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Economie, Sciences, Education/formation

SYSTEME EDUCATIF BURUNDAIS> Ses défis

Parmi eux, un manque de curriculum holistique

 

DSC07601Le système éducatif burundais connaît des défis auxquels la politique enseignante va tenter de trouver des solutions. Parmi eux figure le manque de curriculum holistique. Cela ressort de l’entretien du mardi 5 novembre 2019 avec le secrétaire permanent au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (MESRS), Fréderic Bangirinama. 

 

Le secrétaire permanent au MESRS  a indiqué que la politique enseignante du Burundi a été élaborée  sur base des documents qui ont été déjà élaborés par les chercheurs d’universités, notamment, la faculté de Psychologie et sciences de l’éducation. Selon lui, il y a un document qui a été élaboré en 2012 et un autre en 2017. Mais également les membres de l’équipe technique nationale ont effectué un diagnostic au niveau national où plusieurs personnalités ont été enquêtées et interviewées pour dresser l’état des lieux du métier d’enseignant au Burundi, a-t-il dit. M. Bangirinama a fait savoir que parmi les défis identifiés, il y a le système éducatif burundais qui souffre d’un manque de curriculum holistique, c’est-à-dire  qui est articulé depuis la base jusqu’au sommet, donc depuis le préscolaire jusqu’à l’université. « On devrait bâtir les programmes comme une maison en étages où il faut savoir la consistance de la fondation que vous avez effectuée et combien d’étages il faut ériger au-dessus. Cela demande une bonne planification », a-t-il dit. 

Définir quel type d’enseignant on doit recruter 

Selon le secrétaire permanent au MESRS, le 2e défi est le cadre légal de recrutement des enseignants élaboré dans un contexte financier contraignant car les finances sont quelques fois  limitées mais il faut gérer le peu dont le pays dispose en termes de recrutement et  de priorités. Et cela afin de définir quel type d’enseignant on doit recruter pour telle classe, pour tel endroit et pour telle province. M. Bangirinama  a dit que l’exercice du métier d’enseignant  est confronté à de multiples défis, notamment, au niveau social, économique,  de la qualité des infrastructures et de la massification d’élèves. Selon lui, le défi lié aux infrastructures scolaires construites sans parvenir totalement  à résoudre le problème de la massification persiste, bien qu’il y ait eu tant d’efforts depuis 2005 pour construire les salles de classe au niveau national. «On observe encore des classes qui contiennent plus de 70 élèves de manière qu’un enseignant, même s’il  est formé dans une école d’excellence, est quasiment incapable d’avoir un bon rendement avec une classe de plus de 70 élèves », a-t-il fait remarquer. 

Un manque de plan de développement évolutif

Le secrétaire permanent au MESRS a ajouté que l’autre défi est que des accompagnateurs sont souvent sans préparation préalable et leurs cahiers de charges sont souvent diffus, c’est-à-dire que les inspecteurs, les directeurs d’école, les préfets, etc., sont souvent sans préparation. Et, quelques fois, a-t-il dit, on trouve que ce n’est pas bien clair  concernant ce que font le conseiller  pédagogique et l’inspecteur. Pour M. Bangirinama, la plupart des fois, ces deux fonctions sont confondues.  « Enfin, nous avons une carrière enseignante souffrant d’un manque de plan de développement évolutif. C’est-à-dire que si un enseignant est engagé dans une classe quelconque, quel est l’espoir pour lui de devenir, par exemple, un directeur ou d’être considéré dans la société comme un directeur, en lui accordant les mêmes avantages car tout le monde ne pourrait pas être directeur. Est-ce que dans la carrière, il y a moyen d’évoluer échelon par échelon pour être au même niveau qu’un directeur ? Au même niveau qu’un inspecteur provincial ? etc. C’est cela dont nous avons besoin dans le plan de développement évolutif. », a précisé le secrétaire permanent au MESRS.

Ezéchiel Misigaro

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