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Economie, Sciences, Education/formation

ENTRETIEN AVEC UN CORDONNIER> L’impact du délestage électrique sur son métier

Il diminue le revenu quotidien

 

DSC 1007Le délestage électrique a un impact sur le métier du cordonnier Jean Claude Nzokirantevye. Il diminue son avoir quotidien et gagne un revenu de 7000 FBu par jour lorsqu’il y a l’électricité et 5 000 FBu quand il utilise l’énergie photovoltaïque.

 

La rédaction du journal Le Renouveau s’est entretenue le mercredi 5 avril 2017 avec le cordonnier Jean Claude Nzokirantevye sur l’impact du délestage électrique sur son métier. Il gagne un revenu de 7 000 FBu par jour lorsqu’il y a l’électricité et 5 000 FBu quand il utilise l’énergie photovoltaïque. Cela aggrave sa situation économique qui va de mal en pis ces derniers temps avec l’effritement de son pouvoir d’achat.
Jean Claude Nzokirantevye habite le quartier Gahahe de la zone Rubirizi en commune Mutimbuzi de la province de Bujumbura et s’installe pour son métier à la 6e avenue du quartier Songa de la zone Kamenge en commune urbaine de Ntahangwa. Il est marié et a cinq enfants ; il vit du métier de cordonnerie et sa femme s’occupe surtout des travaux champêtres sur des terres louées et, quelques fois, si les opportunités se présentent, elle preste comme aide-maçon pour avoir un revenu supplémentaire afin d’épauler son mari.
« A chaque fois que je répare une paire de chaussures qui nécessite le ponçage de la semelle, celui-ci me coûte 1 000 FBu lorsqu’il y a l’électricité. Quand la chance me sourit et que je reçois deux clients de ce genre, je peux rester avec 7 000 FBu après avoir prélevé les coûts intermédiaires. Dans ce montant est inclus le coût de la réparation des babouches et d’autres chaussures en partie qui viennent au compte-gouttes. Au cas contraire, je gagne 5 000 FBu lorsqu’intervient l’énergie photovoltaïque et que je dépense 2 000 FBu pour le ponçage des semelles, a indiqué M Nzokirantevye.
Il a ajouté que, non seulement le délestage électrique le ruine, mais également certains clients qui font réparer leurs chaussures passent des mois et des mois sans payer avec le risque de perte de ces souliers. Ainsi, a-t-il dit, ça me cause des ennuis quand je rembourse un bien que je n’ai pas consommé ou vendu, mais plutôt perdu.
Ezéchiel Misigaro

 

EDUCATION> Si la réforme scolaire de 1973 m’était contée

La petite histoire d’une grande école burundaise

 

L’introduction du système scolaire au Burundi par les missionnaires est venue à point nommé et a révolutionné certaines mentalités des Barundi. Toutefois, la réalité reflétait les idées et la pensée de l’homme blanc quelquefois en déphasage avec la réalité et la culture burundaise. Ce qui a fait que, à un certain moment, les leaders burundais ont été amenés à penser une école à l’image du peuple Rundi. Cette initiative a conduit à la réforme scolaire de 1973. Le système porte le nom de « Kirundisation » et la ruralisation de l’école moderne. Ce modèle n’a pas connu assez de succès car il contenait quelques lacunes.

 

Avec la colonisation, notre pays est entré dans une nouvelle aire de la communication. Le Burundi a alors connu la communication à distance, en l’occurrence par écrit. La communication est entrée à la fois par l’ouïe et la vue. La lecture et l’écriture ont ouvert aux citoyens burundais d’autres horizons. Pour leur apprentissage, il a fallu un milieu bien propice : l’école. Au fil des années, les écoles se sont implantées à travers tout le pays. Des programmes d’enseignement ont été élaborés. Présentement, le nombre d’écoles tant primaires que secondaires a beaucoup augmenté, de même du côté de l’enseignement pré-scolaire. Avec le système d’enseignement actuel, il est question d’écoles fondamentales.
En ce qui concerne l’enseignement supérieur, le secteur a gagné du terrain, allant même jusqu’à supplanter le secteur public.
Pour le primaire et le secondaire, le secteur privé est également présent, surtout dans la capitale, Bujumbura. La multiplication des écoles est une bonne chose d’autant plus que le nombre d’enfants à scolariser ne cesse d’augmenter et l’instruction étant par ailleurs un droit pour tout citoyen. Nous devons éduquer notre société si nous ne voulons pas périr. L’historien et professeur Joseph Ki-Zerbo n’y allait pas par quatre chemins dans son livre qui se passe de tout commentaire : « Eduquer ou périr ».
Quand on parle de l’enseignement primaire au Burundi, on ne peut s’empêcher de parler de la réforme. Nous pensons d’abord à la grande réforme scolaire de 1973. Si nous essayons de jeter un regard en arrière, nous pouvons dire que l’école est née de l’action missionnaire entreprise à partir de 1887 et que l’effort était essentiellement axé sur l’enseignement primaire. A partir de 1948, avec la deuxième convention entre le gouvernement de tutelle belge et l’Eglise catholique, il fut décidé la multiplication d’écoles post-primaires ne donnant pas accès aux niveaux supérieurs. Mais jusqu’en 1965, à part quelques écoles officielles, tout le système éducatif était sous le contrôle de l’Eglise catholique. Cependant, des idées d’une école à la burundaise commençaient à germer dans l’esprit des hommes politiques de l’époque.

Adapter l’école aux réalités nationales

L’éducation véritablement nationale fut réellement créée en 1967 lorsqu’on a rassemblé dans l’enseignement public les écoles officielles et les écoles agréées. Le programme pour l’enseignement primaire datait de 1961 et témoignait d’un véritable souci d’adaptation aux réalités nationales: la connaissance du caractère rural du Burundi, et la nécessité d’adapter l’enseignement aux besoins du pays ; l’intérêt des travaux pratiques et la préparation des meilleurs élèves à l’enseignement secondaire.
Les objectifs du programme de 1961 n’ont pas été atteints pour plusieurs raisons. D’une part, les enseignements n’étaient pas bien préparés et les moyens pour les travaux pratiques ne furent jamais rassemblés ; d’autre part, la préparation à l’enseignement secondaire apparut comme l’objectif prioritaire, si bien qu’il s’installa une réelle dichotomie entre les classes dites sélectionnées dont les élèves étaient destinés à poursuivre les études secondaires et celles baptisées ordinaires dont les élèves dépassaient rarement le cap de la sixième année primaire. Le système connaissait des inadaptations qui se caractérisaient par un rendement médiocre.

Remplacer l’école coloniale

Conscient de ces problèmes et soucieux de remplacer l’école coloniale par une école nationale plus adaptée aux besoins du pays , le Burundi, avec l’appui de l’Unesco et de l’Unicef entreprit d’élaborer un projet de plan d’opération pour l’amélioration de l’enseignement primaire qui aboutit à la réforme de 1973. Les principales options de cette réforme étaient la Kirundisation et la ruralisation avec comme toile de fond, l’adaptation des programmes aux réalités nationales en vue d’une meilleure intégration de l’enfant dans son milieu. Officiellement, c’est cette réforme qui guide aujourd’hui le système de l’enseignement primaire burundais bien qu’il ait connu, de temps à autre, des modifications importantes.

Quid de la ruralisation scolaire ?

Avec la réforme de 1973, la ruralisation visait la préparation de l’élève à la vie active et à la gestion de son milieu par l’introduction dans le programme de l’enseignement primaire des branches aussi théoriques que pratiques adaptées aux réalités du Burundi ainsi que l’intégration de l’école dans son environnement par des interactions multiformes. A travers la ruralisation, l’école nouvelle devait aider chacun à se réaliser en tant qu’être humain et lui permettre d’acquérir, en plus d’un minimum de bien-être matériel, le sens de l’observation critique, la notion de ses responsabilités et les moyens d’être le moteur du développement. Non seulement les élèves devaient s’initier aux méthodes modernes de production, mais encore l’école devait créer chez eux des attitudes positives envers l’hygiène corporelle et l’environnement, un préalable pour jouir d’une bonne santé. On comprend donc que la ruralisation répondait à la fois à l’idée d’adapter les programmes aux réalités nationales et à celles d’organiser une éducation et une formation qui puissent être utiles à la majorité des élèves qui, après leur enseignement primaire, devaient retourner chez eux pour des raisons diverses. De cela, il ressort que l’enseignement primaire avait pour finalité principale la formation économique, sociale et culturelle de tous les élèves et de l’ensemble du monde rural. La seconde finalité était la préparation des meilleurs élèves à l’enseignement secondaire. Par la « kirundisation », il faut comprendre que l’utilisation du Kirundi comme langue d’enseignement devrait permettre la récupération et la redynamisation de la culture traditionnelle, d’une part, être un outil de dialogue entre l’école et son environnement, d’autre part. Par ailleurs, la facilitation de la compréhension des messages pédagogiques devait conduire à l’amélioration de la qualité de l’enseignement et, par là, à la limitation de la déperdition scolaire. Dans ce cadre, la langue française perdait son statut de langue d’enseignement pour devenir une langue enseignée.

L’échec de la réforme de 1973

La réforme de 1973 était une réforme ambitieuse, difficile à réaliser. D’où son échec. Parmi les raisons de l’échec, il y a l’erreur de la conception et de la stratégie et l’introduction de la double vacation. Le caractère ambitieux de la réforme impliquait des moyens que le pays n’avait pas. L’exemple le plus frappant est celui des travaux pratiques agricoles et d’économie familiale où les intrants étaient demandés aux parents alors qu’eux-mêmes n’en avaient pas assez. Par ailleurs, cette innovation ne pouvait réussir sans l’implication de tous les acteurs du développement et de l’action éducative. Or, ni les enseignants, ni les parents, ni les responsables des travaux ruraux n’ont été associés à sa conception. Les parents nantis ont, bien plus, commencé à envoyer progressivement leurs enfants dans les écoles privées où la langue française est une langue d’enseignement et non une langue enseignée. Ils justifiaient cette attitude par le fait que le Kirundi est une langue nationale qui ne se parle nulle part ailleurs, d’où l’on ne doit pas lui donner une grande importance par rapport aux langues étrangères qui permettent l’ouverture au monde extérieur. C’est probablement pour cette raison que la langue française a été ramenée à sa place. Il faut également noter que dans certaines écoles, depuis la quatrième année, on donnait des problèmes en Kirundi, mais les solutions se faisaient dans la langue française. Ceci montre clairement que les enseignants appliquaient ce programme malgré eux. Ils savaient que ce sont les élèves qui maîtrisaient mieux la langue française qui avaient plus de chances pour réussir au concours national. Or, depuis longtemps, on considère l’école qui obtient beaucoup de candidats à envoyer en septième année comme l’école la mieux encadrée.

Disparité entre l’école urbaine et l’école rurale

Autre raison de l’échec de la réforme de 1973 : la double vacation. Cette dernière a notamment amené l’enseignant à travailler 39 heures par semaine, tout en étant obligé de préparer ses leçons et de corriger les devoirs en dehors des heures de service. Or, la plupart de ces enseignants n’avaient pas d’électricité à la maison et devaient parcourir de longues distances entre l’école et leurs domiciles. Ce fait a été aggravé par l’inexistence de la suppléance dans la majorité des classes surtout dans le monde rural, les enseignants étant concentrés dans les centres urbains. Cette situation a négativement influencé la préparation systématique des leçons et a constitué une limite à la lecture mentale d’une leçon préconisée par le département de l’enseignement de l’école primaire. En plus, les enseignants ne donnaient pas de devoirs à domicile aux élèves, ne disposant pas de temps pour les corriger. Seuls, les enseignants de troisième degré soucieux de préparer leurs élèves à passer le concours national, pratiquaient cet exercice. Les écoles en milieux urbains et semi-urbains échappaient à cette situation, car chaque classe disposait d’un maître suppléant, certaines écoles ayant même jusqu’à plus de deux suppléants par classe. Ce contraste au niveau des conditions de travail des enseignants en milieu rural et ceux en milieu urbain a expliqué en grande partie les fréquentes disparités au niveau des réussites au concours national.

Se mobiliser pour une scolarisation de qualité

De l’avis de beaucoup d’observateurs et même de bon de nombre d’acteurs du système éducatif burundais, la qualité de l’enseignement a fortement diminué ces dernières années. Plusieurs raisons en sont à la base dont, notamment, la surpopulation des classes, l’insuffisance des manuels scolaires, le recours à des enseignants non qualifiés et la désaffectation de la carrière enseignante publique. Tous ces problèmes et beaucoup d’autres, exigent, pour être résolus, une mobilisation sans précédent de tous les partenaires de l’éducation, sachant que le premier des droits après le droit à la vie, bien sûr, c’est le droit à l’éduction, à un enseignement de qualité.
Le pays ayant encore un chemin à faire pour relever ces défis, tout le monde doit y réfléchir pour enlever toutes ces barrières qui freinent le projet et faire bénéficier à tous les enfants une scolarisation de qualité. Le nécessaire apport de tous s’impose car c’est de l’œuvre de l’éducation que dépend l’avenir de la société burundaise. Il s’agit d’une œuvre collective à laquelle personne ne devrait se soustraire.

Robert Gilbert Sayumwe
Département de la Docummentation

 

 

ENTRETIEN> Avec un commerçant du marché de Kamenge

Les clients viennent au compte-gouttes

 

IMG 114842La situation économique des familles qui se détériore chaque jour affecte les activités des commerçants du marché de Kamenge qui, ces derniers temps ne gagnent que pour le loyer des stands. Leurs clients ne viennent qu’au compte-gouttes.

 

« La situation financière des familles se détériore continuellement, et notre métier de commerçants en souffre énormément ». Tels sont les propos de Ndayikengurukiye Jérémie, un commerçant de chaussures pour dames au marché de Kamenge, dans un entretien qu’il a récemment accordé à la rédaction du Quotidien burundais d’informations Le Renouveau.
Pour Ndayikengurukiye, la situation a commencé à devenir difficile en janvier de cette année. Les prix de leurs produits ont commencé à monter et continuent même aujourd’hui. Il semble que la population, elle, ne s’en rende pas compte. « Au mois de janvier, nous avons commencé à observer la diminution sensible de clients. Nous croyions que c’était à cause de la seconde saison culturale et de la rentrée scolaire du deuxième trimestre et nous avions espoir qu’avec le mois de mai la situation allait changer. Mais aujourd’hui nous observons toujours la même chose. Et d’ailleurs la situation s’empire davantage ces derniers temps car, on peut passer toute la journée sans vendre un article. Nous travaillons aujourd’hui pour le loyer des stands seulement. Nous ne pouvons pas réaliser les bénéfices que nous enregistrions en janvier parce que les clients eux, semblent ne pas constater et comprendre les moments que nous vivons. Ils veulent toujours avoir nos articles au même prix de janvier alors qu’aujourd’hui ils sont devenus chers. Nous nous approvisionnons à un prix élevé et les taxes aussi sont élevées», souligne M. Ndayikengurukiye.
Comme à côté d’être commerçant il doit lui aussi vivre comme les autres, Ndayikengurukiye comprend pourquoi beaucoup de gens privilégient actuellement la ration. « Pour moi qui vend les chaussures et mes amis qui vendent les habits, les seuls clients que nous avons sont ceux qui ont des fêtes de mariage, les soutenances de mémoire ou d’autres festivités, qui ne peuvent pas se passer de ces dépenses. Sinon les autres favorisent ce qu’ils puissent mettre sous la dent », a-t-il ajouté.
Selon toujours Jérémie Ndayikengurukiye, le retour des marchés sous le contrôle de la mairie lui fait espérer qu’il y aura des améliorations palpables.

Jean Bosco Nkunzimana
(Stagiaire)

 

ECONOMIE> Entretien avec les vendeurs de cannes à sucre

Ils gagnent plus les week-ends

 

Les vendeurs de cannes à sucre sont quelques fois ambulants. Les week-ends, ces derniers sont beaucoup observés au bord des routes ainsi que dans certains milieux où se rencontrent ceux qui font du sport. Ils disent qu’ils profitent du passage des sportifs.

 

Pendant les jours ouvrables, on observe des mouvements de vendeurs de cannes à sucre dans différents quartiers. Ces cannes à sucre sont coupées en petits morceaux d’au moins 50cm et sont mises dans les sceaux ou paniers pour faciliter le transport sur la tête. Des femmes et filles sont beaucoup remarquées dans ce genre de commerce. Ces dernières ont signalé au quotidien d’informations Le Renouveau que ce commerce des cannes à sucre est autorisé à n’importe qui. Même si ce travail est beaucoup pratiqué par le genre féminin, les vendeuses disent que c’est un travail fatiguant qui demandent de la force. «Passer des heures et des heures en train de circuler dans les quartiers avec un sceau de morceaux de cannes à sucre sur la tête n’est pas une chose facile. Des fois, on tombe malade à cause de la fatigue », dit une femme vendeuse de cannes à sucre.
Concernant les clients, ces dernières précisent que leurs marchandises sont préférées par beaucoup de personnes ; il suffit tout simplement de prendre le courage de circuler dans les quartiers. «Par exemple, moi j’ai mes propres clients, avant d’aller ailleurs, je passe chez eux pour qu’ils choisissent les premiers », ajoute une vendeuse. Les week-ends sont pour ces dernières très bénéfiques ; les clients deviennent nombreux à cause des sportifs. Elles vendent trois fois plus que les autres jours. Les sportifs voulant la récupération en sucre achètent des cannes à sucre. «Nous essayons de détailler, donc faire de petits morceaux pour que même celui qui n’a que 200 FBu puisse en avoir un», dit une vendeuse.
Le constat du quotidien d’informations Le Renouveau est que pendant les week-ends, la circulation de ces vendeuses de cannes à sucre ne s’observe pas dans les quartiers. On les retrouve sur les bords des différentes routes ou près des milieux destinés au sport.

Eric Sabumukama (Stagiaire)

 
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