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Economie, Sciences, Education/formation

EDUCATION> Départ organisé des enseignants d’une école

Cela crée un déséquilibre de leur ancienne école

La création d’une école à partir d’une autre est devenue monnaie courante dans notre pays. Cela se remarque le plus souvent dans les écoles privées, mais cela ne décourage pas les propriétaires des écoles qui ont connu cette situation, car, l’école n’est pas faite par les enseignants, mais par tout un système, c’est-à-dire un programme adapté. Tels  sont les avis recueillis auprès du responsable d’une école privée de Bujumbura.
L’école fondamentale La Clairière est l’une des écoles qui vient de connaître le départ de certains enseignants pour créer leur propre école. Cette situation est observée ici au Burundi depuis quatre ou cinq ans déjà, où on remarque des enseignants d’une école qui se mettent ensemble pour créer une autre école. Et puis, ces enseignants ne partent pas seuls à ce moment, ils prennent avec eux tous les élèves qui auraient accepté de les suivre. Cela cause un déséquilibre à l’ancienne école. 

Pour ThéonTuyisabe, directeur de l’école fondamentale La Clairière, les enseignants sont libres de créer leurs écoles s’ils le veulent. Il a dit que l’école n’est pas faite par les enseignants seulement, mais aussi par  tout un système éducatif, bref un programme à suivre. Chaque année, l’école fait un recrutement d’enseignants, c’est pourquoi le départ de quelques enseignants est pris comme un abandon de  poste. Par contre, selon l’avis d’un responsable en éducation qui a préféré garder l’anonymat, la dislocation des écoles n’apporte rien de bon ni envers  l’ancienne école, ni  pour la nouvelle école. Il n’a rien contre que les enseignants puissent s’organiser eux aussi, mais il est contre la façon dont ils procèdent pour créer une école.

Les enseignants qui décident de créer une école remplissent toutes les classes et le plus souvent partent avec les élèves de l’ancienne école. Ce responsable déplore ce phénomène car, le mieux pour eux serait que celui qui veut créer une école puisse commencer par le début et progresser chaque année. Il a donné l’exemple de commencer la première maternelle dans le premier cycle, la première année au cycle fondamental, ainsi que la première année au cycle post-fondamental et avancer progressivement. Cela serait le fruit de leurs efforts. Même le taux de réussite dépendrait de cette situation. Prendre des élèves qui vont passer le test par exemple n’est pas le fruit de leurs efforts. En tant que responsable en éducation, le remplissage des classes n’est pas bon car, la note ne correspondrait pas à la performance. L’ordonnance ministérielle n°620630 du 17 juillet 2018 a statué sur l’interdiction de créer des écoles toutes remplies. Celui qui voudrait créer une école doit passer par toutes les étapes, c’est-à-dire commencer par la première maternelle pour le premier cycle, ou la première année pour le cycle fondamental ou encore la première année du cycle post-fondamental. La création des écoles aiderait d’ailleurs le gouvernement dans le désengorgement des écoles publiques et aurait des résultats mérités. 

Toujours selon notre interlocuteur, les écoles devraient se protéger contre leur dislocation, les responsables de ces dernières devraient compter sur la fidélisation des parents, cela implique la présence des équipements didactiques, bibliothèque, laboratoire, matériels didactiques, les locaux, les terrains de jeux, etc. Si toutes ces conditions sont remplies, il sera difficile pour les élèves de quitter l’école pour une autre toute nouvelle. Il y a des enseignants qui ont essayé de créer une autre école, mais n’ont pas réussi parce qu’ils n’ont pu gagner ni la confiance des parents, mais ni celle des élèves. Le responsable en éducation a remercié vivement les inspecteurs qui ont mis le décret interdisant la création spontanée d’une école, car, les écoles privées dépendent à 100% des frais scolaires. Les salaires des enseignants, l’achat des manuels scolaires, bref toute la vie en général de l’école dépend des frais scolaires. C’est en quelque sorte la démolition de ce que les autres ont construit. Il a donc salué la mesure du gouvernement et a interpellé les inspecteurs pédagogiques de veiller au respect dudit décret pour mettre en avant la qualité en éducation.

Aline Nshimirimana

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