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Economie, Sciences, Education/formation

CLIMAT > Impact de la secheresse sur les plantes ornementales

La sécheresse rend difficile leur entretien

 

La pluie restera toujours importante pour la vie des plantes surtout pour les fleurs et le gazon. On a beau arroser, les arrosoirs ne peuvent pas parvenir à la clarté des fleurs. C’est pour cette raison que pendant la saison sèche, on voit les feuilles jaunir si elles ne tombent pas et cela sous l’effet du soleil. 

 

La saison sèche a un effet néfaste sur les plantes, particulièrement les fleurs et la pelouse. C’est ce que le quotidien « Le Renouveau » a récemment observé, sur certains endroits de la municipalité de Bujumbura. C’est le cas du Jardin public, de la Place de la Révolution, du Rond point Chanic ou encore le long du Boulevard du 1er novembre…En effet, pendant la saison sèche, les plantes perdent leur couleur verdâtre dans la mesure où les feuilles deviennent jaunâtres surtout sous l’effet du soleil ardent. Pire, il y a des plantes qui deviennent sèches et les feuilles ne cessent de tomber. Pour pallier à cette situation, les propriétaires des plantes comme les fleurs ou le gazon ne tardent pas à procéder à l’arrosage. Ils peuvent se servir des moyens rudimentaires comme les arrosoirs artisanaux. Les gens nantis arrosent avec des moyens modernes en utilisant de petits appareils qui répandent  l’eau sur toute la surface ciblée. A cet effet, les espaces deviennent humides. L’opération s’effectue le matin et le soir, ce qui est une tâche fastidieuse. S’il est vrai que les propriétaires des plantes tiennent à leur protection, il n’en demeure pas moins vrai qu’ils investissent beaucoup de moyens. Il faut penser ici à la quantité importante d’eau utilisée pour arroser sans oublier les frais y afférents. Au fait, toute action de lutte contre la sécheresse est menée en termes monétaires, ce qui rend chère cette denrée ornementale eu égard aux dépenses engagées.D’après le fleuriste Paul Bukuru, la culture des fleurs n’est plus aisée d’autant plus qu’il ne pleut plus. Il est obligé d’user de la souplesse pour parvenir à cueillir les fleurs dans son jardin. Quant au fleuriste Anatole Ndikumana, il souhaite que la saison des pluies arrive le plus tôt possible. Pour lui, la qualité des fleurs de la saison sèche n’attire pas tellement les clients, étant donné qu’à peine cueillies, elles se fanent déjà. Comme on le voit, vous chassez le naturel revient au galop! 
Masta Shabani

 

Scolarisation> Les défis linguistiques

Les parents devraient aider les enfants à vite s’adapter

 

DSC03041Les enfants qui font leurs études dans des écoles utilisant les langues autres que leur langue maternelle font face à des défis linguistiques. La plupart des parents ne parlent que la langue maternelle. D’autres ont fait des études mais pas en langues. Ils ne sont donc pas capables d’aider leurs enfants en rapport avec leurs études. Des questions se posent. Que faut-il pour aider l’enfant à ne pas perdre son niveau d’étude et l’aider à avancer ? Faut-il se faire aider par un tiers dans des cours du soir ? Ou faut-il s’adapter en apprenant la langue afin d’être en mesure d’aider personnellement son enfant ? Un entretien avec une mère, Stella Ninzigamire, ayant des enfants à l’école Discovery School , nous aide à répondre à ces interrogations. 

 

« Depuis leur maternelle, mes enfants sont à une école à programme anglais. Le premier sera prochainement en 5e année, l’autre en 3e année, à l’école Discovery School », dit Mme Ninzigamire. Pour elle, cela était une occasion d’apprendre à son tour. Elle a fait l’université après des études en lettres modernes mais l’anglais n’était pas ses priorités. Au début, cela n’était pas facile, il fallait qu’elle fasse des erreurs et se fasse corriger par ses enfants. «C’est un peu décourageant quand un enfant te corrige en te disant maman on ne prononce pas ce mot comme cela ». Il a fallu un temps pour qu’elle puisse s’adapter. C’était un  travail de se remémorer les matières apprises en classe. L’enfant avance en classe, en même temps la mère avance en apprentissage de la langue. Aujourd’hui, avec la fillette qui est en 4e année, elle peut essayer de s’exprimer avec elle sans problème. L’enfant devient ainsi l’enseignante pour enfin devenir l’élève de ses parents.

L’école a aidé les parents en fabriquant un dictionnaire

A l’école Discovery School, on a fabriqué un dictionnaire qu’ils ont mis sous forme d’une application. Ce dictionnaire est envoyé aux parents par téléphone portable moyennant une somme de cinq mille francs burundais. Ainsi, à l’aide de ce dictionnaire, les parents peuvent connaitre en kirundi les mots utilisés dans les différents cours donnés aux enfants. Il montre la phonétique et la signification du mot en question. Cela est propre à cette école. Toutefois, Mme Ninzigamire indique que le système anglophone est encore plus compliqué et instructif car l’enfant apprend en connaissant ce qu’il  est en train d’étudier. « Parfois, j’utilise mes propres méthodes en me basant sur le système francophone dans lequel j’ai évolué. Je me retrouve en train de me perdre car ce n’est pas la méthode pédagogique utilisée dans l’école », dit-elle. C’est un défi pour les parents. Mais cela n’empêche pas que les enfants apprennent et réussissent. L’école nous recommande ainsi de parler anglais avec les enfants. Cela renforce le niveau des enfants.

L’entourage qui ne parle pas cette langue, un problème

Les enfants du voisinage étudient la plupart à des écoles à système francophone. Cela est un défi pour l’enfant, quand même ses parents ne peuvent pas l’aider à parler anglais. L’enfant, en jouant avec les autres enfants, est contraint de se tenir calme et écouter ce que les autres font et disent. Les parents peuvent ainsi l’aider car l’enfant pose beaucoup de questions. Mme Ninzigamire indique que les parents ont une grande responsabilité quand il s’agit de leurs enfants. C’est aux parents d’étudier les stratégies qu’ils doivent utiliser pour s’adapter à l’éducation de leurs enfants. Elle ne soutient pas les cours du soir. Il arrive que les parents soient surchargés par le travail mais ils doivent se relayer, le père et la mère. Les parents peuvent ainsi être au courant du niveau de leurs enfants. Dans le cas de l’impossible, se faire aider est recommandé. 
BLANDINE NIYONGERE

 

 

Mairie de Bujumbura> Entretien avec un jeune élève sur son occupation personnelle pendant les vacances

Il s’occupe utilement pour gagner sa vie

IMG 8329Pendant les grandes vacances, certains enfants en profitent pour voyager pour rendre visite aux grands parents et aux autres membres de la famille. D’autres profitent de ces vacances pour apprendre des métiers qui pourront les aider dans le futur.

 

Généralement, les grandes  vacances marquent la fin des activités scolaires de toute une année. Certains élèves en profitent pour faire des voyages en famille ou avec des amis et découvrir d’autres horizons. Comme cette chance n’est pas donnée à tout le monde, les autres s’orientent dans certaines activités comme les cours de cuisine, de musique, des activités sportives, etc. qui sont organisées pour leur épanouissement. A côté de ceux-là, il y a un autre groupe de jeunes qui s’organisent pour faire des activités génératrices de revenu, vu que leurs parents n’ont pas les moyens pour leurs payer ces voyages et ces autres activités.Jean Claude Ndikumana, un jeune élève qui s’est entretenu avec la rédaction du quotidien d’informations Le Renouveau a indiqué que, pour lui, les vacances sont la meilleure période pour travailler et gagner de l’argent qui lui servira dans les jours à venir. M. Ndikumana est un jeune élève orphelin de père. Il est en seconde scientifique au Lycée Don Bosco de Ngozi. Pendant les grandes vacances, il s’occupe à vendre des habits pour femmes dans les rues de la capitale Bujumbura étant donné qu’il n’a pas les moyens pour se payer un stand, vu que ce dernier est très cher. L’argent qu’il gagne par la vente de ces habits lui permet de se payer le minerval de l’année suivante, s’acheter l’uniforme et bien d’autres choses dont il aura besoin. Pour lui, comme dans chaque métier, les problèmes ne manquent pas. « Il arrive des jours où je peux me promener du matin jusqu’au soir sans vendre aucun seul habit. Alors là, je ne peux même pas m’acheter de la nourriture.» a indiqué M. Ndikumana 
Sonia BUSOGORO (STAGIAIRE)

 

DOSSIER > Les grossesses précoces dans les milieux scolaires

Les victimes et les auteurs des grossesses précoces sont exclus du système éducatif formel

 

DSC09738Plus d’un s’inquiètent de la mesure prise par le ministère de l’Education, de la formation technique et professionnelle qui exclut la victime et l’auteur d’une grossesse à l’enseignement formel. Ils demandent la levée de cette mesure. Quant au ministère, il ne s’agit pas d’une punition mais d’une faveur. 

 

Les inquiétudes se font remarquer à l’endroit de certains activistes pour les droits des enfants et de certains parents sur la mesure dernièrement prise par le ministère de l’Education, de la formation technique et professionnelle.La mesure stipule que toute fille encore à l’école fondamentale ou post-fondamentale, victime de grossesse ou contrainte au mariage, de même que le garçon auteur d’une grossesse, n’ont pas droit de réintégrer le système éducatif formel public et privé. Néanmoins, ils pourront fréquenter l’enseignement des métiers. 

Pour l’OIDEB, la mesure vient bafouer les droits de l’enfant

Cette mesure ne fait pas l’unanimité. Pour Jean-Pierre Nijimbere, coordinateur national de l’Observatoire Ineza des droits de l’enfant au Burundi (Oideb), cette mesure vient bafouer les droits des enfants. « Si on prive l’enseignement à une jeune fille, c’est le droit de cette fille et de son enfant qui va naître de cette grossesse qui est bafoué », indique-t-il. Etant donné qu’il n’y a pas beaucoup de centres d’enseignement des métiers surtout à l’intérieur du pays,   M. Nijimbere mentionne que le risque est que la majorité de ces filles vont directement abandonner l’école. Elles vont finir par être engrossées encore une fois puisqu’elles vont rester à la maison sans rien faire. Selon lui, certains d’entre elles subissent des grossesses par des viols. Elles deviendront victimes deux fois. Pour le coordinateur de l’OIDEB, le ministère devrait arrêter cette mesure et donner la chance à ces jeunes filles qui ont la volonté de continuer l’enseignement et préparer leur avenir et celui de leur enfant.

Sensibiliser plutôt les gens de façon à ce que l’éducation d’antan puisse encore avoir de la place

Selon Haruna Nkunduwiga, directeur du Lycée du Centre culturel islamique de Bujumbura, le règlement scolaire harmonisé qui était en vigueur était clair sur ce sujet. Il tenait compte de la protection de l’enfant et du nouveau-né, qu’il soit allaité avant que sa mère ne regagne l’école. Ce règlement prévoit que le garçon qui engrosse cette fille soit aussi puni de façon à ne pas pratiquer la politique de deux poids et deux mesures. Selon M. Nkunduwiga, la punition qui a été proposée dans ce règlement d’ordre intérieur était suffisante et aidait même à corriger l’élève. M. Nkunduwiga indique que la nouvelle mesure n’est pas adéquate. « On pense à cette grossesse qualifiée de non désirée mais on ne pense pas à beaucoup d’autres maladies qui sont beaucoup plus dangereuses que cette grossesse, notamment le VIH/sida et d’autres maladies sexuellement transmissibles », souligne-t-il. Il imagine plutôt qu’il faut penser à l’éducation dans le sens d’amener toutes ces jeunes filles à ne pas vendre leur chaire mais plutôt  penser à leur avenir.M. Nkunduwiga précise que des difficultés s’observent lorsque la fille est engrossée par les gens de l’extérieur. Il est difficile de mener des enquêtes. Il peut aussi arriver que ça soit des éducateurs ; au lieu d’être punis, ils sont protégés d’une façon ou d’une autre par l’octroi de la mutation par exemple.Pour lui, il faut plutôt sensibiliser les parents et les autres de façon à ce que l’éducation d’antan puisse encore avoir de la place et que ces filles sachent qu’elles sont en train de courir un danger.« Chasser l’élève est aussi une autre forme de sanction » Selon Herman Nzigamasabo, un parent, cette mesure n’est que discriminatoire. «Etre enceinte n’a rien à voir avec l’intelligence des enfants, les exemples des cas de réussite en classe de filles qui étaient tombées enceintes sont très fréquents. Pour se diriger dans la section de son choix, c’est son droit », indique-t-il. Selon lui, cette mesure marque la régression en matière de l’accès équitable à l’éducation pour tous.     « Etre enceinte pour ces filles qui sont encore sur le banc de l’école est une punition. Les chasser aussi est une autre forme de sanction ».Selon une enseignante qui a requis l’anonymat, peu importe l’auteur, les grossesses non-désirées ne justifient pas la privation de l’éducation. « Gardons aussi à l’esprit que la majorité de ces enfants sont encore mineurs, on peut adresser ce problème sans discriminer les générations futures du Burundi ». Elle poursuit en disant que si le problème de grossesse existe, le rôle de tout gouvernement serait de l’éradiquer, non pas en punissant les victimes mais plutôt en s’attaquant à ses causes qui sont connues de tous. 

L’association Women initiative for development demande la levée de la mesure

Dans sa correspondance adressée au ministere de l’Education, l’association Women Initiative for development soulève ses préoccupations concernant la mesure de la circulaire qui a été transmise à tous les directeurs provinciaux de l’Enseignement.  Pour l’association, cette mesure est très  discriminatoire envers les jeunes filles. De plus, elle constitue une violation des textes nationaux et internationaux ratifiés par le Burundi et qui consacrent le droit à l’égal accès à l’instruction, à l’éducation et à la culture. Women initiative for developpment trouve que ce ministère veut réorienter ces filles-mères et ces potentiels pères vers une filière des métiers. En somme, c’est une filière-sanction, et partant, les condamne à être sous-estimés par l’opinion publique. Ce qui affecte l’égalité des valeurs des filières de l’éducation.Par ailleurs, cette mesure risque d’être la source de l’augmentation des avortements très risqués pour la mère et l’enfant, la croissance de la mortalité infantile et celle des filles-mères, l’augmentation de la délinquance et d’autre maux dans la société. Au lieu d’orienter ces filles-mères et ces jeunes pères dans une filière technique, l’association propose plutôt la création d’un centre de réinsertion sociale pour les jeunes adolescentes enceintes.  

Le porte-parole du ministère de l’Education tranquilise 

« J’aimerais que vous compreniez bien que la mesure prise par notre ministère n’a rien d’une punition. Le problème qu’il y a, c’est que les gens n’ont pas encore saisi l’avantage qu’il y a à fréquenter les écoles techniques. Parce que, si l’on compare avec ceux qui font la littérature ou les sciences, celui qui termine avec succès une école de métier est beaucoup plus qualifié et a beaucoup de chances sur le marché du travail. Donc, je dirais que si une fille est victime d’une grossesse et qu’elle arrive à trouver une place dans une quelconque école technique, elle est plus avantagée par rapport à ceux qui ont fait des études formelles. Au lieu de faire de longues études universitaires, elle va gagner sa vie directement à la fin de ses études et ainsi se prendre en charge. Donc, ce n’est pas une punition mais une faveur. », tranquilise Edouard Juma, porte-parole du ministère de l’Education de la formation technique et professionnelle.
Eric Mbazumutima

 
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