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Economie, Sciences, Education/formation

COMMERCE> Gestion des exonérations

La concurrence des services gestionnaires est réelle

 

La concurrence des services gestionnaires des exonérations est réelle. Il suffit de se référer à l’étude réalisée en janvier 2013 sur la justice économique et fiscale au Burundi pour s’en rendre compte. Cette étude a été commanditée par ActionAid Burundi. On remarque une concurrence entre l’Api et l’OBR qui ne s’entendent pas sur les quantités liées aux projets, l’Api se plaint que l’OBR s’immisce dans ses activités, que la décision d’éligibilité relève exclusivement de sa compétence. L’OBR, pour sa part, constate que l’Api délivre des certificats à certains projets dont le caractère prioritaire est très discutable. On observe aussi la concurrence entre les services douaniers qui accordent les autorisations d’enlèvement des marchandises et la commission chargée des exonérations.

 

Il y a souvent la concurrence entre des services publics dans la gestion des exonérations, en particulier l’Agence pour la promotion des investissements (Api), l’Office burundais des recettes (OBR) et le ministère des finances. Cette concurrence est néfaste. La gestion des dossiers des investisseurs soulève parfois des problèmes liés soit à l’éligibilité même des projets, aux quantités des biens à exonérer, soit à la rétroactivité des certificats d’éligibilité.
En ce qui concerne l’exonération des droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), il se pose trois questions essentielles à savoir l’éligibilité des projets aux avantages du code des investissements, les quantités des biens à exonérer et la rétroactivité des certificats Api.
En effet, on remarque une concurrence entre l’Api et l’OBR qui ne s’entendent pas sur les quantités liées aux projets. L’OBR voudrait que l’on ramène la notion de « projet prioritaire » et conteste la légitimité et la légalité des avantages accordés par l’Api.
Cette dernière se plaint que l’OBR s’immisce dans ses activités, que la décision d’éligibilité relève exclusivement de la compétence de l’Api. Mais l’OBR constate que l’API délivre des certificats à certains projets dont la caractère prioritaire est très discutable.
D’autres concurrences des services se font remarquer entre des services internes de l’OBR. Il s’agit par exemple de la concurrence entre les services douaniers qui accordent les autorisations d’enlèvement des marchandises et dont les régularisations sont incontrôlées et la commission chargée des exonérations.
Normalement toutes les procédures dérogatoires devraient être gérées par un même service.
Masta Shabani

 

MINISTERE DES FINANCES> Evaluation conjointe de l’aide budgétaire au Burundi sur la période 2005-2013

Permettre aux différents acteurs de réagir sur ses conclusions

 

Le ministère des Finances et de la planification du développement économique (MFPDE) a organisé, le jeudi 26 février 2015, un séminaire de restitution de l’évaluation conjointe de l’aide budgétaire sur la période 2005-2013. Le but de cet événement est de donner l’occasion aux différents acteurs dans les appuis budgétaires c.-à-d. les cadres du gouvernement du Burundi, les représentants parlementaires, les représentants des bailleurs de fonds opérant dans le pays et les représentants de la société civile intéressés, de réagir aux leçons, conclusions et recommandations de l’évaluation. Les activités se sont déroulées en présence du porte-parole adjoint de du MFPDE, Christian Kwizera.

 

DSC 0174M. Kwizera a informé que le but de cet événement est de donner l’occasion aux différents acteurs dans les appuis budgétaires de réagir aux leçons, conclusions et recommandations de l’évaluation. Il a signifié que ces acteurs sont les cadres du gouvernement du Burundi, les représentants parlementaires, les représentants des bailleurs de fonds opérant dans le pays et les représentants de la société civile intéressés.
Pour M. Kwizera, les gouvernements du Burundi, de la France, de la Belgique, et de la Commission européenne ont décidé, début 2014, de joindre les efforts pour évaluer ensemble les résultats de l’aide budgétaire accordée au Burundi entre 2005 et 2013. Il a affirmé que l’évaluation a apprécié dans quelles mesures les aides budgétaires dont le Burundi a bénéficié au cours de cette période, ont donné au gouvernement burundais les moyens de mettre en œuvre ses stratégies et ont permis d’atteindre des résultats et des impacts durables. Il a rappelé que l’évaluation a été conduite par une équipe d’évaluateurs indépendants en suivant l’approche méthodologique développée par le Comité d’aide au développement (Cad) de l’OCDE.
Selon Jérôme Poussielgue, ministre conseiller et chef de la section Economie et gouvernance au sein de la délégation de l’Union européenne au Burundi, l’appui budgétaire est, comme le développement d’un pays, un processus complexe et itératif qui va nécessairement s’adapter aux particularités de chaque pays. Pour lui, l’adéquation de cet instrument aux réalités burundaises est un défi que tout un chacun a relevé mais pour lequel on doit encore persévérer.
EZECHIEL MISIGARO

 

Marché de Cotebu> L’affluence des clients

Elle est encore très faible

 

Ouvert officiellement le jeudi 19 février 2015 par le Deuxième vice-président de la République, le marché de Cotebu n’est pas encore fréquenté. La majorité des commerçants qui ont eu des stands audit marché sont absents. Ce qui est une conséquence directe d’un manque criant de clients déclarent les rares commerçants rencontrés sur place.

 

DSC01579Une semaine après son ouverture, le marché de Cotebu n’est pas encore très fréquenté. Dans tous les quartiers, les stands sont presque vides. Toutes les voies séparant les quartiers sont libres. Une grande absence de commerçants ainsi que des clients s’observe. Tout le long d’un quartier, on n’y trouve qu’un ou deux vendeurs seulement.
Lors de notre passage sur les lieux vers 9 heures, dans le quartier réservé aux charcuteries, seuls deux vendeurs de viandes étaient présents. L’un d’eux a fait savoir qu’il est là depuis l‘ouverture officielle. « Je reçois en moyenne 5 à 6 clients par jour », a-t-il raconté. Comme il ne peut pas vendre de grandes quantités, il est obligé de ramener le reste au Glocery store où il y a des chambres froides, a-t-il ajouté. C’est le même constat dans les stands des poissons. Ce quartier est presque vide. Seul un vendeur de poissons dit mukeke, s’y trouvait. D’après lui, tous les vendeurs de poissons et de ndagala se sont déjà convenus de regagner le marché de Cotebu. Vers la fin de la semaine, ils seront tous là, a-t-il affirmé.
Dans le quartier réservé aux vivres, des femmes assises par terre, étalent leurs produits en dehors des stands. A la question de savoir si elles n’ont pas eu la chance d’avoir des places à l’intérieur du marché, elles ont répondu que non. « Faute de clients, nous préférons les attendre dehors », ont-elles ajouté.

Des raisons expliquent ce vide

Des sources rencontrées sur place indiquent que certaines raisons expliquent l’absence de commerçants et de clients au nouveau marché de Cotebu. La plupart de ceux qui ont eu des places dans ce marché sont des victimes de l’incendie qui a ravagé le marché central. Donc, ils n’ont pas encore eu de capital. D’autres avaient déjà eu des places aux environs du marché et au centre-ville dans les différentes galeries. « Ils ont peur de venir ici, de peur de perdre leurs clients. »

Certains articles manquent encore

Faute de commerçants, certains articles manquent encore au marché de Cotebu . Les produits alimentaires notamment le haricot frais, les différentes sortes de légumes, ainsi que les ndagalas frais et secs sont absents sur les stands. Les produits cosmétiques, les articles divers, les habits et les chaussures y sont aussi en très faible quantité.
Pour faire face à l’absence de commerçants, des crédits devraient être accordés pour les relancer. Ceux qui ont des stands ailleurs et qui ont bénéficié de places au marché de Cotebu devraient honorer leur engagement ou la céder aux autres, suggèrent les commerçants rencontrés sur les lieux. De cette manière, les clients pourraient venir petit à petit.
Lyse Gahimbare.

 

Croissance économique> Son histoire au Burundi

De 1960 à 2013, une croissance au milieu d’instabilités sociales

 

Lors de la présentation du Rapport sur le développement humain rendu public le 20 février 2015 par le ministère des Finances et de la planification économique, le professeur à l’Université du Burundi, Léonidas Ndayizeye, a retracé l’histoire de l’économie burundaise, peu riche en innovation, de 1962 à 2013.

 

Au cours de son exposé d’une note de lecture du Rapport sur le développement humain au Burundi 2013, Léonidas Ndayizeye a indiqué que la période allant de 1960 à 2013 est subdivisée en trois sous- périodes. La première va de 1960 à 1992 et est caractérisée par cinq plans quinquennaux de développement économique et social ainsi qu’une relative stabilité économique. La deuxième va de 1993 à 2003 afin de pouvoir isoler de l’analyse, les effets de la crise due aux événements de 1993 qui a fortement et négativement affecté l’économie burundaise en détruisant son appareil productif, ajoute-t-il. La troisième sous-période va de 2004-2013 et correspond aux années post-conflit, a poursuivi M. Ndayizeye. Il a fait savoir que la sous-période allant de 2004 à 2013 coïncide avec l’élaboration des CSLP I et II (Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté première et deuxième générations), ainsi que la Vision 2025 du Burundi.

Une croissance économique inférieure à 5%

Le professeur d’université, Léonidas Ndayizeye, a révélé que la croissance économique a été positive mais instable et volatile sur les première et troisième sous-périodes. Cette croissance, ajoute-t-il, est restée faible, toujours inférieure à 5%, appauvrissante et peu créatrice d’emplois. Son instabilité a eu des répercussions sur les autres grandeurs macroéconomiques, d’où le pays a connu tout le temps des déficits budgétaires chroniques, des taux élevés d’inflation dû entre autres à l’utilisation régulière de la planche à billet, déclare le professeur de sciences économiques.
M. Ndayizeye fait remarquer deux facteurs, à savoir d’une part un compte courant en déficit continuel et qui s’est encore creusé au cours des années récentes (2010, 2011 et 2012), et d’autre part, par une faible efficacité de l’aide publique au développement révélée par le fait que, malgré sa persistance, le niveau de la pauvreté a augmenté et le revenu monétaire est allé en diminuant.
Plusieurs raisons expliquent enfin cette faible performance de l’économie burundaise. Il s’agit notamment du déficit énergétique dont l’offre nationale est de 55,59 MW alors que les besoins sont estimés à 75 MW selon le ministre burundais de l’Energie et des mines et la faiblesse du secteur privé, pourtant porteur de croissance ailleurs.
Amédée HABIMANA

 

 
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