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Economie, Sciences, Education/formation

Province de Ngozi> Descente du ministre de l’Agriculture et de l’élevage dans les centres d’élevage

Le taux de développement du secteur de l’élevage est satisfaisant

 

IMG 1520Le ministère de l’Agriculture et de l’élevage, via l’Institut des sciences agronomiques du Burundi (Isabu), a effectué une descente le vendredi 10 juin 2017 au site piscicole de Rukeco et au centre caprins de Vyegwa dans la province de Ngozi. Il a remarqué que le taux de développement du secteur de l’élevage est satisfaisant.

 

Au cours d’une visite dans les centres d’élevage, le ministre de l’Agriculture et de l’élevage, Déo Guide Rurema, a fait savoir que les grands chantiers que le gouvernement est en train de faire via le ministère de l’Agriculture est le repeuplement et le développement du cheptel. Il a précisé que quand le ministère en charge de l’élevage, en collaboration avec les partenaires qui œuvrent dans ce domaine, analyse les activités déjà réalisées dans le domaine de l’élevage, il constate que le pas déjà franchi est satisfaisant. « C’est pour cette raison que nous remercions le centre de recherche de l’Isabu pour ses initiatives pour développer le secteur de l’élevage. »
Il a indiqué qu’avant, quand on parlait de l’Isabu, on faisait référence aux centres de recherche de Mahwa et de Rukoko. Mais, aujourd’hui, le ministère en charge de l’élevage veut redynamiser le centre Isabu pour qu’il puisse étendre le domaine d’intervention de recherche à deux niveaux. Au niveau de l’espace, M. Rurema a annoncé que le ministère en charge de l’élevage est en train d’encadrer l’Isabu pour qu’il puisse bien organiser le centre de Mparambo et Vyegwa, mais aussi pour redynamiser le centre de Munanira en matière d’élevage.
Au niveau de la recherche, il a signalé que son ministère est en train d’encourager l’Isabu pour étendre le domaine d’intervention en matière de recherche sur l’élevage. « Il ne faut pas rester sur la recherche des bovins seulement. Mais, il faut aussi s’adonner à la recherche sur le petit bétail, notamment les moutons, les chèvres, les porcs, les abeilles, etc.

Les centres de l’élevage ont des opportunités

Il a en outre souligné qu’il est content de remarquer que le programme de développer la pisciculture intégrée au centre piscicole de Rukeco est bien compris. Il a signalé que dans trois mois seulement, sur 900 poules distribuées, le taux de satisfaction est de 98%.
A Vyegwa, il a laissé entendre qu’en 2012, on avait emmené 100 chèvres. Mais, ce nombre a chuté jusqu’à 70 chèvres. Le ministère en charge de l’élevage a pris la décision, en octobre 2016, de donner ce centre à l’Isabu. Par conséquent, le nombre de chèvres a augmenté et il atteint aujourd’hui presque 100 chèvres comme avant.
Il a enfin annoncé que le centre d’innovation de Vyegwa possède une unité de transformation du lait de chèvres en fromages. Il a annoncé que cela donne des opportunités aux étudiants de l’université de Ngozi pour qu’ils aillent y effectuer des stages.
Rose Mpekerimana

 

Décorticage> Le secteur énergétique au Burundi

Malgré les potentialités dont dispose le pays, des déficits énergétiques se creusent

 

En dépit des potentialités énergétiques importantes que renferme le pays, le Burundi accuse d’importants retards en matière d’accès à l’énergie. Cela est dû à une forte dégradation des ressources forestières et des écosystèmes consécutive à la forte densité démographique. Pour relever ces défis, le gouvernement a pris des stratégies visant la construction de nouveaux barrages électriques, l’exploitation des énergies nouvelles et renouvelables ainsi que l’exploitation des sites tourbières.

 

Au cours de nos entretiens avec certaines personnalités œuvrant dans le secteur des énergies et de l’environnement, elles nous ont fait remarquer que le pays regorge de potentialités en ressources énergétiques, mais que ces dernières sont sous-exploitées. Ainsi, interrogé sur l’état de l’exploitation de la tourbe au Burundi, Tharcisse Nkuzumwami, directeur technique à l’Office national de la tourbe au Burundi (Onatour) indique qu’actuellement l’office exploite seulement trois sites. Il s’agit des sites de Gitanga, Matana et Gisozi. Malgré l’exploitation de ces sites, presque la totalité des réserves de la tourbe potentiellement exploitables sont situées dans les tourbières des vallées des rivières Nyamuswaga et Akanyaru. Ces réserves sont estimées à 56 millions de tonnes de tourbe sur un total de réserves nationales estimées à 57 millions de tonnes. L’Onatour exploite à petite échelle les tourbières du haut plateau (Gitanga, Gisozi et Matana) ainsi que le marais du Buyongwe situé dans le prolongement de la vallée de la rivière Akanyaru. Concernant la production annuelle de la tourbe, elle varie d’une année à l’autre selon les prévisions de la demande et la quantité restante en stock à la fin de l’année. Mais d’une façon générale, la production annuelle de l’Onatour oscille entre 8 000 et 10 000 tonnes de tourbe chaque année.

Presque la totalité produite est consommée par les militaires

Selon M. Nkunzumwami, la tourbe est une source d’énergie sous-exploitée et, pourtant, elle constitue un substitut au bois énergie et au charbon de bois. Elle est aussi une matière première pouvant alimenter une centrale thermique à base de la tourbe. Pour lui, il a indiqué que presque 100% de la tourbe produite sont consommés par les garnisons militaires. La tourbe en mottes doit être carbonisée pour être acceptée par les ménages.
Le projet Carbonisation de la tourbe figure parmi les grands projets de l’Onatour en quête de financement. Les études déjà réalisées ont montré que l’utilisation de 10 000 tonnes de tourbe par an préserve l’élagage de 150 hectares de forêts ou l’abattage de 80 hectares de plantations de bois. A court terme, l’Onatour est en train d’accélérer les procédures d’acquisition d’une machine à briquette combustible à base de la tourbe pour pouvoir améliorer le pouvoir calorifique de leur produit.

Plus de huit milliards de dette envers l’Onatour

Selon le directeur de l’Onatour, le défi de taille repose sur les arriérés de la dette de plus de huit milliards de francs burundais que le ministère de la Défense nationale et des anciens combattants, son client unique, doit à l’office et qui continue à s’accumuler. Avec une pareille situation, les contraintes techniques tant au niveau de l’outil de production qu’au niveau financier sont donc posées. De ce fait, les conditions économico-financières actuelles de l’Office ne permettent pas d’atteindre les objectifs lui assignés. Bien plus, le charroi et l’outil de production de l’Onatour sont très vétustes. Ce qui cause un problème de les moderniser.

Un taux d’accès à l’électricité inférieur à 5%

En raison d’un taux d’accès à l’électricité dans la population burundaise inférieur à 5%, selon les estimations, le Burundi enregistre des retards dans le secteur de l’énergie électrique. Selon des informations trouvées dans des documents de la Regideso, le pays connaît un déficit énergétique important de 30 MW.
Selon des documents obtenus auprès du ministère de l’Energie et des mines, le pays ne dispose que d’une puissance installée de 45 MW (une puissance avoisinant 30 MW dans les centrales électriques qui se trouvent dans le pays ainsi que 15 MW partagés avec le Rwanda et le Congo) pour faire face à une demande qui tourne autour de 75 MW. Selon les estimations du ministère burundais de l’Energie, le déficit en énergie électrique au Burundi ne va pas se résorber au cours des prochaines années. Il devrait même continuer d’augmenter. Les études de planification menées par ledit ministère démontrent que les problèmes de disponibilité en électricité ne pourront pas être résolus avant 2017-2018, période à laquelle les investissements préconisés participeront normalement au rétablissement de l’équilibre énergétique du pays.

Des effets néfastes sur le développement durable

Les conséquences directes de cette insuffisance en énergie sont notamment la couverture incomplète des besoins en rapport avec la mécanisation et la conservation des produits agricoles ; le développement et la diversification des activités économiques ; l’extraction et la transformation des minerais ; un meilleur climat des affaires propice aux investissements du secteur privé et l’amélioration des systèmes de santé et d’éducation. Le faible taux de pénétration en milieu rural a, quant à lui, pour effets néfastes de limiter l'accès aux services sociaux de base comme les centres de santé, et de diminuer le temps disponible pour les activités génératrices de revenus. En effet, force est de constater qu’en dépit du faible niveau de consommation, les capacités nationales de production d’énergie électrique sont inférieures aux besoins alors que le nombre d’abonnés s’accroit d’ année en année.

L’utilisation des énergies nouvelles et renouvelables, une des solutions pour la protection de l’environnement

Selon Salvator Nsavyimana, chef de service Environnement au ministère de l’Eau et de l’environnement, l’utilisation des énergies nouvelles et renouvelables permettra de préserver la ressource bois dont la diminution progressive précarise fortement la vie des populations burundaises.
L’exploitation abusive des forêts témoigne de la forte dégradation des ressources forestières et des écosystèmes due à la forte densité démographique et à la pression qu’elle exerce sur la terre et les ressources environnementales, estime M. Nsavyimana. Il argumente que « si rien n’est fait pour inverser la tendance actuelle, le Burundi n’aura plus de forêt dans 29 ans ». Le déclin du couvert forestier a déjà causé de grands dommages environnementaux comme l’érosion, les glissements de terrain et la baisse de la fertilité des sols, informe-t-il. Il va davantage peser sur l’avenir du pays si des mesures adéquates ne sont pas prises à temps pour freiner le dérèglement provoqué sur l’écosystème.

Mettre à contribution le potentiel renouvelable du pays.

Afin de répondre aux besoins énergétiques croissants de sa population, tout en prenant en compte la variable environnementale, le gouvernement du Burundi a initié en décembre 2013 une stratégie portant sur le développement « des énergies nouvelles et renouvelables à l’horizon 2030 ». Cette démarche, qui permettra de proposer des actions concrètes pour tenter de réduire le déficit énergétique du pays, vise à favoriser l’exploitation du potentiel renouvelable considérable du pays (hydraulique, éolien, solaire,…).
Parmi les projets importants figurent la construction de deux barrages sur les rivières Jiji et Murembwe ; la centrale hydroélectrique qui sera érigée sur la rivière Ruzibazi, ainsi que les centrales de Mpanda, de Kabu 16 (implantée sur la Kaburantwa) et de Kagu 006 (sur la Kagunuzi). A cela s’ajoutent d’autres projets, comme une centrale solaire pilote et la centrale hydroélectrique de Ruzizi III que se partageront le Burundi, la République du Congo et le Rwanda.
Appolinaire Nimubona
Département de la Documentation

 

EDUCATION > Conséquences dues au retard de l’octroi de la bourse aux étudiants externes

Des endettements en plus des mésententes avec les locataires sont à signaler

 

L’Université du Burundi est fréquentée par des étudiants provenant des différents milieux du pays. La majorité provient de l’intérieurs du pays et dans des familles à revenu précaire. Beaucoup de ces étudiants n’ont d’autre revenu que la bourse. Le retard de l’octroi de celle-ci déstabilise ces derniers dans leurs études.

 

A l’Université du Burundi, certains étudiants sont internes tandis que les autres sont externes. Les deux catégories ne résistent pas de la même façon au retard de l’octroi de la bourse. Les deux premiers besoins chez l’homme, celui de manger et de logement, restent accessibles pour les étudiants internes même au cas où l’octroi de la bourse tarde. C’est le contraire pour les externes qui ne vivent que grâce à la bourse.
La rédaction du quotidien Le Renouveau est allée à la rencontre des étudiants dans les différents quartiers où ils logent. L’échange a particulièrement portée sur les conséquences dues à ce retard de la bourse. Comme ils le signalent, au cas normal, cette bourse est perçue au plus tard dans la deuxième semaine de chaque mois. Ce rendez-vous change au fur du temps et il n’est plus respecté aujourd’hui. Ces étudiants donnent l’exemple du mois de Mai qui vient de s’écouler sans percevoir cette bourse.
Concernant les conséquences, ces étudiants signalent en premier lieu celles liées aux endettements. Si les stocks s’épuisent et que la bourse n’est pas encore disponible, ils recourent aux endettements auprès de leurs voisins. Ces derniers, espèrant un rapide octroi de la bourse, acceptent un bref délai de remboursement pour multiplier les chances de recevoir le montant demandé. C’est cela qui les compromets avec leurs voisins si le retard de l’octroi de la bourse devient grave.
Ces étudiants externes soulignent aussi des mésententes avec leurs bailleurs qui ne se soucient pas d’eux en demandant l’argent juste au début du mois. En plus de ça, ces étudiants ajoutent le manque d’autres objets nécessaires dans la vie de l’étudiant : feuilles, stylos, argent pour faire la photocopie, savons pour se laver et faire la lessive, etc.
Ces étudiants demandent au gouvernement de tenir compte de la vie chère dans le quartier et de revaliser la bourse, afin qu’ils ne soient pas déstabilisés dans leurs études.

Eric Sabumukama
(Stagiaire)

 

ETUDIANTS EXTERNES> Des lamentations sur la cherté de la vie

La bourse n’est plus proportionnelle à leurs besoins

 

Les étudiants externes habitent les différents quartiers de la ville de Bujumbura. Ces derniers disent que leur capacité à mener une vie dans les quartiers tend à devenir impossible. Les prix de tous les besoins augmentent de jour en jour contrairement à leur revenu mensuel qui, lui, tend à diminuer.

 

Le quartier Kiriri-Vugizo regroupe un grand nombre d’étudiants externes car très proche du campus Rohero, un des cinq campus dont dispose l’Université du Burundi. Ce quartier est le plus préféré par les étudiants car à sa périphérie, il y a un sous-quartier communément appelé Kanyari où la location de maisons est abordable et où il y a accès à l’eau et à l’électricité. Malgré cela, les étudiants vivant dans ce quartier se lamentent de la vie qui devient de plus en plus chère.
N’ayant d’autres ressources que la seule bourse, ces étudiants disent que la gestion de cette dernière devient de plus en plus difficile. Se nourrir pendant tout un mois en plus des autres besoins nécessaires à l’étudiant n’est plus possible aujourd’hui. Considérant le montant perçu chaque mois par ces étudiants, ils disent qu’ils n’ont qu’à gérer une somme ne dépassant pas 950 francs burundais par jour. Ils signalent que le fait de se regrouper dans une même maison étant nombreux est la façon de combattre cette vie chère mais que cela est aujourd’hui dépassé. « L’année passée, on était capable de se payer le loyer et de se rationner avec les 30 000 FBu que nous percevons, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui », précisent ces étudiants. Ils ajoutent aussi que la bourse a diminué d’environ 2 000 FBu alors que les prix sur les marchés augmentent du jour le jour.
Pour ces étudiants externes, la bourse perçue n’est plus proportionnelle à leurs besoins. « Préférant un régime soi-disant moins cher, celui de la pâte de maïs et du haricot tous les jours, nous nous retrouvons avec un dépassement des 30 000 FBu, sans considérer », joute un étudiant externe. Cette vie très chère qu’ils mènent dans les quartiers peut être la cause de leur échec en classe car ils sont beaucoup plus préoccupés par ce problème que par les études.

Eric Sabumukama
(Stagiaire)

 
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