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Economie, Sciences, Education/formation

ENTRETIEN> La culture de stevia au Burundi

Elle procure un intérêt économique que médecinal

 

IMG 828La plante stévia connaît actuellement, dans le monde entier, un intérêt croissant auprès des chercheurs, des agriculteurs, des grandes firmes commerciales et pharmaceutiques, et des consommateurs. Cela, suite à son adaptation à une large gamme de climats d’une part et à ses diverses vertus thérapeutiques et médicinales pour la santé humaine, en particulier pour les diabétiques et les obèses d’autre part. Tels sont les avis recceuillis auprès du chercheur à l’Isabu, Cyrille Mbonihankuye lors d’une interview accordée à la rédaction du quotidien « Le Renouveau ». 

 

Pour Cyrille Mbonihankuye, la Stevia rebaudiana est une espèce appartenant à la famille des Astéracées. Ses feuilles contiennent des glycosides naturels qui ont un goût très sucré mais non calorifique, dont le stévioside qui constitue le principal édulcorant est estimé entre 250 à 300 fois plus sucré que le sucre de canne.  La forte demande mondiale en édulcorants naturels non calorifiques est le résultat du changement des habitudes alimentaires des consommateurs, de plus en plus exigeants en nourriture plus naturelle en raison des problèmes d’obésité et de diabète, et à la polémique qui entoure les édulcorants synthétiques. Actuellement, en plus des pays de l’Amérique latine (Paraguay, Brésil, Argentine, Uruguay) et de l’Amérique Centrale, la stévia est cultivée dans divers pays du monde, comme culture expérimentale ou commerciale (USA, Canada, Russie, Israël, Angleterre, Japon, Chine, Corée, Thaïlande, Malaisie, Inde, Géorgie, République Chèque, Allemagne, Suède, Australie). Le premier producteur mondial reste la Chine avec une superficie de 20 000 ha et le premier consommateur mondial est le Japon avec une consommation d’environ 2 000 tonnes de feuilles sèches/an, soit presque 40 % du marché mondial. L’insertion de cette espèce dans les systèmes de production agricole nécessite une connaissance approfondie de la plante, ses exigences et son potentiel agronomique.

Composition chimique de la stevia

M. Mbonihankuye a précisé que le goût sucré de la stévia est dû à la présence dans ses feuilles de stéviols glycosides qui sont des glycosides solubles dans l’eau. Les quatre principaux présents dans les feuilles de stévia sont: le Stévioside, le Rebaudioside A, le Rebaudioside C et le Dulcoside A avec des proportions dans le poids sec des feuilles respectivement de 5-10%, 2-4%, 1-2% et 0,5-1%. La teneur des plantes en stéviols glycosides dépend du génotype, des conditions climatiques et culturales. Le pouvoir sucrant des stéviols glycosides (évalué en comparaison à celui du saccharose) varie entre 50 et 450 fois celui du sucre.  Il est de 350-450 fois pour le Rebaudioside A, 300-350 fois pour le Rebaudioside D, 250-300 fois pour le Stévioside, 50-120 fois pour le Dulcoside A et non déterminé pour le Rebaudioside C.  Concernant la valeur nutritionnelle, les stéviols glycosides ont une valeur énergétique nulle (acalorique).  Elle a un intérêt médecinalSelon le chercheur, la stévia présente un intérêt agronomique important. C’est une espèce pérenne  et s’adapte à une large gamme d’environnements et  peut être récoltée trois à quatre fois par an. Sa propagation se fait par semence, boutures ou par culture in vitro de tissus.  Elle présente aussi un intérêt économique considérable grâce à aux  utilisations diverses de ses feuilles et de leurs extraits: médicinales, alimentaires ou culinaires. En médecine, la stévia est reconnue grâce à son  amélioration du fonctionnement cardiovasculaire. Elle est aussi efficace dans le cas de l’hypertension artérielle, dans le cas de certaines infections chroniques, agent bactéricide, antagoniste au calcium, additif aux comprimés pour l’amélioration du goût. Elle améliore l’appétit et aide à la digestion, améliore les fonctions gastro-intestinales, etc.Son intérêt se manifeste aussi quant à son utilisation alimentaire et culinaire. C’est-à-dire édulcorant pour sucrer divers aliments: thé, café, boissons, jus, yaourts, biscuits, cakes, pâtisserie, confiserie, salades, sauces, plats cuisinés.

Aline Nshimirimana

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