Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

Economie, Sciences, Education/formation

INTEGRATION REGIONALE> Le sens pour le peuple burundais

« Il faut que les hommes d’affaires et les autres citoyens burundais s’y préparent »

Bien que le Burundi ait adhéré à la Communauté est-africaine (CEA) depuis 2007, son économie accuse toujours beaucoup de faiblesses, comparée à celles des autres pays de la CEA. Les exportations agricoles se limitent au café, au thé et, dans une moindre mesure, au sucre. Le secteur privé burundais est peu développé avec beaucoup de difficultés à décrocher des financements propices à son développement. Malgré toutes ces faiblesses, le Burundi a intérêt à avoir adhérer à la CEA et d’après une analyse faite, des opportunités existent et sont même nombreuses, à condition que le gouvernement, les hommes d’affaires et les autres citoyens burundais s’y mettent.

DSC07965Les commerçants rencontrés au centre-ville de Bujumbura ont dernièrement indiqué qu’ils perçoivent bien l’intégration du Burundi dans la communauté, mais que les impôts et les droits de douanes restent élevés. Selon ces commerçants, cette lourde taxation a poussé certains d’ente eux à abandonner leurs commerces. En plus, que les infrastructures de soutien au commerce sont encore peu développées, les importateurs déplorent que les barrières non tarifaires handicapent aussi le développement des affaires. « Il s’agit des pratiques de corruption, du développement des activités informelles, de la lenteur et de la complication des procédures, etc. », disaient-ils. Par ailleurs, avec une balance commerciale structurellement déficitaire, l’économie burundaise reste dépendante de l’extérieur.

Un changement de comportement pour les commerçants burundais s’impose
A côté de cela, les commerçants burundais semblent n’avoir pas compris le sens de l’intégration du Burundi dans la CEA. Cela se fait remarquer dans l’importance accordée à leurs heures de travail. Aves les parcours effectués au centre-ville pendant les heures comprises entre 12h et 15h, tous les magasins de l’avenue de la Mission ainsi que le super marché « Dimitri » étaient fermés. La situation s’aggrave pendant le week-end où , surtout le dimanche, les activités économiques sont quasi-inexistantes. Interrogés à ce sujet, les commerçants indiquent qu’ils prennent pause pendant ces heures étant donné que les clients ne sont pas réguliers et que le week-end certains préfèrent la prière.
Ainsi, les commerçants burundais devaient se référer à ceux des autres pays de la CEA dans l’ordre de comprendre qu’il n’y pas de temps à perdre en matière de commerce. Il faudrait au moins instaurer un nouveau système de travail permettant les activités économiques de rester en chaîne car chez les autres, le travail s’effectue 24 h sur 24. Cela pourrait éveiller les gens à travailler , à éviter le fainéantisme et contribuer ainsi à donner l’emploi aux chômeurs.

Rosine Mugisha

 

Dossier> Energie hydroélectrique

Des actions sont appréciables, mais il y a encore à faire

 

Le secteur de l’énergie est un secteur clé pour le développement économique d’un pays. Au Burundi, du jour au lendemain, la situation énergétique suscite des interrogations. En effet, la demande en énergie dépasse largement l’offre, et cette relation s’accentue continuellement. Cependant, des actions pour pallier ce problème sont envisagées, mais la solution à court terme ne se lit pas. Et la population qui vit quotidiennement des activités nécessitant la disponibilité de l’énergie électrique ne trouve pas de mots pour raconter ne fût-ce que la moitié de ce qu’elle endure.

 

DSC 1141Le Burundi a construit des barrages hydroélectriques pour répondre aux besoins en énergie dans le pays. Cependant, la situation a changé du jour au lendemain. Au départ, l’énergie produite était suffisante, il y avait même un surplus pour intervenir dans certaines situations pendant lesquelles les besoins devenaient élevés. Mais, avec le temps, les villes se sont agrandies petit à petit que la quantité d’énergie à fournir s’est elle aussi accrue. Inversement, la quantité produite s’est progressivement réduite provoquant ainsi un réel déficit énergétique.

La production ne répond plus aux attentes

Les raisons du déficit énergétique sont claires. A titre illustratif, la centrale de Rwegura qui était conçue pour assurer l’intervention pendant les heures de pointe n’atteint plus son niveau de production énergétique. Selon le ministre de l’Energie et des mines, Côme Manirakiza, on avait installé trois centrales pouvant produire chacune six mégawatts et faire en tout dix-huit mégawatts. Mais, selon M. Manirakiza, il est très rare que les trois centrales fonctionnent en même temps. Le plus souvent, seules deux d’entre elles fonctionnent produisant ainsi entre huit et douze mégawatts. La raison majeure est que la capacité telle que la centrale a été conçue ne permet pas que les dix-huit mégawatts puissent avoir lieu en même temps. « Aujourd’hui, nous essayons de tirer le maximum parce que la demande est très forte. Mais, le rythme risque de provoquer que le lac de retenue soit vidé, car le débit de l’eau qu’on utilise pour turbiner est de loin supérieur au débit de l’eau qui entre dans ce lac», dit M. Manirakiza.

Des solutions sont envisagées mais à long terme

Devant cette situation, le ministère concerné ne croise pas les bras, mais les solutions interviendront après une certaine période. En effet, précise le ministre en charge de l’énergie, « nous avons la nouvelle politique de pouvoir augmenter la production énergétique. Mais, cette production est à long terme, car nous avons à construire des centrales hydroélectriques, et cela dure jusque même à cinq ans compte tenu de la grandeur de cette centrale. Cependant, le ministère se heurte à une situation difficile à gérer. En effet, révèle M. Manirakiza, « aujourd’hui, nous avons un déficit énergétique. Nous avons un problème en rapport avec la gestion de la période de transition. Il y a le chantier mais à long terme, il y a cette période pendant laquelle nous devons vivre ». A ses dires, déjà deux centrales hydroélectriques à savoir celle de Mpanda et Kabu16 sont en cours, mais ne suffisent pas. Le gouvernement a également deux projets qui, n’eût été le problème des aléas, auraient démarré. Il s’agit des centrales solaires, l’une à Bubanza, l’autre à Gitega avec une production de dix mégawatts chacune. Le ministère monte également un projet de construction d’autres centrales, une solaire de sept et demi mégawatts à Mubuga dans la province de Gitega, une autre de trente mégawatts à base des déchets. A côté de ces projets, le ministère est en train de mettre en place des lignes d’interconnexion régionale. « Nous voulons être connectés au niveau de la sous-région pour qu’il y ait échange de l’énergie entre les Etats de cette région », dit M. Manirakiza. « A ce niveau, il y a une organisation du pool énergétique des pays de l’Afrique de l’Est regroupant le Burundi, le Rwanda, le Kenya, l’Ethiopie, l’Egypte, la Tanzanie et la République démocratique du Congo pour échanger de l’énergie », ajoute-t-il. Ainsi, le Burundi cherche par exemple à voir comment il peut s’alimenter à partir de l’Ethiopie qui a plus d’énergie via les lignes d’interconnexion régionales. « Nous avons déjà signé des conventions pour 200 mégawatts et nous sommes en train de tout faire pour construire les lignes d’interconnexion régionale. Le Burundi va construire la ligne Gitega-Gitarama-Kigoma. Le Rwanda est lui aussi en train de construire sa ligne le reliant avec l’Ouganda, ce dernier étant connecté au Kenya qui, à son tour, est connecté à l’Ethiopie. Ceci dit que le Burundi pourra bientôt s’approvisionner à partir de l’Ethiopie », rassure M. Manirakiza. Ce projet va sans doute aboutir, car, révèle le ministre, que les financements sont déjà disponibles avec l’appui de l’Union européenne et du KFW. Mais, il y a déjà d’autres projets au niveau régional telles les centrales de Rusumo qui va produire 80 mégawatts à partager avec la Tanzanie et le Rwanda et Ruzizi III dont la production sera partagée avec la République démocratique du Congo et le Rwanda. M. Manirakiza indique que le ministère a d’autres projets pour pouvoir augmenter la production énergétique dans l’avenir. Pour gérer la période transitoire et affronter la saison sèche qui approche, bref, résoudre le problème de l’énergie à court terme, le ministre de l’Energie pense recourir à une centrale thermique. « Nous allons nous asseoir avec nos collaborateurs pour voir comment augmenter les heures de fourniture d’énergie à partir des centrales thermiques propres à la Regideso et celles en location pour se préparer à la saison qui vient et aux élections », dit M. Manirakiza.

La production de l’énergie a un impact sur l’environnement

La construction des barrages présente des avantages mais aussi des effets sur l’environnement. Selon l’expert Albert Mbonerane, la construction des barrages occasionne la perturbation écologique, l’accumulation des sédiments dans les barrages. Il y a aussi les sources d’eau qui semblent oubliées. La construction d’un barrage oblige aussi la population à se déplacer. Il y a donc la perte du patrimoine, l’expropriation. Prenant le cas du barrage de Rwegura, M. Mbonerane montre l’impact sur l’écosystème dû à la destruction de la forêt de la Kibira. Aussi, le lac de retenue de Rwegura inonde un grand territoire, détruit les végétaux et les poissons. Les recherches montrent que l’hydroélectricité a un plus faible impact sur l’environnement que d’autres sources d’énergie. Attaché à la protection de l’environnement, M. Mbonerane propose de protéger la biodiversité de la Kibira et de la crête Zaïre Nil ainsi que les rivières. Il appelle la Regideso à intégrer dans ses investissements le coût écologique de ses projets hydroélectriques et le coût des services de la nature.

Alfred Nimbona

 

Banque de la République du Burundi > Lancement officiel de quatre nouveaux billets

La nouvelle gamme permettra de mieux lutter contre la contrefaçon

 

La Banque de la République du Burundi (BRB), a lancé officiellement une nouvelle gamme de quatre billets le 29 avril 2015. Pendant une période de trois mois dite de double circulation, il sera possible de régler ses achats soit avec les nouveaux billets, soit avec les anciens. La population est invitée à prendre soin de ces billets et à bien les conserver.

 
DSC 0404La nouvelle gamme de billets lancée concerne les billets de 500, 2 000, 5 000 et 10 000FBu. Ces billets sont fabriqués avec des sécurités répondant aux normes internationales modernes, a fait savoir le gouverneur de la BRB, Jean Ciza . Cette nouvelle gamme permettra aussi bien à la population qu’aux institutions financières de mieux lutter contre la contrefaçon grâce aux signes de sécurité moderne utilisés. Avec des dimensions plus réduites par rapport aux anciens et fabriqués en papier vernisse, ces billets seront plus durables et plus pratiques à conserver, a ajouté M. Ciza.

Une couleur spécifique

Chaque coupure se distingue par des thèmes différents et une couleur spécifique. Le billet de 500 FBu est de couleur orange claire. Celle de 2 000 FBu, rose claire, celui de 5 000 FBu de couleur bleu ciel et enfin celui de 10 000FBu de couleur jaune claire.
Outre les signes traditionnels de nos billets de banque, entres autres l’écusson du Burundi, la signature du gouverneur et des vice-gouverneurs de la BRB, ainsi que le numéro du billet, on retrouve sur ces nouveaux billets les principales sécurités comme : un fil de sécurité métallique à fenêtre incorporé dans le papier avec des têtes de génisse et les lettres « BRB », une sécurité avec un effet progressif de changement de couleur quand le billet est incliné. Un signe pour malvoyants fait d’une zone tactile facilement reconnaissable depuis les deux faces du billet. Une image d’un poisson qui apparaît par transparence, visible sur les deux faces du billet caractérise aussi les nouveaux billets.
D’ici trois mois, les pièces et billets de banque qui auront cours au Burundi sont les pièces de 1, 5,10 et 50 Bif qui restent inchangés. Il est à noter que le nouveau billet de 1 000 Fbu est en cours de fabrication.

Lyse Gahimbare

 

ENTRETIEN > Sur l’importance de l’information écrite

« Les paroles s’envolent, les écrits restent »

 

Les Burundais ne réalisent pas la grandeur de la presse écrite. Pourtant, cette dernière est la mère de tous les autres canaux modernes d’information. Son rôle est d’une importance capitale de part la richesse de son contenu. Elle permet non seulement de mieux s’imprégner de l’événement par ses détails, mais aussi à se documenter par son archivage de longue durée quand on sait que « les paroles s’envolent, les écrits restent ». Les Burundais devraient à cet effet comprendre l’importance de l’information écrite qui montre et explique l’événement. C’est ce qu’a dernièrement signalé Yolande Kamikazi, chef de service pressothèque des publications de presse burundise, dans un entretien avec la rédaction du quotidien, « Le Renouveau ».

 

DSC 5844L’information écrite devrait normalement occuper la première place dans le monde des médias burundais. Malheureusement, a indiqué Yolande Kamikazi, cette vision n’est pas bien perçue par le public burundais qui ne voit que la radio et la télévision comme canaux les plus importants d’information. En plus, qu’entend-on dire sur terrain : « Vous êtes de quelle radio ou de quelle télévision, jamais de quel journal ou de quelle agence de presse ? », c’est le constat amer relevé chaque jour par certains interlocuteurs qui apprécient le niveau de la presse écrite au Burundi.

Une sensibilisation en faveur de la lecture s’impose

En outre Mme Kamikazi a fait savoir que les gens ne sentent pas le besoin vital jetter un coup d’oeil sur d’aller voir dans le papier surtout qu’ils n’ont pas cette culture de la lecture et ne semblent pas comprendre son importance dans l’éducation et la formation d’un être humain. De ce fait, regrette Yolande Kamikazi, les gens grandissent sans avoir jamais senti le besoin de lire : « Il faut une sensibilisation en faveur de la lecture », insiste-t-elle.
Elle indique par ailleurs que le centre de documentation dit «Pressothèque » est visité par différentes générations à savoir les étudiants, les historiens et d’autres chercheurs tout en précisant que les documents aident les générations futures à connaître l’histoire du pays et, partant, aux étudiants à réaliser leurs mémoires de fin d’études.
Selon Yolande Kamikazi, la Pressothèque est le grenier du savoir. Cela s’explique, dit-elle, par le fait que les premiers bulletins d’information, des documents comme Rudipresse qui date de 1957 ; Flash-Info de 1962 ; Le Renouveau qui date de 1978 ; Ubumwe de 1971 ; les médias de la haine de 1993 (dont Le Saint média, le Carrefour des, L’idées indépendant, L’aube de la démocratie et bien d’autres) y sont observés. Et d’ajouter que ce centre, via à l’Imparudi, enregistre non seulement des documents sur le Burundi mais aussi ceux de l’étranger en l’occurrence Jeune Afrique ; Le Nouvel Observateur ; Le Courrier International ; Science et Vie ; Paris Match, etc, qu’on ne trouve nulle part ailleurs.
Enfin, elle lance un appel vibrant aux éducateurs de conscientiser les enfants sur l’importance de la lecture car, dit-elle, elle constitue la vie du pays. Aux autres ministères, Mme Kamikazi demande de créer leurs centres de documentation et de bien garder les archives pour le bien du pays et de son peuple. Le gouvernement devrait s’impliquer pour inciter la population à aimer la lecture.
Rosine Mugisha

 
Ouvrir