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Le réseau routier burundais> Des routes pour l’essentiel construite entre 1960 et 1990

Depuis son indépendance le 1er juillet 1962, le Burundi a augmenté et amélioré les voies de communication par route. Malheureusement, une partie du réseau routier burundais est trop vieille si bien qu’elle est déjà endommagée au moment où une autre partie a été vandalisée pendant la longue crise de 1993 ou emportée par les aléas climatiques.

DSC05161Aujourd’hui, le Burundi est connecté aux pays voisins par voie terrestre : la RD Congo à l’Ouest en passant par Gatumba ;  le Rwanda au Nord en passant par la Ruhwa, Kanyaru haut, Kanyaru bas et Gasenyi I ; la République unie de Tanzanie au Nord-est et au Sud en passant par Kobero, Kabonga et Mugina. Toutes les provinces du pays sont aussi connectées entre elles par des routes dont beaucoup  sont bitumées.  Ce qui facilite la circulation des biens et des personnes tant à l’intérieur qu’avec l’extérieur du pays.

Un réseau « classé » de 7 500 km

Le réseau routier burundais est estimé à 12 300 km dont 4 800 km de réseau « non classé » et 7 500 km de réseau « classé ». Le réseau classé est géré par le ministère burundais des Travaux publics et de l’équipement  ainsi que l’Office des routes pendant que le réseau non classé est géré par les collectivités locales.

Selon les informations nous fournies en mai 2016 par Innocent Burundibusha, directeur de la Planification routière, les routes classées sont régies par l’ordonnance ministérielle N° 720/166 du 4 juin 1991. Cette ordonnance classe trois catégories de route, à savoir les routes  nationales (RN), les routes provinciales (RP) et les routes communales (RC). Les routes nationales relient soit les provinces entre elles, soit les provinces à la capitale, soit les provinces à l’extérieur du pays. Les routes provinciales relient les chefs-lieux des communes entre eux, les chefs-lieux des communes aux chefs-lieux des provinces et au cas échéant franchissent les limites des provinces. Aujourd’hui, les routes nationales sont au nombre de 22. Soit elles sont complètement revêtues, soit partiellement revêtues ou encore complètement non revêtues. Ainsi par exemple, de la RN1 à la RN12, tout le linéaire est totalement revêtu ; les RN 13, 14, 15, 16, 18 et 19 sont partiellement revêtues au moment où des projets de revêtement des RN17, 20, 21 et 22 sont en cours.

Les routes nationales déjà bitumées à 79%

Dans sa Vision 2025, le Burundi compte avoir toutes les routes nationales bitumées, soit un linéaire de 1 906,422 km. Aujourd’hui, le linéaire revêtu est évalué à 1 502,422 km, soit environ 79% de l’objectif.

Dans le secteur des routes au Burundi, les grands bailleurs s’appellent FAD/BAD, Union européenne, BADEA, Jica/Japon, Nepad, Ofid, Fonds saoudien et Fonds koweitien.

Beaucoup de besoins en entretien et réparation

L’essentiel du réseau routier burundais  a été construit entre 1960 et 1990. Ce réseau est donc plus ou moins vieux si bien qu’il nécessite beaucoup de besoins en entretien et réparation. Le Burundi est aussi déjà à l’œuvre dans la réhabilitation des routes endommagées. Tel est le cas au chef-lieu de la province de Gitega, deuxième ville du pays après la capitale Bujumbura qui tend par ailleurs à devenir la capitale politique du Burundi. Des travaux de réhabilitation des routes reliant les différents quartiers de Gitega y sont en effet en cours.

Malheureusement encore, pendant la longue crise de 1993 à 2005 qu’a connue le pays, plusieurs infrastructures publiques, y compris les routes, ont été sabotées et vandalisées. Les autres tronçons ont été victimes d’éboulements et de glissements de terrain à la suite des changements climatiques. C’est le cas du tronçon Rutunga-Nyaruhongoka sur la RN3 Bujumbura-Rumonge devenu aujourd’hui presque impraticable.

L’état de la route nationale n° 3 est donc déplorable. Selon les chauffeurs qui l’empruntent, ils éprouvent d’énormes difficultés pour acheminer les marchandises vers les marchés situés en marie de Bujumbura. La route et certains ponts des différentes localités sont cassés. Ce qui leur coûte cher car ils sont obligés de faire plus de trois heures de route alors qu’en temps normal, ils pourraient faire au maximum deux heures.  C’est sans comptabiliser les coûts de réparation des véhicules qui sont obligés de visiter les garages à un rythme très régulier et rapproché.

Sur cette même route, si deux véhicules se croissent, l’un doit attendre le passage de l’autre car une partie de la route a été emportée par l’eau. Bien plus, les éboulements de terres des montagnes qui surplombent l’endroit  couvrent la RN 3. Ses usagers demandent alors au gouvernement et aux bienfaiteurs de leur venir en aide pour que cette route d’une grande importance puisse être réhabilitée.

La réparation ou la remise en état des routes vandalisées ou victimes de catastrophes naturelles va coûter beaucoup à l’Etat. En effet, un kilomètre bitumé coûte énormément cher quel que soit le type de revêtement. A l’heure actuelle au Burundi, le revêtement est soit enrobé  ou bicouche.

A titre d’illustration, le coût du revêtement enrobé d’un km sur le tronçon Kirundo-Gasenyi de la RN14- corridor nord a été chiffré à 466 111,97 dollars ; un km bicouche du tronçon Cankuzo-Muyinga de la RN19 a été évalué à 553 387,95 dollars.

Un km enrobé coûte beaucoup plus cher sur les tronçons Ngozi-Nyangungu (RN15, phase 1) et Gitega-Nyangungu (RN19, phase 2) soit respectivement 915 307,09 dollars et 772 384, 76 dollars. Même le revêtement bicouche du tronçon Bubanza-Ndora de la RN9 coûte beaucoup plus cher que celui de Cankuzo-Muyinga, à savoir 674 078, 27 dollars. Le km enrobé du tronçon Nyanza-lac-Mabanda-Mugina de la RN 3 en construction coûtera encore plus cher, soit 1 230 897, 12 dollars.

Le km enrobé le moins cher jusqu’aujourd’hui enregistré est sur le tronçon Makebuko-Butaganzwa (axe Gitega-Ruyigi-Cankuzo) soit 245 700,25 dollars.

Il devient dès lors impérieux de bien entretenir les infrastructures routières puisqu’elles coûtent extrêmement chers au pays et de procéder surtout à leur réparation rapide aussitôt que s’observent les signes précurseurs de démolition pour ne pas être obligé de réhabiliter des kilomètres et des kilomètres. Tout le monde, du sommet à la base, doit être sensibilisé à cette action citoyenne et salvatrice.  

Aujourd’hui, beaucoup de rues sont pavées dans la capitale Bujumbura. Il en est de même des rues du chef-lieu de la province de Kirundo. Ce qui rend davantage les villes de Bujumbura et de Kirundo beaucoup plus propres. Les propriétaires de véhicules s’en réjouissent aussi puisque les engins roulant connaissent ainsi moins de casses. Aux fins de responsabiliser davantage la population bénéficiaire dans le bon entretien des rues pavées, qui ont aussi un certain coût, chaque ménage doit apporter une contribution financière assez consistante dans le coût total de la rue pavée.

Gilbert Ntahorwamiye

 

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