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Femme ingénieure> Entretien sur sa carrière

Les préjugés et le manque de confiance handicapent son métier

 

IMG 1029Traditionnellement, les travaux de génie civil ont été réservés aux hommes, mais aujourd’hui, même les femmes commencent à aborder cette filière. Odette Nzirorera, ingénieure en Génie civil habitant en zone Cibitoke, dans la commune Ntahangwa, exerce ce métier depuis neuf ans. Elle affirme que les femmes peuvent faire les mêmes travaux que les hommes. Les difficultés auxquelles elle fait face sont liées aux préjugés de la plupart des gens sur une femme. 

 

Dans un entretien du mercredi 7 août 2019 accordé au Renouveau, Mme Nzirorera a fait savoir qu’elle exerce son métier depuis neuf ans et l’accomplit au même niveau que les hommes. Ce qui handicape son métier sont les préjugés discriminatoires que la plupart des gens  font qualifiant une femme de vulnérable physiquement. Selon Mme Nzirorera, le premier jour au chantier ne lui a pas été facile. « Etre une femme dans un univers masculin peut être un atout, mais cela n’est pas toujours facile au départ », dit-elle. Chacun voulait voir ce dont elle est capable de faire car c’était une chose inhabituelle de voir une femme en train de diriger les travaux de construction sur un chantier. Quand on se promène sur un chantier n’importe où dans le pays, on remarque que la quasi-totalité des travailleurs sont des hommes. « Voire une femme sur un chantier reste une exception plutôt que la règle, je devais prouver que les femmes peuvent faire les mêmes travaux que les hommes. Et j’ai réussi à les convaincre. », ajoute-elle. On était habitué à voir les femmes qui travaillent comme aide-maçons alors qu’elles sont capables de se hisser elles aussi au rang de maçon. Les préjugés discriminatoires sur les femmes et le manque de confiance restent un handicap majeur sur certains travaux qu’elles peuvent exécuter. Mme Nzirorera signale qu’à cause de ces préjugés, seules des personnes qui connaissent ses compétences dans les travaux de génie civil lui offre un emploi. Parmi les travaux que Mme Nzirorera peut mener, elle fait savoir qu’elle construit des maisons, dirige des travaux de construction, dresse des plans de construction et fabrique des pierres pour paver. Elle indique que son métier lui permet de satisfaire les besoins de sa famille et de lutter contre le chômage, même si elle n’est pas fonctionnaire de l’Etat. Mme Nzirorera informe qu’une association des femmes ingénieures va être mise en place afin d’aider ces dernières dans leur métier. Elle termine en demandant au gouvernement du Burundi et aux différents employeurs de respecter l’égalité des genres même dans les travaux de construction.

Julien Nzambimana (stagiaire)

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