Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

Economie, Sciences, Education/formation

UNIVERSITE DU LAC TANGANYIKA> Paralysie des activités académiques

Une reprise projetée après l’élection présidentielle du 21 juillet 2015

 

A l’université du Lac Tanganyika, les activités académiques restent paralysées depuis plus de deux mois. La raison majeure est l’insécurité prévalant dans les quartiers regorgeant le gros de ses étudiants. Le recteur de cette université précise que le processus électoral contesté par les uns et soutenu par les autres n’est pas loin d’être l’obstacle de la reprise des activités

 

DSC08847Dans un entretien qu’il a accordé au quotidien Le Renouveau, Evariste Ngayimpenda, recteur de l’université du Lac Tanganyika, a fait savoir que les activités académiques n’ont pas encore repris à cette institution après plus de deux mois de paralysie. Il a indiqué que seules les activités qualifiées de minimales continuent, à savoir la délivrance de l’une ou l’autre attestation trois fois par semaine et la soutenance des mémoires chaque fois que la possibilité s’offre. Mais, a-t-il déploré, les activités académiques proprement dites, à savoir l’enseignement et la recherche ne peuvent pas se tenir car celles-ci ne sont possibles que si les étudiants sont là.
Il a rappelé que la reprise des activités académiques était prévue le 2 juillet 2015 mais que les affrontements qui ont eu lieu le 1er juillet ont fait évaporer l’espoir des étudiants qui allaient regagner les auditoires. M. Ngayimpenda a insisté sur la sécurité des étudiants puisque l’université du Lac Tanganyika a même perdu au cours de ces événements du 1er juillet, un de ses étudiants qui était délégué de classe. « Et cela particulièrement pour ce qui est de notre université, a cassé tout l’élan de reprise des cours chez les étudiants comme on a eu à le constater à travers différentes réunions qu’on a organisées puisque depuis lors, plus de trois réunions ont été organisées pour étudier les conditions de reprise, a-t-il informé. Que ce soit les étudiants qui sont à Bujumbura ou à l’intérieur que l’université a pu contacter, ils disent que tant que les quartiers proches et tenant de l’université ne sont pas sécurisés, revenir dans les auditoires reste un rêve, a-t-il ajouté.
Ce professeur d’université a ajouté que, sauf les quartiers de Gihosha et Kamenge, tous les autres, à savoir Ngagara, Cibitoki, Mutakura et Buterere qui renferment le gros des étudiants, se trouvent dans une insécurité grandissante. En plus de cela, ils ont eu des échos des enlèvements qui ont eu lieu ici et là. C’est le cas de deux étudiants de l’université du Burundi qui ont été enlevés la semaine dernière. Raison pour laquelle le seuil minimal des étudiants pour redémarrer les activités ne peut pas être atteint, a fait remarquer M. Ngayimpenda.

Les moyens financiers ne sont pas loin de tarir

Le recteur de l’université du Lac Tanganyika a fait savoir qu’en s’informant auprès d’autres universités privées, il a trouvé qu’elles aussi n’ont pas encore redémarré les activités pour des raisons de sécurité mais aussi de moyens financiers qui font défaut. Il a précisé que des employés ne sont plus payés et que plusieurs autres activités entraînants des dépenses financières ne sont plus réalisées. D’après M. Ngayimpenda, les universités privées fonctionnent sur base des frais payés par les étudiants. Or, a-t-il indiqué, si les étudiants ne sont pas là, que la reprise sûre des activités n’a pas lieu et que l’effectif des étudiants n’atteint pas le seuil minimal, il est impossible de redémarrer les activités académiques.
Pour M. Ngayimpenda, la rumeur qui circule et qui souhaite la reprise des activités après l’élection présidentielle de 2015 n’est pas à exclure. Deux raisons priment avant tout, a-t-il dit. D’une part, il s’agit d’une fausse appréhension qu’après cette journée électorale, soit le pays se fixera soit la situation ira en empirant davantage. D’autre part, a-t-il ajouté, la majorité des étudiants est une population jeune et active politiquement d’où la période pré-électorale les garde dans une incertitude surtout qu’il y en a qui disent qu’ils iront aux élections et d’autres qui disent qu’ils n’iront pas.
Evariste Ngayimpenda a indiqué que la majeure partie de la jeunesse universitaire se retrouve dans la danse électorale et dans les deux camps, à savoir celui de la mobilisation électorale et celui du boycott. Les étudiants se disent qu’après l’élection présidentielle, ils pourront reprendre les enseignements, considère-t-il enfin.

Amédée Habimana

 

Enseignement de base et secondaire> Conférence de presse

Les activités de l’année scolaire 2014-2015 prendront définitivement fin le 20 août 2015

 

Le ministère de l’Enseignement de base et secondaire, de l’enseignement des métiers, de la formation professionnelle et de l’alphabétisation a organisé une conférence de presse le jeudi 15 juillet 2015 à Bujumbura. Il voulait porter à connaissance des parents, des élèves et des enseignants qu’il sera mis définitivement un terme aux activités de l’année scolaire 2014-2015 le 20 août 2015.

 

DSC 2519Par le biais de son porte-parole Edouard Juma, le ministère de l’Enseignement de base et secondaire a exprimé sa satisfaction quant à la reprise des activités scolaires dans presque toutes les écoles de la mairie de Bujumbura. M Juma a dit que le ministère se réjouit que la plupart de ces écoles sont largement avancées dans les programmes. Aujourd’hui, toutes les écoles publiques concernées fonctionnent. Seuls quelques établissements privés n’ont pas relancé effectivement leurs activités, a dit M.Juma.
Pour ce, le ministère de l’Enseignement de base et secondaire a porté à la connaissance des parents, élèves et enseignants des écoles fondamentales et privées que toutes les activités de l’année scolaire 2014-2015 prendront définitivement fin le 20 août 2015.Les différentes délibérations, les examens de repêchage et autres remises de diplômes devront être terminées à cette date, a martelé Juma. Il a ajouté que c’est pour minimiser l’impact de cette extension du calendrier scolaire sur la préparation de la prochaine rentée scolaire 2015-2016. M Juma met en garde les directions scolaires contre toute démarche tendant à biaiser les résultats des élèves. Tout écart de comportement avéré dans ce sens expose le coupable aux sanctions prévues par la loi. Il a ensuite précisé que les préparatifs de l’examen d’Etat vont bon train pour respecter le rendez-vous du 3 au 6 août 2015.

La session spéciale de rattrapage du concours national est fixée au 6 août

La session spéciale de rattrapage du concours national sera organisée le 6 août 2015 pour les écoliers qui n’ont pas pu le passer suite aux perturbations d’ordre sécuritaire le jour de la passation. M.Juma a indiqué que cette session concerne aussi bien ceux qui se trouvent au pays que ceux qui sont en exil dans des camps de réfugiés. Enfin, M.Juma a précisé qu’à l’examen d’Etat, les questions porteront sur tout le programme du contenu annuel.

MARTIN KARABAGEGA

 

DOSSIER > Entrepreneuriat des jeunes au Burundi

« Il faut avoir le courage de débuter avec un petit capital »

 

Malgré le blocage face à l’entrepreneuriat au Burundi notamment la mentalité et l’accès limité au financement, quelques jeunes burundais ont déjà compris que l’Etat à lui seul ne peut pas offrir de l’emploi à tous les nécessiteux. Selon le Burundi business incubator (BBIN), soixante quatre entreprises fonctionnaient déjà avec la fin de l’année 2014 à Bujumbura. L’Agence burundaise pour l’emploi des jeunes pour sa part, a misé sur les formations et le plaidoyer pour contourner les obstacles susmentionnés.

 

DSC08821L’Agence burundaise pour l’emploi des jeunes (Abej) est une institution du ministère de la Jeunesse, des sports et de la culture qui s’occupe essentiellement de la jeunesse. Selon l’Administrateur directeur général de cette institution, Dieudonné Gasore, l’agence offre des formations aux jeunes dans plusieurs domaines notamment la rédaction d’un plan d’affaires et fait des plaidoyers auprès des bailleurs. Il a souligné que l’agence n’a pas de budget pour appuyer les jeunes financièrement mais qu’avec l’impact de l’Abej sur la jeunesse, il y aura beaucoup de bailleurs qui seront intéressés à appuyer les entreprises des jeunes. « Par exemple, les jeunes lauréats de nos formations, s’ils sont regroupés en associations et qu’ils créent une micro-entreprise, le Prodefi promet de les avaliser auprès des micro-finances pour qu’ils aient un crédit et travailler dans le domaine choisi. De notre part, nous sommes là essentiellement pour faire un plaidoyer auprès des bailleurs pour qu’ils puissent octroyer des microcrédits aux jeunes.

Pousser les jeunes à travailler en associations

A propos de l’exigence des bailleurs pour que les jeunes soient regroupés en association pour être soutenus, Dieudonné Gasore a souligné que jusqu’alors, une association de jeunes de Gashikanwa en province de Ngozi est déjà opérationnelle. Pour encourager le travail en association, l’Abej a prévu un festival national de la jeunesse qui va regrouper autour des activités sportives et culturelles tous les jeunes qui ont bénéficié d’une formation ou d’un stage de l’agence. « Nous allons profiter de cette occasion pour lancer des messages qui incitent ces jeunes à se constituer en associations pour que nous puissions à la fin, faire un plaidoyer de l’octroi des microcrédits.», a-t-il dit.
Les jeunes qui peuvent être appuyés dans le cadre du programme de l’Abej sont des gens dont l’âge est compris entre 14 et 35 ans. Il a déploré le fait que les jeunes qui sollicitent le soutien de cette institution ne soient pas tous servis. « Nous avons différents partenaires. Pour le programme de l’Etat du Burundi par exemple, nous pouvons accueillir 250 jeunes par an. Et quand nous faisons des appels d’offres, nous avons plus de 1 000 jeunes postulants. Nous ne parvenons pas à satisfaire tous mais, dans les plaidoyers que nous faisons, nous appelons le gouvernement à examiner l’impact de ce programme pour que dans les années à venir, il puisse revoir à la hausse le budget y consacré et par conséquent augmenter l’effectif des bénéficiaires. Dans ma vision, je voudrais aller jusqu’à 1 500 jeunes par an mais, des fois les moyens ne le permettent pas », a-t-il indiqué.

Changer la mentalité des jeunes scolarisés

En suivant le mouvement des jeunes burundais en entrepreneuriat, le constat de M. Gasore est que surtout les jeunes diplômés sont trop ambitieux. « On leur dit, vous avez suivi une formation en entrepreneuriat, on vous a appris comment rédiger un plan d’affaire. Faites votre plan d’affaire. Ils ne veulent pas démarrer petit. Ils veulent des budgets de 30 millions, de 50 voire de 60 millions. Qui est ce financier qui va accorder ce budget et sous quelle garantie de remboursement ? C’est le problème avec les jeunes diplômés, ils veulent démarrer de très gros projets qui ont des difficultés à être financés par les bailleurs.», a-t-il dit. A ce propos, il a conseillé aux jeunes entrepreneurs de démarrer un petit projet afin de progresser petit à petit. « Par contre, les jeunes non scolarisés sont capables de rentabiliser un petit crédit de 100 000 FBu car, ils acceptent d’entreprendre de petites activités.», a salué notre interlocuteur. Selon lui, le grand défi est de pouvoir changer la mentalité des jeunes scolarisés.
Un autre conseil qu’il a prodigué aux jeunes qui veulent se lancer en entrepreneuriat est d’être créatif. « N’allez pas faire ce que l’autre a fait. C’est aussi une lutte permanente mais, on commence à avoir des jeunes très créatifs. J’ai été impressionné par un jeune qui a inventé une méthode de conservation de la tomate en utilisant une boîte en bois et de la cendre et qui parvient à conserver la tomate durant 6 mois.», a-t-il dit. Il a également découragé des jeunes qui pensent qu’on va leur faire des dons. «Non! Qui va vous donner et pourquoi? On va vous prêter pour que vous puissiez travailler mais, avec un gage de garantie. Et le premier gage de garantie, c’est un budget acceptable par ce financier.», a-t-il souligné.

Le plan d’affaires, un élément de base

D’après Aimé Igiraneza, responsable du département des formations, le Burundi business incubator (BBIN) contribue dans l’entrepreneuriat des jeunes par deux phases à savoir la phase de pré-incubation et la phase d’incubation.
Pour la première phase, le jeune entre à la BBIN avec ou sans idée d’affaires. Avec les entretiens du test entrepreneurial, on constate les lacunes et c’est par là que le jeune est soumis à des sessions de formations. Après ces dernières, le jeune est coaché dans l’élaboration de son plan d’affaires et au bout de trois mois, il est supposé l’avoir terminé. C’est ainsi que son plan d’affaires est soumis à une institution de microfinance ou aux autres investisseurs pour financement.
La période d’incubation suppose que le jeune a eu son financement et a déjà démarré son affaire. Le BBIN offre des formations et des séances de coaching dans des domaines variés (comptabilité, gestion des ressources humaines, recherche des clients identification des marchés, etc). Cette période dure de six à huit mois et cela dépend du client, c’est-à-dire que cette période d’incubation est soumise au client qui désire ce service volontairement.
Aimé Igiraneza a insisté sur le plan d’affaires car c’est un élément de base pour démarrer une affaire. S’il y a un investisseur qui veut s’associer à un entrepreneur quelconque, le plan d’affaires est un élément qui montre comment les affaires vont se dérouler, le sérieux d’une affaire. « Une affaire ne se décrit pas verbalement, il faut un document pour la décrire ».

Soixante quatre entreprises fonctionnelles avec la fin de 2014

Depuis sa création en 2010, le BBIN a accueilli beaucoup de jeunes. Pour cela, soixante quatre entreprises fonctionnaient déjà à la fin de l’année 2014 à Bujumbura. L’intérieur du pays comme Bubanza et Ngozi, des entreprises fonctionnent déjà et « nous attendons de voir celles qui parviendront à résister et à survivre », a indiqué le responsable du département des formations.
Le concours d’affaires Shika est organisé chaque année. Ce concours s’organise entre les plans d’affaires : les jeunes ayant suivi des formations au BBIN et qui possèdent des plans d’affaires les soumettent pour concours. A cet effet, trois meilleurs plans d’affaires sont sélectionnés. Le jury est indépendant et les membres sont des parties prenantes qui ne sont pas nécessairement internes au BBIN.

Les problèmes ne manquent pas

Pour lui, les jeunes sont très motivés mais, ils se heurtent à pas mal d’obstacles. Pour démarrer une affaire, cela demande un capital (montant) et la plupart de nos jeunes n’en disposent pas. Aussi, les microfinances ou les banques demandent une certaine forme de garantie et cette dernière leur cause beaucoup d’ennuis.
L’autre problème s’observe lors du concours Shika où le prix va constituer un capital. Mais, l’entrepreneur gagnant prend ce montant et part avec. Pour palier à ce problème, le BBIN, au lieu de primer par de l’argent liquide, achète des équipements pour les entrepreneurs.
Le BBIN fait le suivi pendant la période d’incubation. Il suit également l’entrepreneur pendant sa période de paiement du crédit. Egalement, s’il a besoin de tel ou tel autre service, cette entreprise essaie de l’approcher et de l’aider. Le BBIN cherche aussi des mentors pour le suivre techniquement. Aimé Igiraneza a précisé que le BBIN est satisfait du travail déjà accompli : « Je pense que nous pouvons nous en féliciter ».
DSC 1514Parmi les jeunes formés par le BBIN, il y a ceux qui ont réussi à agrandir ou créer leurs propres entreprises grâce au concours organisé par le BBIN. L’exemple est de la Chalk Chain Entreprise (CCE), une entreprise qui fabrique des craies de bonne qualité et qui s’occupe elle-même de la livraison. Cette entreprise a commencé ses activités en 2012. Il s’agit d’une initiative de trois jeunes entrepreneurs dont l’un d’entre eux, Aimé Ndizeye, directeur général de la CCE. Il a fait la faculté de droit et plus tard, il a reçu une formation en entrepreneuriat à l’Université Lumière de Bujumbura. Aimé Ndizeye a aussi travaillé dans le secteur privé.

La CCE a réussi grâce au concours Shika

Selon Aimé Ndizeye, ils ont débuté par pas mal d’idées et ils se sont fixés sur un marché de craie. « Nous avons estimé que les craies constituent un grand marché, surtout qu’il n’y avait aucune usine qui en produit localement ». Il a aussi ajouté qu’ils ont commencé seuls au début avec des actionnaires. Mais, ils ont voulu par après agrandir leur entreprise en participant au concours Shika, organisé en 2014 par le BBIN. Ainsi, Ils ont été classés premier et ont reçu un prix. « Grâce à cette compétition, nous avons pu avoir accès à un crédit de 20 millions. Mais, ce n’est pas facile dans la mesure où jusqu’aujourd’hui, nous n’avons pu avoir qu’une partie de ce crédit. Mais, on espère toucher l’autre partie ». Il est difficile de démarrer une usine mais, en travaillant beaucoup, on peut y arriver, a-t-il poursuivi.
La CCE dispose de dix employés permanents mais dans une période où cette entreprise a plus de commandes, elle engage jusqu’à 50 employés. Les marchés d’écoulement de leurs produits sont principalement les écoles. Cette entreprise travaille dans huit provinces du pays. Aussi, il y a des ONGs comme l’Unicef dont la CCE dispose actuellement le marché.

Le jeune entrepreneur n’a pas d’accès au financement

D’après M. Ndizeye, le principal défi auquel ils font face est l’accès au financement. « Nous avons un petit capital pour commencer et avons envie de l’augmenter pour bien travailler. C’est un problème fondamental pour nous ». L’obstacle majeur est le manque du premier financement dans la mesure où un jeune qui termine ses études n’a pas d’argent.
La matière première utilisée est acheté à l’étranger, au Kenya ou en Ouganda. Au Burundi, cette matière existe (calcaire) mais elle n’est pas bien traitée. Pour Aimé Ndizeye, plus c’est loin, plus c’est difficile à acheminer au niveau du transport et surtout au niveau du temps. « Mais, on s’est habitué et on joue avec cela ».
Cette entreprise manque aussi de l’espace pour le séchage des craies fabriquées. « Si on avait une machine de séchage, cela nous faciliterait la tâche ». La CCE peut produire 400 000 craies par jour et plus de 500 écoles et organisations nationales et internationales constituent leurs marchés d’écoulement.
La crise que traverse notre pays a secoué cette entreprise car pas mal d’écoles surtout celles de Bujumbura ont dû fermer leurs portes. « Cela nous a beaucoup affecté, mais nous avons eu la chance d’avoir le marché de l’Unicef. Ainsi, il y a eu une compensation », souligne le directeur général de la CCE.

Choisir un domaine mieux connu

Notre interlocuteur a conseillé aux autres jeunes de se lancer dans l’entrepreneuriat en choisissant des domaines qui leur semblent mieux connus. Les difficultés ne manquent pas au début, mais grâce au BBIN, ils bénéficient des formations et c’est très important. Egalement, le BBIN les aide à avoir l’accès au crédit. « En ayant cette chance, les affaires peuvent marcher. Pour gagner la confiance des banques, il faut éviter des pénalités », a-t-il indiqué.
Les perspectives de cette entreprise sont entre autres de conquérir tout le marché national, et même arriver au niveau de la sous-région. A cet effet, des contacts ont été déjà établis par la CCE. En plus des craies, cette entreprise compte fabriquer d’autres matériels scolaires comme les frotoirs, les lattes en bois, les tableaux. Et même une usine de cahiers est un autre projet de cette entreprise.

Avoir le courage de débuter avec peu de moyens

DSC08837Alexis Harimenshi est directeur général de Society for food technology (Sofotec), une entreprise qui fabrique et commercialise des suppléments diététiques naturels à base de produits locaux ou importés. «Nous fabriquons les suppléments d’une manière améliorée au sein de notre laboratoire sous forme de gélules. Par exemple, nous pouvons prendre la betterave, la réduire en jus qui sera ensuite transformé en poudre qui à son tour est mise dans des gélules. C’est une façon améliorée de transformation des produits agro-alimentaires», a-t-il expliqué.
Il a fait savoir que cette initiative a vu le jour en 2000. C’est en 2012 qu’il a fait la connaissance de la BBIN et grâce à cette organisation, il a bénéficié d’une formation en entrepreneuriat. « Après la formation, nous avons bénéficié d’un appui financier de BBIN spark qui nous a aidé à acheter des machines à l’étranger pour équiper notre petit laboratoire, ce qui nous permet aujourd’hui d’améliorer la production et l’obtention des produits appréciés par le public.», a-t-il dit. Il a fait savoir qu’il a été sélectionné par le bailleur parmi les quatre premiers entre les 60 entreprises demanderesses de financement. Il a souligné qu’il n’avait pas d’autre lien avec le bailleur, que si son projet a été financé c’est qu’il avait un caractère innovant.
Le DG de Sofotec a fait savoir que le financement que le BBIN lui a accordé s’élevait à 30 millions de franc burundais. Selon lui, ce financement n’était pas exagéré car il avait déjà une entreprise fonctionnelle, visible sur terrain. « Je n’étais pas débutant. J’ai commencé la fabrication et la commercialisation des produits agro-alimentaire bien avant que je ne trouve un appui financier. J’ai débuté avec un capital de 450 000 FBu y compris le loyer du bureau où je travaillais. Progressivement, au fur et à mesure que je continuais les activités, j’augmentais le capital et j’ajoutais d’autres produits supplémentaires jusqu’à ce que je sois apprécié par des organisations susceptibles de m’accorder un appui financier. Ce n’est pas en une seule journée que j’ai atterris à ce stade.», a-t-il indiqué.
Selon Alexis Harimenshi, s’engager en entrepreneuriat, c’est aussi lié à la personnalité. « J’apprécie beaucoup l’idée d’être autonome. Je n’avais jamais voulu être employé, je voulais être créateur d’emploi pour les gens qui sont désœuvrés.», a-t-il mentionné. Selon lui, l’entrepreneuriat présente des avantages de pouvoir se développer. « Si j’avais demandé du travail dans une entreprise qui n’aurait donné 250 000 FBu par mois, comment aurais-je pu avoir un laboratoire de plus de 40 millions et dans combien d’années ? Il vaut mieux créer quelque chose et participer au développement du pays.», a-t-il dit. Il est d’avis que, si un jeune initie une entreprise et que cette dernière prospère, c’est un grand apport pour la jeunesse et pour tout le pays. «Le premier apport est la création de l’emploi durable, vous engagez des gens qui n’avaient pas d’emploi. Nous payons des impôts, nous luttons contre le chômage et la pauvreté».
S’agissant des blocages de la jeunesse burundaise face à l’entrepreneuriat, M. Harimenshi a soulevé la croyance qu’il faut avoir des millions pour débuter. « Les jeunes ne veulent pas s’engager à suer en utilisant le peu de moyen qu’on peut avoir. C’est une illusion car, quand on commence avec beaucoup d’argent qu’on n’a pas gagné à sa propre sueur, il peut s’avérer difficile de le gérer, tandis que quand on évolue du petit au grand échellon, on saura comment l’entretenir pour le fructifier davantage.», a-t-il dit. Il a conseillé aux jeunes d’avoir le courage de se lancer avec peu de moyens, s’expérimenter et gagner la confiance.
Réalisée par :
Grâce-Divine Gahimbare
Yvette Irambona

 

Bujumbura>Vente automobile

Les prix des véhicules d’occasion baissent

 

Le marché des véhicules souffre de la crise qui secoue notre pays. Ceux qui ont un peu d’argent s’en procurent de toutes marques à faible prix. Mais pour s’en débarrasser en cas de besoin, il vous est interdit de réfléchir sur sa valeur réelle. Les petites voitures sont disponibles à moins de 4 millions et les 4x4 à mois de 10 millions.

 

DSC 2505Le véhicule est un moyen de déplacement que la classe moyenne burundaise commence à adopter de plus en plus dans sa vie quotidienne. L’acquisition de véhicule peut être motivée par au moins deux choses : le véhicule de déplacement familial pour se faciliter la vie ou de transport à but lucratif. La majorité des véhicules circulant au Burundi sont des véhicules d’occasion importés soit de l’Europe ou de l’Asie. Mais, le marché des véhicules asiatiques semble remporter sur celui de l’Europe.
Toutefois, les véhicules neufs circulent au Burundi mais ces derniers sont souvent acquis pour le compte de l’administration publique et des organisations non gouvernementales. Comme il est dans les pratiques des marchés, c’est le plus offrant qui remporte souvent.
Qu’est ce qu’il en est de ce marché en cette période de crise.? Le marché des véhicules est occupé par de grands groupes et des particuliers. Les grands groupes sont les compagnies Toyota, Gts, Bonauto, Oldeast .. et les particuliers qui achètent sur place où importent 2 à 5 véhicules à revendre dans l’immédiat. Mais, c’est le marché des particuliers qui a attiré notre attention ce mardi 14 juillet 2015. Pour en savoir plus, nous avons rencontré, ces particuliers au quartier Bwiza de la commune Muha en mairie de Bujumbura à la station King Star de la 8e avenue.

La crise a provoqué la peur et la panique

A la question de savoir pourquoi ces derniers jours les prix ont sensiblement chuté, un prénommé Shabani l’un des vendeurs à cet endroit dit que cette crise a provoqué la peur et la panique chez bon nombre de citoyens. Et certains propriétaires de véhicules ont préféré vendre une des voitures pour ceux qui en possèdent plus d’une ou s’en débarrasser tout cours avant de fuir la capitale. Certains ont cédé leurs véhicules à vils prix. Toujours selon notre interlocuteur, il est normal qu’ils s’observent cette baisse et la chute des ventes dans leur secteur d’activité. Pour en rire, il a donné l’exemple de son ami qui a pu s’acquérir un 4x 4 jeep Prado à moins de 5 millions. Quant à la question de la baisse des ventes, il souligne que c’est tout à fait normal. Il précise que le climat des affaires ne peut pas bien marcher quand le climat politicosocial est en crise. Autrement dit, pour ceux qui ont un peu d’argent ils peuvent en profiter pour se procurer des véhicules à bas prix. Cependant, il a conclu qu’acquérir un véhicule en cette période de crise, est facile mais s’en débarasser en cas de besoin, c’est accepter n’importe quelle offre sans considèrer la valeur réelle du véhicule.
Robert Gilbert SAYUMWE (STAGIAIRE)

 
Ouvrir