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Avortement> Chez les élèves

Les problèmes de santé et psychologiques rencontrés

 

IMG 02785L’avortement est couramment pratiqué par des jeunes filles qui tombent enceinte pendant qu’elles fréquentent encore le banc de l’école. Porter une grossesse non désirée est l’une des causes de l’avortement chez les jeunes lycéennes. Le quotidien Le Renouveau s’est entretenu avec certaines filles du Lycée municipal de Gasenyi et un psychologue. Ils ont parlé des problèmes de santé et psychologiques que peuvent rencontrer ces filles après l’avortement.

 

Les grossesses non désirées sont fréquentes chez les adolescentes, du fait que certaines d’entre elles ne savent pas comment les éviter. Elles ont parfois honte d’aller acheter des préservatifs ou des pilules et n’osent pas avoir recours aux méthodes contraceptives. Certaines d’entre elles manquent d’informations et ont un accès limité aux services de santé sexuelle et procréative. Comme conséquence, certaines filles lorsqu’elles tombent enceinte accidentellement, font recours à l’avortement de peur d’être chassées par leur famille ou d’être stigmatisées par la société.
Selon Claudine Uwimana, ces cas d’avortement se produisent en secret et en clandestinité. Ils sont faits dans beaucoup de cas lorsque les filles ne peuvent pas assumer leur grossesse, ou l’homme a nié être l’auteur de cette grossesse et la fille, ne sachant pas où aller, décide d’interrompre sa grossesse. Elle a fait savoir que certaines filles avortent sans une assistance médicale et dans des conditions d’hygiène pénibles et particulièrement dangereuses. Elle affirme que ce cas s’est produit dans leur lycée où des élèves ont trouvé une jeune fille en train d’avorter dans les toilettes du lycée. Cette fille a failli mourir si ses camarades ne l’avaient pas découverte à temps, ajoute-t-elle. D’autres filles ont indiqué que l’avortement entraîne des problèmes de santé chez les jeunes filles qui, parfois, risquent, même de mourir. Et d’ajouter qu’elles risquent d’attraper des infections et parfois, lorsque l’avortement s’est mal passé il est à la base de la stérilité et des difficultés à tomber enceinte de nouveau.

Les filles qui ont avorté ressentent de la culpabilité et se renferment sur elles-mêmes.

Les filles qui pratiquent l’avortement subissent des conséquences aussi bien liées à la santé que psychologiques. Venuste Hakizimana, psychologue, a dit qu’elles ressentent de la culpabilité, elles se sentent inférieures par rapport aux autres. De ce fait, elles ont un sentiment de honte, parce qu’elles ont tué et ont tendance à se renfermer sur elles-mêmes. Il a indiqué aussi qu’il peut y avoir des troubles sexuels, un dégoût lors des rapports sexuels, et la peur du sexe opposé. Les autres conséquences observées chez ces filles sont le déni, le désespoir, et un choc émotionnel. Vénuste H. a fait savoir que ces filles doivent être prises en charge et ont besoin d’être aidées à surmonter cette situation.
Quant aux lycéennes, elles demandent qu’à l’école, des cours sur la santé sexuelle et reproductive soient traduits en langue maternelle pour une bonne compréhension et soient bien expliqués sans scrupule ni tabou. Dans les familles, elles conseillent les parents à dialoguer sans difficulté avec leurs enfants sur la sexualité. Des campagnes de prévention des grossesses non désirées ou sur l’utilisation des contraceptions chez les jeunes doivent être menées dans les écoles pour réduire les avortements.

LORENE NUBWABO (Stagiaire)

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