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ENTRETIEN> Le choix des sections professionnelles à l’école

Une future vétérinaire encourage les autres

 

esta lyEsta Lyly Irakiza est finaliste en section vétérinaire à l’Institut technique agricole du Burundi (Itab Kigozi), en province de Kirundo. Elle affirme avec courage que les filles n’ont pas de section spécifique, d’autant plus qu’elles peuvent s’adapter comme les garçons à toutes les sections leurs présentées. Qu’elles arrêtent de se stigmatiser, tout dépend de la volonté. 

 

Certaines personnes, se basant sur la culture burundaise, ont décidé de limiter la fille burundaise dans ses capacités. Ils avancent que telle section n’est pas faite pour les filles car elles ne peuvent pas l’accomplir comme le feraient les garçons. On retrouvera beaucoup de filles dans des sections comme la transformation alimentaire, la section infirmière, les travaux de bureau et autres essentiellement basées sur la prise en charge des personnes  et des travaux qui ne nécessitent pas beaucoup l’usage de la force. Esta Lyly Irakiza, élève en classe finale à l’Itab Kigozi, indique qu’elle aussi a subi des tentatives de découragement de la part de certains de ses amies. En effet, certaines filles ont peur d’entamer des sections dites «  section  des garçons », de peur d’échouer ou de se retrouver seules. Esta Lyly indique que pour elle, cela n’a pas été difficile car elle aime ce qu’elle fait. « J’ai découvert qu’on nous enseigne de la matière que je peux maîtriser si je m’attèle à mes études. Rien n’est plus difficile quand on se réfère aux conseils de nos  enseignants », dit notre interlocutrice. Avec les techniques apprises en classe, elle affirme qu’elle peut se prendre en charge à la fin de ses études. Soigner une chèvre ou un mouton est devenu une petite affaire pour elle. Il suffit de faire ce que l’on aime, dit-elle. En plus il faut y mettre tout son cœur et éviter des distractions. Il est vrai qu’au début on avait besoin des garçons pour contenir un animal. Mais avec le temps, on a fini par s’habituer. Il suffit juste de savoir ce que l’on fait et avoir du courage. « Pour que les garçons ne nous refoulent pas, les enseignants nous mettent en avant et nous laissent nous débrouiller. Il n’y a pas de discrimination ni de privilège en ce qui concerne le genre au sein de notre section», dit Mlle Irakiza. Lors des orientations, après la fondamentale pour entamer la post fondamentale, Esta Lyly recommande aux filles d’être prêtes à affronter n’importe quelle section leur choisie par le ministère de tutelle. Si elles ont des compétences, qu’elles n’aient pas peur de les exercer dans diverses sections. Apres ses études, elle compte travailler avec les paysans pour les aider à soigner leur bétail à domicile.

Blandine Niyongere

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