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Economie, Sciences, Education/formation

Grocery store> Impact des manifestants sur les petits commerçants

Ils avouent avoir déjà consommé le capital, par manque de clients

Dans un reportage effectué au Grocery Store, le lundi 11 mai 2015, les commerçants de la place ont confié que depuis le début des manifestations, ils observent un manque criant de clients. Selon eux, cette situation frappe beaucoup plus les vendeurs de produits frais qui disent jeter la grande quantité de leur approvisionnement pourrie. Certains avouent avoir déjà consommé une partie du petit capital en leur possession et craignent mourir de faim si la situation persiste.

DSC02222Vers 9 h du matin, presque tous les vendeurs du Grocery store sont déjà sur place. Il se remarque une faible affluence de clients. Certaines femmes se racontent comment elles parviennent à atteindre le lieu de travail. De l’autre côté, les vendeurs s’ennuient, ils attendent l’arrivée éventuelle d’un client.
Une femme qui vend les vivres frais indique que depuis plus de deux semaines, ils observent un manque criant de clients. Selon elle, la principale cause est l’insécurité qui règne au pays. A côté d’elle, une jeune femme montre des légumes et d’autres produits frais pourris. Elles proposent de jeter un coup d’œil dehors où un grand dépotoir de produits pourris s’est formé.
Sur les stands de vivres secs, un homme avec une Bible à la main, abonde dans le même sens. « Depuis le début des manifestants nous avons un manque criant de clients » dit-il. Selon lui, deux raisons expliquent ce manque. D’abord beaucoup de clients s’étaient approvisionnés en grands stocks, par peur de ce qui allait se passer. L’autre raison est l’insécurité qui règne dans presque tous les quartiers de la ville de Bujumbura.

Le rétablissement de la sécurité pour la survie
Les commerçants du Grocery Store avouent qu’ils enregistrent des pertes énormes. « La plupart viennent pour venir », fait remarquer une dame, avec un désespoir sur son visage. Certains ont commencé à consommer le petit capital, vu que ils vivent de leur bénéfice journalier, tandis que d’autres se rabattent sur leurs économies, ajoute-t-elle.
Quant aux vendeurs des vivres secs, ils ont indiqué qu’ils ne s’approvisionnent pas comme avant. Toutefois, ils ne craignent pas la pourriture de leurs marchandises. Un vendeur confie qu’il est difficile de comptabiliser les pertes enregistrées par jour, mais estime qu’il gagne la moitié de ce qu’il gagnait avant le début des manifestations.
Toutes nos sources demandent le rétablissement de la sécurité pour leur survie quotidienne.
Lyse Gahimbare

 

Mairie de Bujumbura > visite de certaines écoles

Certains enseignants se présentent malgré l’absence des élèves

Malgré l’appel du Conseil national de sécurité appelant les écoles à être fonctionnelles, certaines écoles visitées en mairie de Bujumbura restent fermées. Les administratifs rencontrés indiquent que les parents ont peur d’envoyer leurs enfants à suite de l’insécurité.

DSC06294 2Dans un reportage effectué dans certaines écoles tant secondaires que primaires, les classes sont fermées. Il se remarque toutefois une présence du personnel administratif.
Au lycée Gisenyi à régime d’internat, une quinzaine d’élèves y est restée. Ces élèves indiquent qu’ils ne pouvaient pas quitter l’école comme les autres faute de moyens. Les classes sont fermées. Les lits des dortoirs sont sans matelas. Des sources trouvées sur place indiquent que certains des enseignants y passent souvent pour voir si les élèves sont là, et rentrent par après. Au lycée du Lac Tanganyika, le préfet des études rencontré sur place a indiqué que certains des enseignants se présentent malgré l’absence des élèves.
A l’école Stella Matutina, seule la directrice et le personnel administratif y passent de temps en temps, ont fait savoir les sentinelles. D’autres écoles comme l’école Indépendante et Saint Michel Archange étaient également fermées.
La décision de rouvrir les écoles a été prise le samedi 9 mai courant. Les élèves viennent de passer plus de deux semaines à la maison.
Lyse Gahimbare

 

CONCOURS NATIONAL> Son déroulement à Bujumbura et à Gatumba

Les écoliers de certains quartiers de Bujumbura ont été affectés ailleurs pour des raisons de sécurité

Les écoliers de la 6e année primaire ont passé le concours national, le jeudi 7 mai 2015. Ce denier leur permet d’entrer au secondaire. Dans la capitale Bujumbura, les manifestations qui se déroulent dans certains quartiers ont perturbé la passation de cette épreuve. Les écoliers ont été déplacés vers d’autres centres de passation pour des raisons de sécurité. A Gatumba, aucun incident n’a été signalé.

DSC 8571Le quotidien du Burundi Le Renouveau a visité quelques centres de passation du concours national pour se rendre contre du déroulement des épreuves. Il a fait de même dans certains centres de Gatumba dans la commune Mutimbuzi.
A notre passage au lycée municipal Kamenge à 9h40, la présidente du centre de passation du concours national, Virginie Niyondiko a informé qu’un certain nombre de candidats ont passé les épreuves. L’effectif des présences, des absences et d’autres écoliers venus d’ailleurs n’était pas encore connu parce que les directeurs n’avaient pas encore donné le rapport y relatif. Mme Niyondiko a fait savoir que quelques cas d’absence se sont observés et parmi ces derniers, il y a ceux qui ont été transférés dans d’autres centres, d’après les informations recueillies auprès des directeurs des écoles où devaient se passer les épreuves. Elle a signalé qu’il y a des écoliers qui ont abandonné l’école et d’autres qui sont peut être allés à l’intérieur du pays. Il y a aussi cinq candidats qui y ont passé le concours en provenance des directions communales de Cibitoke et Ngagara.
Au lycée municipal Gasenyi, le président de ce centre, Onésime Ntahomereye, a fait savoir que les écoles qui y ont passé le concours sont l’Ecole primaire (EP) Gasenyi II, EP Nyabagere, EP de la Foi et EP Mutimukeye. Ces dernières comptent respectivement 139, 88, 33 et 16 écoliers, soit un total de 276 candidats. Parmi les 276 candidats, 263 étaient présents, 8 absents et 5 abandons, a indiqué M. Ntahomereye. Il a également signalé qu’il y avait deux écoliers venus d’ailleurs.
Au centre de passation du lycée du Saint Esprit, sa présidente, Annociate Ndayizigiye a fait savoir que l’effectif total prévu des candidats était de 303 écoliers dont 243 de l’Ecofo Gihosha et 60 de l’EP Amitié Chine Burundi. Parmi eux, 8 seulement étaient absents. Jusqu’à 10h45, le nombre d’élèves venus d’ailleurs s’élevaient à 20, a affirmé M. Ndayizigiye. Ceux-ci provenaient des anciennes communes urbaines de Nyakabiga, Ngagara et Kinama. A notre passage au lycée Scheppers Nyakabiga à 11h10, le président de ce centre de passation et ses collaborateurs étaient en réunion pour élaborer le rapport. Nous avons appris que les manifestants y ont chassé les candidats au concours national. Donc, à ce centre, le concours n’a pas eu lieu.

Les élèves de Musaga ont été affectés au centre du lycée municipal de Rohero
Au lycée municipal de Rohero où nous sommes passés vers 10h, le responsable du centre était en train d’appeler les écoliers un à un. Ceux-ci devaient passer le concours national, respectivement à l’Ecole primaire Musaga I et II et l’Ecole primaire de Kinanira II. Mais, la directrice du centre indique que ce dernier a été créé à la suite des manifestations qui se font dans certains quartiers de la capitale Bujumbura dont Musaga.
Au centre de l’Ecole primaire Stella Matutina étaient affectés les écoliers des écoles primaires Stella Matutina, Kinindo, Indépendante, Arc-en-ciel, Le Bon Samaritain, de l’Unité, Le Flambeau, Les Poussins. Mais, a précisé M. Nsabimana, président du centre, les manifestations qui ont perturbé certains quartiers ont fait que la passation du concours national ne se fasse pas dans de bonnes conditions. Il a également fait savoir qu’ils ont commencé un peu tard suite à l’accueil des écoliers venus d’autres centres qui n’ont pas pu faire passer l’examen comme prévu.
Les écoliers qui n’étaient pas affectés au centre Stella Matutina mais qui s’y sont présentés étaient venus de plusieurs écoles de la mairie de Bujumbura. Il s’agit, entre autres, des écoliers issus des écoles primaires Kinanira III, Les Mignons, Notre Dame de l’Annonciation, Kibenga Shine School, La colombière, Arche des connaissances, etc. Ceux-ci recevaient le numéro d’inscription 7 000 et plus.
Jusqu’au début de l’examen à 10h50, des écoliers continuaient à venir. C’étaient notamment des écoliers qui devaient passer l’examen au lycée international de Bujumbura à qui les manifestants ont exigé de rentrer. Ces derniers étaient soit transportés par leurs parents, soit par les véhicules des militaires et d’autres.

Six cent quarante-deux candidats se sont présentés à Gatumba

Six-cent quarante-deux candidats se sont présentés au concours national, édition 2015, dans la zone Gatumba située en commune Mutimbuzi, province de Bujumbura. Cinq cas d’abandon ont été respectrivement recensés dans les écoles primaires Les Dindons, Gatumba III, Mushasha I, Mushasha II et Warubondo. Les raisons de ces abandons n’ont pas été connues.
La zone Gatumba était constituée de trois centres, à savoir Gatumba I, Gatumba IV et Mushasha I. Le centre Gatumba I était composé de cinq écoles primaires Gatumba I, Gatumba III, Gatumba VI et Les Dindons. Le centre Gatumba IV était constitué de Gatumba II, Gatumba IV, Gatumba V, Gatumba VII et Vugizo. Quant au centre Mushasha I, il a réuni les écoles primaires Mushasha I, Mushasha II, Warubondo et Maendeleo.
Certains concourants interrogés ont indiqué que le concours national, édition 2015, était à leur portée.
Deux écoliers sont venus de Musaga et Kabondo. Ils ont craint la situation qui n’est pas favorable à la passation de ce concours dans la municipalité de Bujumbura. Aucun incident n’a été signalé dans la zone Gatumba.

Masta Shabani
Amédée HABIMANA
Ezéchiel MISIGARO

 

 

LYCEE SCHEPPERS> Sa situation économique

Elle va de mal en pis

Le directeur du lycée Scheppers Frère Joseph Vyandariye a donné un entretien au quotidien du Burundi « Le Renouveau » sur la situation économique dudit lycée. L’école n’arrive jamais à supprimer les dettes mais au contraire celles-ci s’accumulent davantage. Les élèves mangent deux fois par jours. Pour les livres, il y a le minimum mais les produits de laboratoire sont nettement insuffisants.

DSC02669Le directeur du lycée Scheppers de Nyakabiga a indiqué que la situation est très difficile. En ce qui concerne la nourriture, le gouvernement donne 800 FBu par jour et par élève alors que si on va dans un petit restaurant on ne peut pas avoir même une petite assiette pour ce montant. Pour dire qu’avec 800 FBu, on ne peut pas vivre. Le minerval que le gouvernement a proposé est nettement insuffisant. Les élèves paient 8 000 FBu par trimestre. La somme que ledit lycée doit donner au ministère de l’Enseignement de base amenuise davantage les moyens dont dispose cette école.
Le directeur du lycée Scheppers a souligné que cet établissement doit recourir à des crédits. Les fournisseurs donnent toujours des vivres à crédit. L’école n’a pas d’autres ressources autres que les subsides du gouvernement et une partie du minerval des élèves. Les fournisseurs vendent cher par rapport au coût normal parce qu’ils attendent assez longtemps pour être remboursés. Egalement l’école n’arrive jamais à supprimer les dettes mais au contraire elles s’accumulent davantage. Frère Vyandariye propose la suppression pure et simple des internats même s’il y en a qui, sentimentalement, s’y tiennent encore. Le directeur du lycée Scheppers demande d’augmenter cette somme ou de supprimer les internats. Avant, il y avait des âmes généreuses qui donnaient des dons en espèces ou en nature. Actuellement le lycée n’en reçoit plus parce que les donateurs ont investi dans d’autres projets plus importants. Pour le directeur du lycée Scheppers, l’internat est un luxe inutile puisqu’on ne peut pas faire nourrir les élèves convenablement. Ledit lycée a supprimé la bouillie du matin parce que cela demande du sucre et de la farine alors que les moyens sont maigres. Cela implique que les élèves mangent à midi et le soir.
Qu’à cela ne tienne, les élèves ont le minimum à manger, raison pour laquelle ils ne s’adonnent pas aux grèves. Pour 520 élèves, on doit faire cuire 95 kg de haricots, 90 kg de farine pour la pâte et 85 kg de riz par jour.
Au niveau du laboratoire, l’école a reçu quelques matériels il y a 5 ans. Un des élèves dudit lycée a été premier dans un concours et a reçu 1 500 dollars américains. L’école a pu acheter quelques matériels et produits. L’argent qu’on paie pour le laboratoire est déposé au ministère ayant l’éducation dans ses attributions mais on n’achète rien pour l’école. Concernant les livres, avec l’école fondamentale, on donne un livre pour deux ou trois élèves et un livre pour le professeur par la matière enseignée mais ça reste insuffisant. La bibliothèque a le minimum mais l’école va bientôt être dépassée avec la fondamentale qui implique le changement des programmes. Malgré les difficultés, l’école a un bon classement au niveau national.
Ezechiel Misigaro

 
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