Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

Economie, Sciences, Education/formation

DOSSIER> La filière sucre

Les spéculations s’observent malgré la baisse du prix

 

Malgré les récoltes significatives du sucre et la baisse du prix, des spéculations continuent à s’observer depuis plusieurs années. La responsabilité revient aux commerçants et à la plate-forme de suivi et du contrôle de distribution du sucre.

 

IMG-20150618-WA0009La filière sucre est gérée par la Société sucrière du Moso (Sosumo) sous régime d’économie mixte, selon le ministère de l’Agriculture et de l’élevage. Elle exploite en régie 3 028 hectares (ha) de plantations avec des variétés importées de l’Ile Maurice dont 1 582 ha dans les bas-fonds ; 331 ha dans les fonds inondables ; 743 ha dans les plateaux ou collines et 372 ha dans les piedmonts. L’irrigation par gravité, grâce à un barrage, n’est pratiquée que pendant la saison sèche sur environ 100 ha des piedmonts. Le rendement en champ est de 70 tonnes/ha de cannes fraîches tandis que celui à l’usinage est de 11,5%. L’unité d’usinage a une capacité de 22 000 tonnes/an du produit final. La production moyenne annuelle est de 20 000 tonnes/an avec un chiffre d’affaire de 25 milliards de francs burundais.

De réelles chances d’amélioration substantielle des résultats de la filière

Sur base d’une production estimée à 20000 tonnes dont 5 000 tonnes destinées à l’export, cette filière permet une économie de devises de l’ordre de 22,5 millions de dollars et une participation au Produit intérieur brut (PIB) de 3,0%. Les possibilités d’extension des superficies de cannes à sucre et des capacités d’usinage offre par ailleurs de réelles chances d’amélioration substantielle des résultats de la filière.

Un manque de sucre répétitif sur le marché

Malgré les récoltes satisfaisantes de la Sosumo, le Burundi connaît, depuis plusieurs années, une problématique qui résulte du manque de sucre répétitif sur le marché et/ou de la hausse du prix par les détaillants et/ou les grossistes.
La ministre d’alors du Commerce, de l’industrie, des postes et du Tourisme de l’époque, Rose Nizigiyimana a signé, au mois de janvier 2015, une ordonnance ministérielle portant révision à la baisse du prix du sucre dont le coût d’un kg de sucre passait de 1 850 francs burundais à 1 650, donc une réduction de 200 francs. Cette mesure n’a pratiquement pas été suivie dans différents coins de l’intérieur du pays et dans les quartiers de la mairie de Bujumbura, la capitale burundaise.
La Sosumo a produit, en 2014, 23 149 tonnes de sucre à Gihofi, selon le directeur commercial de la Sosumo, Jean-Claude Cibogoye. Mais, le prix au kilo est en hausse malgré cette récolte significative.
Dans différentes communes de l’intérieur du pays, le prix du sucre par kg varie entre 2 200 et 2 500 FBu. Dans la commune Gitega en province de Gitega, dans la plupart des boutiques, le sucre coûte 2 500 francs le kilo. Dans la commune Ngozi en province de Ngozi, le kilo coûte 2 200 francs.

A Bujumbura, les prix varient selon les quartiers

Dans la municipalité de Bujumbura, dans différentes boutiques des quartiers de la commune Gihosha, le prix du sucre par kilo varie entre 2 300 et 2 500. Certains détaillants de Musaga le vendent à 2 400 francs, d’autres à 2 400 francs le kilo. A Kibenga, le kilo est vendu à 2 500 francs. Au quartier Rohero, certains marchands vendent le sucre à 2 500 francs tandis que d’autres le vendent à 1 900 francs à condition que le client achète un autre article. Pourtant, l’Etat l’a fixé à 1 650 FBu.

Une spéculation exagérée

Certains grossistes du marché de Buyenzi City market communément appelé « Kwa Siyoni », qui ont voulu garder l’anonymat, affirment que la marge brute de bénéfice n’est pas considérable. La Sosumo livre un sac de 50 kg à 77 895 FBu et le grossiste devrait le vendre à 79 787 Fbu, d’après Jean Claude Cibogoye. Les grossistes approchés ont révélé que certains vendent un sac de sucre à 100 000 FBu, d’autres à 110 000. Ils expliquent que c’est pour compenser les frais pour le transport, la main-d’œuvre et le loyer de leurs magasins.


L’administration locale se dit dépassée

Au niveau des quartiers dans la municipalité de Bujumbura, l’administration locale est dépassée. L’administrateur de la commune urbaine de Kamenge, Damien Baseka, indique que l’administration essaie de juguler cette fraude du sucre, mais sans succès. « Certains grossistes de Kamenge ont effectué des commandes du sucre il y a deux semaines mais ils n’ont pas encore eu de réponse sous prétexte qu’il n’y a pas de sucre dans le stock de la Sosumo à Bujumbura. », a-t-il poursuivi. Et de souligner que dans ces conditions, les commerçants font sans doute des spéculations. Cependant, l’adjoint du responsable de l’entrepôt du sucre à Bujumbura, Christine Ndabazi, a révélé qu’il y a du sucre et qu’il est distribué aux commerçants.

La population juge anormal que le prix fixé par l’Etat ne soit pas respecté

Anicet Girukwishaka, habitant du quartier Gasenyi, explique que les commerçants s'associent pour spéculer afin de gagner beaucoup dans un court terme. Il juge anormal que le prix fixé par le gouvernement ne soit pas respecté par tous les commerçants. « Une telle spéculation se fasse au vu de la police et de l’administration et il n’y a même pas de sanctions », s’étonne Gaspard Nicayenzi, habitant de la commune urbaine de Buyenzi.
Jean-Claude Cibogoye indique que la responsabilité des spéculations revient à la plate-forme de suivi et du contrôle de distribution du sucre. Les gouverneurs, les administrateurs et les chefs de colline qui envoient les listes des grossistes de leur localité doivent travailler ensemble pour contrôler et sanctionner les commerçants qui s’adonnent à la fraude. « La Sosumo, en ce qui la concerne, raye de la liste les commerçants surpris en train de pratiquer la fraude », précise M. Cibogoye. La collaboration de tous les intervenants est nécessaire dans la gestion du sucre, mentionne-t-il.
Le lancement de la campagne de sucre 2014-2015 est prévu le mardi 23 juin 2015. Une conférence de presse sera animée à l’endroit des médias et sera l’occasion de faire le point sur la situation de la filière, a annoncé Jean Claude Cibogoye.
Propos recueillies par Eric Mbazumutima

 

Marché de Ngagara> Panier de la ménagère

Les prix sont généralement revus à la baisse

 

DSC07448Dans différents marchés de la municipalité de Bujumbura, les prix des denrées alimentaires varient d’une saison à l’autre. Au marché de Ngagara, les prix de certains produits sont en général revus à la baisse.


En général, à part le maïs, les prix des vivres secs, à savoir le riz et le haricot sont revus à la baisse. Les commerçants ont fait savoir que les prix sont moins élevés grâce à la saison des récoltes du riz et du haricot. Quant aux clients rencontrés, ils sont satisfaits de cette situation mais s’inquiètent aussi car cette situation ne dure pas. C'est-à-dire qu’après au moins un mois, les prix seront revus à la hausse.
Quant aux oignons, ceux qui sont disponibles ne sont pas de bonne qualité et les prix sont très élevés. Les commerçants ont indiqué que ce produit est rare car celui en provenance de la Tanzanie n’est plus disponible sur le marché local.

Lucie Ngoyagoye

 

 

MUNICIPALITE DE BUJUMBURA> La persistance de la flambée du prix du sucre

Le prix varie entre 2 200 et 2 500 FBu le kilo

 

Depuis le mois de janvier 2015, le prix du sucre a officiellement connu une baisse. Mais dans la pratique, le prix de cette denrée reste toujours exorbitant. Les détaillants jettent le tort sur les grossistes qui font des spéculations pour rendre rare ce produit local.


En date du 13 janvier 2015, l’ex-ministre burundaise du Commerce, de l’industrie et du tourisme, Rose Nizigiyimana, a signé une ordonnance ministérielle portant révision à la baisse le prix du sucre. Le prix est passé de 1 850 FBu à 1 650FBu le kilo, d’où une réduction de 200 FBu. Mais, cette mesure n’a pas été suivie largement par les personnes impliquées dans le commerce de ce produit. Au lieu de diminuer, le prix de ce produit plutôt a continué d’augmenter d’une manière exponentielle.
La rédaction du journal Le Renouveau est passée dans certaines communes de la municipalité de Bujumbura pour s’enquérir de la situation. En commune urbaine de Gihosha comme à Kamenge, à Nyakabiga et à Rohero, les prix connaissent des variations. Certains détaillants dans des boutiques ne préfèrent pas dire la réalité à propos de la persistance de la flambée du prix du sucre.

La cherté prend origine chez les grossistes

D’après un boutiquier de la commune Gihosha qui a voulu garder l’anonymat, la cherté du sucre prend origine chez les grossistes. Ces derniers ne mettent même pas leurs stocks à la vue de tout le monde, donc une philosophie de prouver la rareté de ce produit, a ajouté le boutiquier. Actuellement, un de 50 kg est acheté à cent dix mille francs burundais. Avec toutes les dépenses, le boutiquier ajuste le prix au kilo afin de ne pas travailler à perte. C’est pour cette raison que certains le vendent à 2 200 FBu, d’autres à 2 400FBu et d’autres encore à 2 500 FBu le kilo.

Les détaillants accusés de malhonnêteté par les consommateurs.

D’après les boutiquiers interrogés par le Renouveau, les consommateurs jettent le tort sur eux. Ils disent qu’ils augmentent les prix pour pouvoir gagner beaucoup alors que c’est faux. Et quant aux boutiquiers, ils disent que cette flambée des prix n’est pas due à eux. Face à cette situation, les consommateurs disent qu’ils sont choqués. La population demande aux autorités administratives en particulier et au gouvernement en général de prendre les mesures qui s’imposent afin d’arrêter ce cambriolage.
Martin Karabagega (stagiaire)

 

COMMERCE> Petit marché de Nyakabiga

Les affaires tournent au ralenti

 

Le petit marché de Nyakabiga ne fonctionne pas convenablement étant donné qu’il n’y a plus de consommateurs qui viennent pour s’approvisionner. Cela serait lié à la situation de crise que le quartier Nyakabiga a traversée. Les commerçants espèrent que ce petit marché sera mouvementé avec le temps.

 

DSC08118Le quotidien Le Renouveau a visité le jeudi 18 juin 2015, le petit marché de Nyakabiga situé entre ce quartier et le campus Mutanga en vue de se rendre compte de ses activités après les manifestations qui l’ont secoué. Il ressort des entretiens que nous avons eus avec certains commerçants qu’ils éprouvent beaucoup de difficultés liées à la fois à l’absence de marchands et au manque de façon criante de clients.
Selon Domitien Ndabambarire, un tailleur qui exerce ses activités dans ce petit marché, les commerçants ne font que tourner les pouces dans la mesure où il n’y a presque pas de clients. Beaucoup de ménages ont fui leur quartier vers d’autres quartiers où la sécurité est relativement bonne.
Le peu de vendeurs qui y sont restés tentent d’étaler leurs marchandises, mais ils ne trouvent pas de clients. M. Ndabambarire a précisé qu’il faudra que les politiciens s’entendent pour que les activités soient vivantes dans ce petit marché de Nyakabiga.
Il a fait remarquer qu’il existe d’agents communaux qui viennent demander aux marchands de payer les taxes. Ces derniers leur demandent d’observer le mouvement du marché en vue de se donner une réponse. D’après lui, ces agents communaux viennent remuer les plaies en voie de cicatrisation.
Pour Cécile Nahimana, une vendeuse de denrées alimentaires, les commerçants n’arrivent plus à écouler leurs marchandises indépendamment du nombre décroissant de ces commerçants. Elle a ajouté qu’elle passe plus de trois jours sans voir un client qui vient ne fût-ce que demander les prix des denrées.
Cela fait que les commerçants soient découragés et ne s’approvisionnent pas. Les prix des produits alimentaires sont actuellement élevés. Et pour preuve, un kilo d’oignons coûte aujourd’hui 2 000 FBu alors qu’il revenait à 500 FBu ou 600 FBu dans le passé.
Masta Shabani

 
Ouvrir