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Economie, Sciences, Education/formation

CNFAL> Entretien avec le Coordinateur du centre

Sur les enjeux d’un développement économique local et durable

 

Dans un entretien qu’il a accordé au journal «Le Renouveau» du Burundi, Serge Njebarikanuye coordinateur du Cnfal (Centre national de formation des acteurs locaux), il apparaît que le développement économique et local est l’apanage des communes elles-mêmes. Parmi les enjeux de ce dernier, il faut citer la création d’emplois locaux et la valorisation du savoir-faire et des spécificités locales. 

 

Que comprendre des enjeux d’un développement économique durable? D’après M. Njebarikanuye, il ne s’agit pas seulement de promouvoir le développement économique, il faut aussi favoriser la préservation durable des richesses, et, donc insérer le développement économique dans une dynamique plus large qu’est celle du développement durable. Et de faire remarquer que, parmi  les modules prévus par le Cnfal à l’endroit des acteurs locaux, figure la promotion du développement économique et local. Selon toujours Serges Njebarikanuye, le développement durable est en effet une approche complète qui a trait au territoire et à la population dans sa globalité à travers trois dimensions : sociale, environnementale et économique. Il a signalé qu’il faut rappeler à l’administration communale que les ressources naturelles constituent une opportunité économique. D’où il est important, non seulement de les exploiter, mais encore et surtout  de les gérer durablement afin que cette manne économique ne tarisse pas rapidement.

Une préservation et bonne gestion des ressources naturelles

Le coordinateur du Cnfal indique que le centre a prévu une formation sur la préservation et la bonne gestion des ressources naturelles dans le cadre du développement économique et local. Ainsi le développement agricole constitue le levier du développement local au Burundi. L’exploitation des ressources naturelles à des fins agricoles doit se faire de manière durable. Il faut encourager l’agriculture intensive compréhensible au Burundi compte tenu de la population à nourrir,  mais à terme, on finit par épuiser le sol. Il serait souhaitable de faire la pratique de la jachère  là où c’est possible et d’utiliser de la matière organique en suffisance. Par exemple couper des arbres pour faire du charbon de bois constitue une activité économique. Cependant, si le bois coupé n’est pas replanté, l’activité économique sera limitée dans le temps et les ressources économiques disparaîtront. Il est recommandé de promouvoir des techniques permettant d’économiser l’utilisation du charbon de bois comme les foyers améliorés.

Créer localement l’emploi et valoriser le savoir-faire et des spécificités locales

M. Njebarikanuye dit qu’en matière de création d’emploi, les secteurs publics et privés sont complémentaires. Ainsi, a-t-il dit, la commune peut faire pression pour que toutes les activités qui se déroulent sur son territoire favorisent l’embauche locale dès lors que les compétences requises existent. Il a donné l’exemple du cas d’un partenaire financier et de  l’Etat qui décident de construire une route qui traverse la commune, l’administration communale peut négocier avec ces derniers afin que les travaux soient exécutés prioritairement avec la main d’œuvre locale. D’après toujours Serges Njebarikanuye, le développement économique local doit s’appuyer sur la valorisation du savoir-faire et des spécificités locales. Les communes qui ont des spécificités bien marquées telles que les forêts, les sites touristiques, les produits artisanaux, les légumes, les fruits, etc. peuvent encourager les privés à s’investir dans ces secteurs. Par exemple, a-t-il ajouté, la commune peut mener un lobbying auprès des hôtels implantés pour qu’ils achètent et utilisent les productions locales. Et si la quantité n’est pas assez importante pour que les produits soient commercialisés, la commune peut mettre en relation des producteurs et des organisations nationales et internationales pour appuyer les producteurs. Et si ces producteurs veulent investir, la commune peut les mettre en lien avec un organisme de micro-crédit.
Amedée HABIMANA

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