibles revenus est-elle vraiment compatible avec le souci d’efficience de la gestion du risque ?

N.K. : Pour mieux répondre à votre question, il sied de rappeler la définition de la microfinance. Celle-ci désigne les dispositifs permettant d’offrir de très petits crédits (microcrédits) à des familles très pauvres pour les aider à conduire des activités productrices (ou génératrices) de revenus, leur permettant ainsi de développer leurs petites entreprises. Dans ce sens, la microfinance ne se limite plus aujourd’hui à l’octroi de microcrédits aux pauvres, mais bien à l’offre d’un ensemble de produits financiers à tous ceux qui sont exclus du système financier formel. Ainsi, la microfinance développe des relations de partenariat capables d’assurer la pérennité des résultats obtenus par le microcrédit.
Je répondrais donc à votre question par l’affirmative dans la mesure où, pour le cas spécifique de « Dukuze Microfinance », on donne aux personnes à faibles revenus des crédits de groupe avec comme garantie la caution solidaire. Pour réduire le risque de défaillance de ses clients dans le remboursement de ces crédits de groupe, « Dukuze Microfinance » a mis en place un certain nombre de dispositions dans la conception du crédit de groupe, le choix de ses bénéficiaires, le processus d’octroi et la gestion de la défaillance. Entre autres outils de limitation des risques du crédit de groupe mis en place par «Dukuze Microfinance», il y a l’exigence pour les clients de la caution solidaire, celle d’avoir au préalable une activité génératrice de revenus ainsi qu’une expérience d’au moins 6 mois dans cette activité, la limitation du montant de crédit par cycles, un suivi rigoureux du remboursement du crédit, une politique de formation rigoureuse des clients bénéficiaires des crédits doublée d’une application de mesures réactives dans le recouvrement des crédits en retard, et enfin une analyse approfondie et stricte des demandes de crédit.

L.R. : Auriez-vous décelé une relation de causalité entre l’appartenance d’un client à la catégorie des personnes à faibles revenus et son insolvabilité ?

N.K. : Comme on le dit, il n’y a pas de mauvais payeurs, il y a de mauvais prêteurs. Le non remboursement d’un crédit ou le risque de crédit se réalise lorsque la procédure d’octroi de crédit (critères d’éligibilité, étude des dossiers de demande de crédit, chaîne d’approbation, etc.) n’est pas scrupuleusement respectée et lorsque les actions de suivi et de recouvrement ne sont pas correctement menées (faible compétence du personnel technique en charge de la gestion du portefeuille, supervision inefficace des activités au niveau des agences, collusion entre les agents de crédit et les responsables membres des groupes, etc.).
Ce n’est donc pas parce que le client est pauvre qu’il ne rembourse pas le crédit, le tort revient plutôt à l’institution prêteuse qui a fait mal l’étude du dossier de demande de crédit et le suivi du remboursement.

Propos recueillis par
Eric Mbazumutima

 

REGIDESO> A propos des coupures d’électricité

Les habitants de Kibenga se plaignent

000001Une famille de ce quartier y a récemment emménagé. Et, depuis, elle se plaint des coupures intempestives d’électricité. Après interrogation auprès d’autres habitants, il a été constaté que les coupures ne dataient pas d’hier, par contre, celles-ci sont de plus en plus répétitives. Aujourd’hui, les habitants de ce quartier se considèrent comme condamnés à vivre sans électricité, car il n’y a pas vraiment de solution immédiate que proposerait la Regideso.

« Nous n’avons pas d’électricité chez nous, c’est à peine si, en semaine, il est possible de repasser nos vêtements le matin ou bien même regarder les informations à la télévision », affirme une habitante. Cette situation est très difficile pour ces habitants qui se demandent s’il faudrait déménager pour un quartier subissant moins de coupures électrique. Mais, il faudrait prendre en compte plusieurs paramètres, notamment, la sécurité, l’emplacement, l’espace, le voisinage… Quoi qu’il en soit, Kibenga fait partie des quartiers où il fait bon vivre, mais ces coupures empêchent le bon épanouissement des habitants. A cet effet, I. I. s’exclame : «Cela ne peut plus continuer ainsi, tous nos appareils électroniques ont été endommagés, principalement le frigo qui en est à sa troisième réparation !». Il fut une époque au cours de laquelle les habitants de Kibenga se plaignaient déjà de cette situation, mais à présent, elle a pris de l’ampleur et ils se retrouvent à regretter cette époque. En effet, il n’est plus question de simples coupures aujourd’hui, mais d’un délestage qui affecte la population de Bujumbura, et surtout sans avertissement

La Régideso s’exprime
Les propos émis par les responsables de la communication au sein de la Regideso ne sont pas encourageants, car la situation vécue par les habitants de Kibenga ne dépend pas entièrement de l’entreprise. Or, il est nécessaire de rassurer tout le monde. Il n’y a pas de répartition injuste de l’électricité dans la capitale, il semblerait que c’est ce que les populations s’imaginent. En l’occurrence, il faudrait se plaindre auprès de mère nature, car il suffirait qu’il pleuve suffisamment pour que l’eau du barrage soit à un bon niveau, ce qui permettrait d’alimenter toutes les maisons en électricité. D’ailleurs, le personnel de service rencontre les mêmes difficultés. Donc, c’est en connaissance de cause qu’ils suggèrent aux populations de Bujumbura de prendre leur mal en patience.

Grace-Marie INAMAHORO
(Stagiaire)

 
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