Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

Economie, Sciences, Education/formation

GARE DU NORD> La migration des vendeurs de chaussures

Pour des raisons de sécurité

 

Depuis le début des manifestations à Bujumbura contre la candidature du président Pierre Nkurunziza aux échéances électorales de 2015, certains commerçants ont été déstabilisés. C’est le cas des vendeurs des chaussures des différents marchés des quartiers en insécurité liée aux manifestations. La plupart des commerçants des chaussures se sont retrouvés à la Gare du nord où la sécurité était encore bonne.

 

DSC08201A la Gare du nord, la sécurité était une réalité au moment où l’insécurité régnait dans certaines communes de la municipalité de Bujumbura. Cette localité est devenue alors attractive pour la plupart des personnes. C’est pour cette raison qu’on y trouve beaucoup de vendeurs de chaussures qui ont fui l’insécurité qu’ils jugeaient insupportable dans les marchés situés dans les quartiers menacés par les manifestations. La plupart de ces vendeurs se sont installés à la première entrée du Centre hospitalo-universitaire de Kamenge (Roi Khaled).
D’après Jérémie Ngendabanka, le chef de ces vendeurs, la plupart d’entre eux étaient aux marchés de Jabe et Ngagara. Il dit qu’ils se sont mis ensemble pour continuer ce travail afin de ne pas prêter une oreille attentive aux personnes animées par de mauvaises intentions. C’est une forme d’encadrement pour empêcher les jeunes de se livrer aux mauvais comportements, a expliqué M. Ngendabanka. Ce dernier a ajouté qu’ils attendent le retour de la sécurité dans des quartiers où ils étaient afin qu’ils puissent retourner dans leurs places respectives. « La Gare du nord est un lieu stratégique, les gens sont satisfaites d’y trouver les chaussures car aller les chercher dans les anciens marchés provoque des doutes. Les habitants vivant dans des quartiers où règne l’insécurité ont apprécié notre idée », a dit M Ngendabanka.

Les autorités administratives et les forces de sécurité sont au courant

M. Ngendabanka a indiqué à la rédaction du journal Le Renouveau que les autorités communales de Gihosha et le commandant de cette localité sont au courant de leur présence. Il a ajouté que pour question de sécurité, ils quittent le lieu à 18 heures pour permettre aux forces de sécurité d’assurer l’ordre. Il indique enfin que quand le président de la République veut passer, ils ramassent toutes les chaussures afin d’aider les forces de sécurité à contrôler les mouvements.

Martin Karabagega (Stagiaire)

 

Transport> Taxiwomen

Les femmes peuvent exercer le transport rémunéré comme les hommes

 

Les femmes changent progressivement de mentalité. Dans le temps, elles pensaient qu’il y avait des métiers réservés aux hommes seulement. Mais, aujourd’hui, les femmes et les filles se retrouvent dans presque tous les secteurs et exercent des métiers de diverses sortes.

 

DSC07758Au Burundi, le métier de transport rémunéré avec des taxis voiture a longtemps été exercé par les hommes uniquement. Mais, timidement, les femmes commencent à entrer dans la danse. Les femmes qui ont requis l’anonymat viennent de passer près d’un mois exerçant le métier de transport rémunéré avec taxi voiture. Dans un premier temps, elles se demandaient si elles pouvaient parvenir à faire ce travail longtemps réservé aux hommes.

Les conditions sécuritaires rassurent

Ces femmes qui exercent le métier de transport rémunéré avec voiture n’ont pas connu un même début. Certaines n’ont pas connu un début difficile contrairement à leurs collègues. En effet, les premières ont connu l’encouragement de leurs maris, tandis que les secondes se sont heurtées à leur opposition. Les conditions de travail rassurent sur le plan sécuritaire. En effet, révèlent-elles, tout est né d’une association de transport rémunéré avec voiture. Ainsi, cette association a voulu nouer des contrats avec les banques et hôtels VIP (Very important person) comme KCB (la Kenya Commercial Banque) et l’hôtel Club du Lac. Ceci signifie que les clients sont des personnes de confiance qui ne peuvent pas constituer un danger pour elles. De surcroît, ces femmes travaillent jusqu’avant 18h, toujours pour cette raison de sécurité. Mais, rien n’empêche que les personnes qui leur sont connues ou qui ne sont pas soupçonnées d’être des malfaiteurs puissent faire leurs courses avec ces taxis voiture de luxe. Ces taxiwomen se réjouissent de ce métier car, en plus du fait que les femmes doivent changer de mentalité, il faut aussi chercher à éviter le chômage. Elles révèlent en outre que rien ne les empêche de remplir pleinement le rôle de femme dans le ménage. « Nous avons une organisation interne de sorte que si l’une d’entre nous a un petit problème à régler à la maison, elle peut faire un saut à condition qu’au moins deux taxis soient sur place pour assurer la garde », a indiqué une de ces femmes. Elles indiquent que jusque-là, elles n’ont pas rencontré de problème lié à ce métier.
Alfred Nimbona

 

MARCHE DE BUKIRASAZI> Panier de la ménagère

Les prix des produits alimentaires sont en baisse

 

Au marché de Bukirasazi, commune Bukirasazi en province de Gitega, les produits alimentaires de première nécessité enregistrent une baisse des prix. Cette baisse est relative à la bonne production qui a été observée au cours de la saison culturale écoulée.

 
D’après la population contactée, dans les routes et chemins menant au marché de Bukirasazi, les commerçants achètent le haricot à 450 FBu le kilo. A la question de savoir pourquoi cette baisse, les marchands ont indiqué que c’est parce que la récolte, surtout celle des haricots, a été bonne. La plus grande partie de la population trouve de quoi manger et ne se bouscule pas à aller au marché. Les dires des marchands et de la population convergent à propos de la raison de cette bonne récolte. C’est parce que les agriculteurs ont eu des intrants agricoles à temps et que les conditions climatiques ont été bonnes.

Martin Karabagega (stagiaire)

 

 

 

LES JEUNES ET L’EMPLOI> Il n’y a pas de sot métier

Le manque de travail fait des jeunes la proie facile à la manipulation

 

Chaque année, de nombreux jeunes abandonnent leurs études supérieures sans obtenir de diplôme. Jean Pierre Minani est l’un de ces derniers dont l’orientation post-secondaire à l’entrée sur le marché du travail se fait avec beaucoup de difficultés. « Je pensais trouver une orientation dans le métier. Jean Pierre (30 ans aujourd’hui) a une scolarité qu’il qualifie de « classique».

 

DSC06631Il obtient le diplôme d’Etat dans la section Lettres modernes. En 10e, son ambition était de fréquenter une école technique dans la filière de mécanique automobile ou d’électricité industrielle. « A ma très grande surprise, j’ai été orienté en Lettres modernes sans que ce choix ait figuré sur ma fiche d’orientation », dit-il. En terminalle il dit n’avoir pas eu de projet de formation professionnel bien défini. Par manque de moyens, ses parents ne pouvant pas lui offrir le luxe de lui payer une université privée, il décide de s’inscrire à l’Ecole normal supérieure de Bujumbura (ENS) en pensant savoir où il allait. Pourtant, il n’avait pas d’objectifs clairement définis, qu’il s’agisse de diplôme ou de profession.

Tout chemin mène à Rome.

La difficulté à identifier le travail à faire conduit soit à ne pas travailler, soit à travailler de façon intensive mais inefficace ou inadéquate. C’est en particulier le cas de Jean Pierre qui dit avoir consacré beaucoup de temps à des tâches scolaires, alors que les résultats ne suivaient pas. « Je jugeais, parfois, les études ennuyantes et dépourvues de sens. À la fin de l’année, je me suis retrouvé avec des échecs que j’ai eu du mal à digérer. Je n’ai pas pus achever la deuxième session », se plaint-il.
Motivé par la mécanique, il dit avoir fréquenté un garage à Buyenzi comme aide mécanicien. « Je pensais avoir trouvé l’itinéraire de mon destin car ce fut un de mes rêves qui se réalisait. Vite, mon rêve s’est transformé en illusion ». Tout chemin mène à Rome ! Ne pouvant pas subvenir à ses propres besoins et ceux de la nouvelle famille qu’il venait de fonder, M. Minani a opté à se lancer dans la boucherie. Au coin de la 8e avenue n°24 dans le quartier Gikiwi de la commune Kamenge, sur une table en bois, il vend de la viande en raison de 6 000 et 4 500 franc le kilogramme en raison de la qualité.

Le travail est basé sur la confiance

Son diplôme d’Etat en poche, Jean Pierre Minani dit ne pas pour autant être complexé par son nouveau job. « Il me permet, dit-il, de payer « le visa » -frais de loyer- et de nourrir ma famille. Seulement, je ne pourrais pas envisager des projets pour l’avenir. Mon travail est basé sur la confiance des fournisseurs qui me livrent la marchandise. Après la vente, je rembourse avec un intérêt et on me redonne le produit. Puisque je ne paie pas cash, le prix devient élevé au lieu de 3 800 franc le kg, je rembourse avec intérêt variant entre 200 et 300 FBu selon le fournisseur ».
Face à la difficulté d’être embauché selon leur profil, sans un quelconque soutien, nombreux sont les jeunes qui restent sans rien faire et qui préfèrent les ligalas. Selon Minani, ils deviennent la proie facile à la manipulation et au banditisme. Il souligne qu’il n’y a pas de sot métier et que « l’oisiveté est la mère de tous les vices ». Il conseille aux jeunes sans emploi de ne pas croiser les bras et de commencer par des petites choses car, affirme-t-il, c’est par des petites choses qu’on obtient les grandes. Fier de son travail, il indique qu’il pourrait avancer grâce à son boulot à la seul condition d’accéder à un capital. Il est difficile d’avoir accès au crédit des banques.
CHARLES MAKOTO

 

 
Ouvrir