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Economie, Sciences, Education/formation

BRB> Conférence-débat

La problématique de la fuite des capitaux, au menu du débat

 

IMG 4042La Banque de la république du Burundi (BRB) a organisé, le vendredi 9 août 2019, une conférence-débat à l’endroit des chercheurs et enseignants des universités locales et des différents intervenants dans les secteurs économique et financiers. Les participants ont échangé sur la problématique de la fuite des capitaux. 

 

Organisée sous le thème : « Fuite des capitaux : une entrave au développement économique et social», la conférence-débat avait pour objectif d’échanger autour des causes, des effets et des solutions à la fuite des capitaux.Le gouverneur de la BRB, Jean Ciza, a indiqué, dans son discours d’ouverture de la conférence, que le financement économique des pays africains reste une préoccupation qui a toujours fait objet de débat entre différents acteurs de la vie économique. En effet, a-t-il poursuivi, l’Afrique dispose d’un grand potentiel pour le développement économique et social avec beaucoup de ressources et de matières premières, mais la façon de les gérer reste une préoccupation. «Chaque pays est appelé à s’organiser devant une orientation claire sur base des expériences passées mais aussi en tenant compte des perspectives d’avenir», a-t-il  mentionné.

La fuite des capitaux, un handicap au développement pour l’Afrique

Dans sa présentation, Léonce Ndikumana, chercheur et professeur à l’université de Massachusetts Amherst, a indiqué que le terme «fuite de capitaux » fait référence à des fonds qui ont été enregistrés comme entrant dans un pays, mais dont l’utilisation ne peut pas être retracée dans les statistiques officielles.Etant un handicap au développement pour l’Afrique, la fuite des capitaux est généralement alimentée par des  opérations illicites, selon toujours M. Ndikumana. Elle pose aussi un problème d’équité, en creusant les inégalités et en accentuant les difficultés économiques.  D’après le même présentateur, la sous-facturation des exportations et surfacturation des importations sont les mécanismes de la fuite des capitaux au Burundi. Les causes sont notamment la mauvaise gouvernance économique, la mauvaise gestion des ressources naturelles, la mauvaise gestion de la dette extérieure et l’existence des paradis fiscaux. C’est ainsi que la fuite des capitaux cause l’endettement extérieur. M. Ndikumana trouve que la meilleure stratégie de lutter contre le flux des capitaux consisterait à renforcer la capacité de détection des détournements de fonds et de la fraude et à augmenter les peines pour les crimes financiers afin de décourager la fuite des capitaux. Une bonne gouvernance et des institutions solides qui contrôlent la corruption dans les secteurs privé et public sont d’une importance fondamentale pour lutter contre la fuite des capitaux.

«La fuite des capitaux  réduit la constitution du capital»

Quant au présentateur Janvier Nkurunziza, chercheur à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), la fuite des capitaux  réduit la constitution du capital entravant les efforts de la réduction de la pauvreté. Au Burundi, la fuite des capitaux est caractérisée par l’accumulation du capital et les taux négatifs d’accumulation du capital, a mentionné M. Nkurunziza. Pour lui, l’étude sur  différents canaux de transmission pourrait mieux centrer le problème et à proposer des solutions.Certains participants trouvent qu’il est temps que les économistes et financiers se mettent ensemble pour faire face cette problématique. 

Eric Mbazumutima

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